L'une se remet d'une blessure à la hanche, l'autre d'un passage à vide: Ashleigh Barty et Karolina Pliskova sont de retour au plus haut niveau et se disputent samedi le trophée le plus convoité du tennis: celui de Wimbledon.
Ashleigh Barty, 25 ans, est la N.1 mondiale depuis le 24 juin 2019, mais elle ne compte qu'un seul titre du Grand Chelem à ce jour, celui de Roland-Garros 2019 qui lui avait permis de s'installer, avant la pandémie, au sommet de la hiérarchie mondiale.
Elle avait enchaßné sur une élimination dans la foulée en 8e de finale sur le gazon du All England Lawn Tennis Club et avait préféré rester en Australie et tirer un trait sur la saison 2020, alors que les éprouvantes bulles sanitaires se multipliaient.
Elle est revenue sur le circuit cette année comme une flÚche avec trois titres (Yarra Valley, Miami, Stuttgart), une finale (Madrid), un quart à l'Open d'Australie mais un abandon au 2e tour de Roland-Garros à cause d'une hanche douloureuse. Et aucun match entre le Majeur sur terre battue et celui sur gazon. Immédiatement, elle est apparue pleine d'entrain et d'ambition à Wimbledon, et surtout en capacité de jouer à trÚs haut niveau.
- "Le corps a tenu" -
"Savoir que mon corps avait tenu avec une prĂ©paration, non pas limitĂ©e mais diffĂ©rente, et savoir que le travail effectuĂ© me permettait d'Ă©voluer en toute capacitĂ© est un sentiment incroyable", s'est-elle fĂ©licitĂ©e en assurant qu'il y a un mois elle n'aurait jamais pensĂ© ĂȘtre mĂȘme en mesure "d'approcher" d'une finale de Wimbledon.
Un de ses secrets ? Parvenir à s'amuser sur le court, quel que soit l'enjeu. "Je travaille tellement dur en coulisses pour essayer de vivre ces moments, qu'il est trÚs important aussi d'en profiter", a-t-elle déclaré aprÚs avoir battu la lauréate 2018 Angelique Kerber en demies.
"Quel que soit le résultat, je voulais pouvoir sortir du court en me disant que je m'étais amusée. Parvenir à hausser mon niveau de jeu comme je l'ai fait a été la cerise sur le gùteau", a-t-elle ajouté.
Si Barty en fait de mĂȘme samedi, son adversaire tchĂšque Karolina Pliskova (13e) a du souci Ă se faire. L'ex-N.1 mondiale arrivait Ă Londres avec un bilan peu flatteur depuis plusieurs mois. Aucune victoire sur gazon cette annĂ©e (Ă©liminĂ©e dĂšs son entrĂ©e en lice Ă Berlin puis Eastbourne), une seule finale jouĂ©e en 2021 Ă Rome (terre battue) mais perdue 6-0, 6-0, pas une joueuse du Top 15 battue depuis Naomi Osaka (4e) Ă Brisbane en janvier 2020, et aucun 8e de finale franchi en Grand Chelem depuis sa demie en Australie en 2019...
- "Jamais imaginé" -
"En arrivant Ă Wimbledon, mon rĂȘve Ă©tait de passer en deuxiĂšme semaine, parce que ça faisait un moment que je n'y Ă©tais pas parvenue... Mais jamais je n'aurais imaginĂ© parvenir en finale !", a reconnu Pliskova aprĂšs avoir dominĂ© la puissante BĂ©larusse Aryna Sabalenka (4e) en demies.
Pourtant, a-t-elle estimé, elle n'avait pas si mal joué ces derniers temps, perdant le plus souvent contre des joueuses "qui sont allées loin" par la suite. Mais "il faut gagner des matchs pour se mettre en confiance", a-t-elle relevé.
"Il faut s'accrocher, et c'est ce que j'ai fait. Je n'ai pas vraiment changĂ© grand chose. Il faut aussi de la chance. A l'entraĂźnement, je jouais bien, et puis un peu moins en tournoi. Alors je suis super heureuse d'ĂȘtre lĂ ", a confiĂ© la joueuse qui disputera Ă 29 ans, sa deuxiĂšme finale majeure aprĂšs celle de l'US Open 2016.
A New York, elle avait affrontée la N.2 mondiale Kerber aprÚs avoir battu la N.1 Serena Williams en demies. Cette fois, c'est en finale qu'elle aura face à elle la N.1 mondiale du moment. "Ca ne peut pas mieux tomber ! On veut jouer contre la meilleure en finale", a-t-elle assuré, malgré un bilan négatif face à sa future adversaire.
L'Australienne a notamment remporté leurs trois derniers matchs, mais leur dernier duel sur gazon avait tourné en faveur de la TchÚque. C'était en 2016. Toutefois, samedi ce sera une finale et "tout peut arriver", espÚre Pliskova en espérant que Barty aussi aurait la pression de jouer sa premiÚre finale à Wimbledon.
 AFP


