Etats-Unis

Washington se retire officiellement de l'Organisation mondiale de la santé

  • PubliĂ© le 8 juillet 2020 Ă  02:57
  • ActualisĂ© le 8 juillet 2020 Ă  05:46
Logo de l'Organisation mondiale de la santé, le 24 février 2020 à GenÚve

Donald Trump a officiellement lancé la procédure de retrait des Etats-Unis de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), mettant à exécution ses menaces de quitter l'agence onusienne qu'il accuse d'avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus.

Des responsables de santé et des adversaires du président ont critiqué sa décision de retirer le plus gros contributeur de l'organisation basée à GenÚve, responsable de la lutte mondiale contre les maladies et contre le Covid-19 qui continue à se répandre dans le monde. Et le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, a assuré qu'il annulerait cette décision s'il était élu le 3 novembre. "Le premier jour de ma présidence, je rejoindrai l'OMS et réaffirmerai notre leadership mondial", a-t-il écrit sur Twitter. "Les Américains sont plus en sécurité quand l'Amérique s'engage pour renforcer la santé mondiale", a expliqué.

Ce retrait sera effectif au terme d'un délai d'un an, soit le 6 juillet 2021, ont précisé mardi plusieurs responsables du gouvernement américain. La notification a été envoyée au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "qui est le dépositaire pour l'OMS", ont-ils dit.

Les Nations unies ont Ă©galement confirmĂ© avoir reçu lundi la lettre de retrait amĂ©ricain. Le porte-parole de M. Guterres a prĂ©cisĂ© que les Etats-Unis, membres fondateurs de l'OMS en 1948, devaient remplir deux conditions pour se retirer de l'organisation: respecter un dĂ©lai d'un an et ĂȘtre Ă  jour dans leurs contributions.

Donald Trump avait annoncĂ© fin mai "mettre fin Ă  la relation" entre son pays et l'OMS, qu'il accuse depuis le dĂ©but de la pandĂ©mie de se montrer trop indulgente avec la Chine, oĂč le coronavirus est apparu en dĂ©cembre avant de se rĂ©pandre sur la planĂšte. Il reproche aussi au patron de l'OMS, l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, d'avoir Ă©chouĂ© Ă  rĂ©former l'organisation.

Les Etats-Unis, qui apportent 15% du budget de l'agence onusienne, soit 400 millions de dollars par an, vont "rediriger ces fonds vers d'autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent", avait-il déclaré à la presse.

- "Jusqu'aux genoux" -

La semaine derniÚre, un haut responsable américain de la santé avait toutefois assuré que les Etats-Unis continuaient de travailler au jour le jour avec l'OMS. "Je n'ai pas été rappelé, je n'ai reçu aucune instruction pour que je me retire", avait déclaré Brett Giroir, secrétaire adjoint à la Santé, et membre du conseil exécutif de l'OMS.

L'annonce intervient alors que la pandĂ©mie a fait au moins 539.620 morts dans le monde depuis fin dĂ©cembre, selon un bilan Ă©tabli mardi par l'AFP Ă  partir de sources officielles. Les États-Unis, qui ont recensĂ© leur premier dĂ©cĂšs liĂ© au coronavirus dĂ©but fĂ©vrier, sont le pays le plus touchĂ© avec plus de 130.000 morts.

Au point d'ĂȘtre "enfoncĂ©s jusqu'aux genoux" dans la pandĂ©mie, a estimĂ© lundi soir le directeur de l'Institut amĂ©ricain des maladies infectieuses Anthony Fauci, alors que des foyers de contamination sont apparus dans le sud et l'ouest du pays aprĂšs le dĂ©confinement dĂ©cidĂ© par les autoritĂ©s locales.

La FĂ©dĂ©ration des scientifiques amĂ©ricains a dĂ©noncĂ© le retrait amĂ©ricain, estimant qu'il intervenait "au moment oĂč on a le plus besoin de coopĂ©ration internationale". Il "ne fera que nuire Ă  la lutte mondiale contre le Covid-19", a-t-elle fustigĂ©.

Ce retrait "ne va pas protĂ©ger les vies ou les intĂ©rĂȘts des AmĂ©ricains, cela va laisser les AmĂ©ricains malades et l'AmĂ©rique seule", a dĂ©noncĂ© le sĂ©nateur Robert Menendez, membre dĂ©mocrate de la Commission sĂ©natoriale des Affaires Ă©trangĂšres.

L'OMS, qui n'a pas commenté la décision de M. Trump, affirme que l'épidémie s'accélÚre et que le pic de la pandémie n'est pas encore atteint. Et dans des remarques à la presse, Tedros Adhanom Ghebreyesus a de nouveau appelé mardi à "l'unité nationale et la solidarité mondiale", qui sont "plus importantes que jamais pour battre un ennemi commun, un virus qui a pris le monde en otage". "C'est notre seule voie pour sortir de cette pandémie", a-t-il souligné.

AFP

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