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VTC et Loti: des centaines de chauffeurs en colĂšre place de la Nation

  • PubliĂ© le 9 fĂ©vrier 2016 Ă  17:58
Rassemblement de VTC le 9 février 2016 place de la Nation à Paris

Des centaines de chauffeurs travaillant pour les plateformes VTC et Loti étaient rassemblés mardi place de la Nation à Paris, pour une nouvelle journée de mobilisation contre les assurances données récemment par le gouvernement aux taxis.


Plusieurs centaines de berlines noires -- 1.200 selon les organisateurs, 5 à 600 selon des journalistes de l'AFP -- étaient garées au centre de la grande place de l'Est parisien, laissant la circulation libre sur une seule voie. En fond sonore, le rappeur Notorious B.I.G. succÚde à Daniel Balavoine, en alternance avec les concerts de klaxons.
Nombre de manifestants ont placé sur les pare-brise des affichettes ou portaient des t-shirts clamant: "10.000 emplois en danger", "On est bien mal loti", "Valls m'a tué" ou "Valls=G7", la compagnie de taxis francilienne.
"C'est notre cinquiÚme journée de mobilisation", a relevé devant les médias Joseph François, président de l'association Alternative mobilité transport (AMT), organisation en pointe dans les manifestations depuis la semaine derniÚre.
Le dĂ©putĂ© socialiste de CĂŽte d'Or, Laurent Grandguillaume, nommĂ© mĂ©diateur par le gouvernement, a entamĂ© des consultations avec les diffĂ©rents acteurs du transport individuel. Toutefois, M. François a estimĂ© que "le gouvernement n'a(vait) pas compris qu'il fallait prononcer un arrĂȘt des mesures, le temps que M. Grandguillaume mĂšne ses travaux Ă  terme". "On nĂ©gocie en mĂȘme temps qu'on nous place sur la guillotine", a-t-il dĂ©noncĂ©.
La mobilisation prévue jusqu'à 18H00 concerne surtout les chauffeurs de transport à la demande qui exercent avec une licence de transport collectif (Loti), à qui les taxis reprochent d'effectuer des courses individuelles au mépris de la loi.
AprÚs un mouvement de colÚre des taxis fin janvier, le gouvernement a annoncé des "contrÎles incessants" pour traquer les chauffeurs de VTC (voiture de tourisme avec chauffeur) "fraudeurs", et donné jusqu'à fin février à une vingtaine de plateformes de réservation de VTC (Uber, Chauffeur-Privé, SnapCar, etc.) pour se mettre en conformité.
"On veut juste qu'ils nous laissent travailler, qu'ils ne ferment pas les applis (pour l'accÚs aux plateformes, ndlr) pour les Loti le 28 février. On n'est rien sans ça, c'est 80% de notre chiffre d'affaires", a plaidé auprÚs de l'AFP Carlos Da Silva, 21 ans, salarié d'une société Loti depuis décembre.
"On commence à voir que c'est limite une cause perdue, mais au moins, si le 28 on est foutu, on se sera battu jusqu'au bout. Une grosse partie des chauffeurs sont des jeunes des cités, il y a quelques années ils brûlaient des voitures. Là, ils ont un projet", a-t-il argumenté.
- Certains ont déjà renoncé... -
Fouad Baadache, patron titulaire d'une capacitĂ© Loti et employant Ă©galement des chauffeurs VTC, veut montrer au gouvernement son "sentiment d'incomprĂ©hension": "l'État a favorisĂ© les taxis, il n'y a pas de neutralitĂ©", a-t-il dĂ©plorĂ©. "BientĂŽt plus personne sauf eux ne pourra travailler".
Certains ont déjà renoncé, comme Rudi Sombé, 28 ans, ex-salarié d'un capacitaire (Loti).
"J'ai arrĂȘtĂ© de travailler jeudi, car un collĂšgue s'est fait prendre en acceptant des clients Ă  la sortie de gare de Lyon. Il a dĂ» payer 1.500 euros d'amende et s'est fait emmener au commissariat. On a dĂ©jĂ  assez de problĂšmes comme ça, je ne veux rien faire d'illĂ©gal", a-t-il racontĂ© Ă  l'AFP.
Les plateformes qui ont recours aux chauffeurs Loti ont dit depuis le début soutenir le mouvement, et l'AMT leur a demandé d'interrompre symboliquement leurs activités mardi "afin de montrer aux responsables politiques à quoi ressemblerait une France sans chauffeurs".
Seule Uber a répondu favorablement à cette demande, en suspendant l'accÚs à son application entre 11H00 et 15H00. Une vingtaine de représentants de la plateforme étaient présents à la Nation et distribuaient des encas aux chauffeurs.
De son cÎté, le préfet de police de Paris Michel Cadot, a averti que ses services veilleraient à garantir l'ordre public. "Depuis 15 jours, des perturbations importantes sont subies par les Franciliens du fait de ces manifestations répétitives qui entravent la circulation aux heures de pointe. Il n'est pas normal que cela perdure davantage", a-t-il indiqué.

Par Loïc VENNIN - © 2016 AFP
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