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VTC et LOTI poursuivent leur mouvement, heurts avec des taxis

  • PubliĂ© le 5 fĂ©vrier 2016 Ă  09:38
Des VTC manifestent le 4 février 2016 à Paris

Vent debout contre les mesures pro-taxis annoncées par Manuel Valls, les chauffeurs de VTC (transports collectifs sur réservation) ont prévu de poursuivre leur mouvement vendredi aprÚs un nouveau rassemblement jeudi, suivi de heurts dans la nuit avec des taxis Porte Maillot à Paris.


La situation s'est tendue vers 01h30 du matin, avec des jets de projectiles opposant une cinquantaine de chauffeurs de taxis, provoquant l'intervention des forces de l'ordre pour les séparer et la dispersion des deux parties, a indiqué la préfecture de police.
Plus tÎt, une réunion des représentants des VTC avec le médiateur nommé dans ce conflit s'était achevée sans résultat.
La mobilisation des VTC survient une semaine aprÚs l'annonce par le gouvernement, sous la pression d'un mouvement de colÚre des taxis, de "contrÎles incessants" pour traquer les chauffeurs de VTC "fraudeurs" (détenteurs d'une licence de transport collectif LOTI mais effectuant des courses individuelles, au mépris des rÚgles).
Au soir d'une deuxiÚme journée de mobilisation, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a une nouvelle fois fait entendre sa petite musique plus libérale et moins interventionniste, estimant que "ce n'est pas le gouvernement qui, d'ailleurs, aura à décider quelque chose", mais "celles et ceux qui consomment de la mobilité, et celles et ceux qui offrent de la nouvelle mobilité".
VTC et Loti ont prĂ©vu de se retrouver dĂšs vendredi matin 09H00 place de la Nation, dans l'est de la capitale. Ils ont levĂ© jeudi vers 19h00 un rassemblement place de la RĂ©publique, oĂč la prĂ©fecture de police avait recensĂ© environ 200 vĂ©hicules Ă  la mi-journĂ©e. Une cinquantaine se sont rendus en dĂ©but de soirĂ©e Ă  l'aĂ©roport de Roissy, oĂč ils ont bloquĂ© partiellement un accĂšs autoroutier, avant de faire demi-tour face Ă  un dĂ©ploiement de renforts de CRS.
Mot d'ordre du mouvement: "sauver 10.000 emplois dans un secteur oĂč la demande existe". "Pourquoi on n'a pas le droit de travailler pour Uber?", s'est exclamĂ© lors du rassemblement Ă  RĂ©publique Adil Bourga, "capacitaire", c'est-Ă -dire titulaire d'une capacitĂ© qui lui permet de conduire des VTC.
Collées sur les carrosseries, des pancartes résumaient l'amertume des chauffeurs qui dénoncent un parti pris du Premier ministre Manuel Valls en faveur des taxis: "Valls=G7", "plan social Valls=10.000 personnes à la poubelle"...
- Macron s'en mĂȘle -
Les reprĂ©sentants des nouveaux modes de transports ont Ă©tĂ© piquĂ©s au vif de n'ĂȘtre reçus que par le mĂ©diateur, le dĂ©putĂ© PS Laurent Grandguillaume, alors que les taxis avaient Ă©tĂ© reçus par le Premier ministre lui-mĂȘme vendredi dernier.
Les employeurs de VTC ont d'ailleurs "refusé la réunion" en signe de protestation. Une délégation représentant une partie des manifestants a en revanche été reçue en début d'aprÚs-midi, et a convenu de présenter des propositions d'évolution de la réglementation dans une semaine.
Six plateformes de mise en relation ont ensuite rencontrĂ© Ă  leur tour le mĂ©diateur Ă  Matignon. ArrivĂ©s peu aprĂšs 16h00, leurs dirigeants ont apportĂ© des cartons contenant selon eux 150.000 lettres de soutien. "10.000 emplois", Ă©tait-il Ă©crit sur ces boĂźtes. L'un deux, Yves Weisselberger, patron de la plateforme VTC Snapcar, a eu au moins l'impression d'ĂȘtre entendu par Laurent Grandguillaume, dĂ©jĂ  Ă  l'oeuvre la semaine derniĂšre pour dĂ©miner la colĂšre des taxis.
"C'est un marché qui est en croissance et il faut créer les moyens de satisfaire cette croissance", a-t-il plaidé, ajoutant que "nous avons pu exprimer la détresse, le risque pour l'emploi de ces milliers de chauffeurs qui ont manifesté ces deux derniers jours".
"Il y a à quelques centaines de mÚtres d'ici des VTC qui sont en train de manifester, aprÚs les taxis, qui montrent la difficulté des changements qui sont à l'oeuvre dans nos sociétés et qui vont avec cette transformation", a constaté de son cÎté le ministre de l'Economie Emmanuel Macron lors des dix ans de l'Association française des éditeurs de logiciel et de solutions internet (Afdel).
"Et ce n'est pas le gouvernement qui, d'ailleurs, aura à décider quelque chose. Ce sont celles et ceux qui consomment de la mobilité, et celles et ceux qui offrent de la nouvelle mobilité. C'est ça qui va se passer. Alors on peut ralentir les choses, les accompagner, les accélérer, mais la révolution qui est à l'oeuvre, elle est formidablement décentralisée, déconcentrée, elle est dans la main de chacune et chacun", a poursuivi M. Macron.
MĂȘme son de cloche sur le terrain: "On est en 2016, il faut accepter que le monde Ă©volue", dĂ©clare Ahmed, VTC pour la plateforme amĂ©ricaine Uber, prĂ©sent sur la place de la RĂ©publique. "Ca fait quatre ans que je cherche (un emploi) dans l'informatique, j'ai pas trouvĂ©. Ils veulent qu'on devienne dĂ©linquants ou dealers ?".

Par Sébastien RIEUSSEC - © 2016 AFP
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