Vote de confiance : François Bayrou estime que des forces politiques vont s'allier pour "abattre le gouvernement"

  • PubliĂ© le 7 septembre 2025 Ă  19:49
  • ActualisĂ© le 8 septembre 2025 Ă  04:56
Le Premier ministre François Bayrou, le 5 septembre 2025 à l'HÎtel des Invalides, à Paris

À la veille de sa chute plus que probable, François Bayrou a fustigĂ© dimanche l’attitude des forces politiques, "en guerre civile les unes avec les autres", mais qui vont s’allier pour "abattre le gouvernement". Sans se faire d’illusion, alors qu’Emmanuel Macron est dĂ©jĂ  en quĂȘte de son successeur, sous la pression des oppositions.

Le compte Ă  rebours est enclenchĂ©. Lundi Ă  15H00 (17 heures - heure RĂ©union), le Premier ministre montera Ă  la tribune de l’AssemblĂ©e pour demander la confiance des dĂ©putĂ©s. Vers 19H00 (21 heures - heure RĂ©union), leur verdict tombera.

Sauf Ă©norme surprise, la sentence est dĂ©jĂ  connue: face aux vetos annoncĂ©s de la gauche et de l’extrĂȘme droite, le locataire de Matignon sait que la fin de son bail est imminente.

Dans le mĂ©dia en ligne Brut, oĂč il a achevĂ© dimanche un marathon mĂ©diatique, François Bayrou s’est montrĂ© fataliste : "Il y a pire dans la vie que d’ĂȘtre Ă  la tĂȘte d’un gouvernement et que ce gouvernement (..) soit renversĂ©".

"C’est dĂ©jĂ  pas mal neuf mois" Ă  Matignon, "je n’ai aucun regret", a-t-il ajoutĂ©, relevant toutefois un manquement : l’absence d’"une grande rĂ©forme pour l’Education nationale".

Martelant son message sur la gravitĂ© de l’endettement du pays - qui justifie Ă  ses yeux un effort budgĂ©taire de 44 milliards d’euros pour 2026 -, il a critiquĂ© des dĂ©putĂ©s qui "ne devraient pas ĂȘtre prisonniers des mots d’ordre des formations politiques".

Ce sera le cas chez Les RĂ©publicains, leur patron Laurent Wauquiez ayant donnĂ© une "libertĂ© de vote" Ă  son groupe. En contradiction avec l’appel du patron du parti Bruno Retailleau Ă  soutenir le gouvernement Bayrou.

M. Wauquiez a Ă©galement rĂ©itĂ©rĂ© sur LCI qu’il ne censurerait pas automatiquement un gouvernement PS ou RN, ce qui lui a a valu un nouveau recadrage, ferme, du ministre de l’IntĂ©rieur.

"Il est hors de question" que la droite accepte la nomination d’un Premier ministre socialiste, a-t-il une nouvelle fois assenĂ© en clĂŽture du congrĂšs de son parti, Ă  Port-Marly (Yvelines). Et de dĂ©noncer "les ingĂ©nieurs du chaos" qui veulent faire tomber François Bayrou, mettant en garde, lui aussi, sur "le danger existentiel" du surendettement du pays.

Bruno Retailleau a aussi plaidĂ© pour un accord de gouvernement sur le budget, et "une partie du rĂ©galien" avec le prochain locataire de Matignon, sous condition que ce dernier dĂ©fende des idĂ©es compatibles avec "l’idĂ©e que l’on se fait du redressement de la France".

- "La grande tambouille" -

Charge au chef de l’Etat de trouver le profil idoine. Pour l’heure, Emmanuel Macron "n’a pas tout Ă  fait dĂ©cidĂ©" et "cherche encore la bonne solution sur le casting comme sur le fond", glisse un visiteur de l’ElysĂ©e.

Dans l’entourage du prĂ©sident, peu envisagent qu’il nomme le socialiste Olivier Faure, prĂ©tendant Ă  Matignon.

D’autant que le patron du PS l’a redit sur France 3: "pas question de former un gouvernement commun" avec des macronistes. "Je veux un gouvernement de gauche" qui soit "un gouvernement de cohabitation" et travaillera ensuite texte par texte à la recherche de compromis.

Olivier Faure "a toute lĂ©gitimitĂ© Ă  prendre sa place Ă  Matignon", a poussĂ© Patrick Kanner, Ă  la tĂȘte des sĂ©nateurs PS. Il "a vocation Ă  revendiquer le pouvoir", a aussi estimĂ© François Hollande dans La Tribune Dimanche.

Mais le premier secrĂ©taire du PS doit tenir compte du refus farouche des Insoumis d’accompagner sa stratĂ©gie, qualifiĂ©e d’" escroquerie".

DĂ©nonçant "la grande tambouille" de "la coalition de tout et n’importe quoi", Jean-Luc MĂ©lenchon a prĂ©venu samedi: "Nous ne sommes candidats Ă  aucune autre place, sinon Ă  la premiĂšre pour tout changer".

TournĂ© vers l’élection suprĂȘme, le triple candidat Ă  la prĂ©sidentielle rĂȘve d’en provoquer une autre avant 2027, grĂące Ă  la motion de destitution que les dĂ©putĂ©s LFI s’apprĂȘtent Ă  dĂ©poser.

Avec l’intention affichĂ©e de s’appuyer sur la colĂšre sociale pour prĂ©cipiter les Ă©vĂ©nements, dĂšs mercredi avec le mouvement "Bloquons tout", puis avec la mobilisation syndicale du 18 septembre.

Le Rassemblement national pousse lui de toutes ses forces pour de nouvelles législatives anticipées, que le parti à la flamme pense pouvoir gagner cette fois-ci.

Et tant pis si "je ne pourrai peut ĂȘtre pas me reprĂ©senter", a lancĂ© Marine Le Pen lors de sa rentrĂ©e politique dans son fief d’HĂ©nin-Beaumont (Pas-de-Calais).

La cheffe de file de l’extrĂȘme droite connaĂźtra lundi la date de son procĂšs en appel dans l’affaire des assistants d’eurodĂ©putĂ©s - qui lui vaut depuis fin mars une inĂ©ligibilitĂ© immĂ©diate. En tout cas, "aucun d’entre nous n’acceptera de jouer les figurants d’un petit théùtre parlementaire".

AFP

guest
3 Commentaires
Aubras
Aubras
5 mois

DrĂŽle de personnage ! Le voici victime de millions de français qui n'ont jamais cru en lui sauf un seul: Emmanuel Macron ! Monsieur Bayou, vous pensiez qu'avec du blablabla, du baratin et en rĂ©pĂ©tant toujours la mĂȘme chose, vous alliez faire voter un budget qui appauvrit encore plus ceux qui ont du mal Ă  boucler les fins de mois, ceux qui se serrent la ceinture pour nourrir leurs enfants mineurs ou majeurs, ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur chair.
Aurez-vous l'honnĂȘtetĂ© de dire quel sera le montant de votre retraite et combien allez-vous percevoir quand vous quitterez vos fonctions de Premier ministre ?

Si Selly pouvait partir
Si Selly pouvait partir
5 mois

Si Selly et ses adjoints transparents pouvaient partir, St Benoit se porterait mieux.

Zherisson
Zherisson
5 mois

Hors sujet !