Guerre en Ukraine

Zelensky à Berlin puis Paris pour des pactes de sécurité en pleine offensive russe

  • Publié le 16 février 2024 à 07:16
  • Actualisé le 16 février 2024 à 09:15

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky se rend vendredi à Berlin puis Paris pour signer des accords de sécurité bilatéraux et plaider en faveur d'un accroissement du soutien militaire pour son pays en difficulté face à la Russie en pleine offensive.

Cette mini tournée diplomatique mènera également le président ukraininien à la 60e Conférence sur la sécurité de Munich (MSC), le rendez-vous annuel de l'élite de la géopolitique dans le sud de l'Allemagne.

Alors que la guerre en Ukraine va entrer dans sa troisième année et que la situation sur le champ de bataille est "extrêmement complexe", selon le nouveau commandant en chef de l'armée ukrainienne, maintenir la mobilisation des alliés est une priorité pour Kiev.

A Berlin, Volodymyr Zelensky sera reçu par le chancelier Olaf Scholz en fin de matinée. Après la signature de l'accord qui portera sur "les engagements de sécurité et le soutien à long terme" de l'Ukraine, les deux dirigeants donneront une conférence de presse.

Le président ukrainien est ensuite attendu vers 18h45 locales à Paris pour un entretien avec le président Emmanuel Macron. Là encore, le partenariat bilatéral concernera le "soutien militaire dans la durée à l'Ukraine" ainsi que le "soutien économique et en matière d'assistance civile pour renforcer la résilience de l'Ukraine", selon l'Elysée.

- Court et long terme -

Lors du dernier sommet de l'Otan à Vilnius en juillet 2023, les pays membres de l'Alliance, Etats-Unis et Allemagne en tête avaient déçu les attentes de Kiev -et de nombreux pays d'Europe orientale- en ne fixant pas de calendrier pour une adhésion du pays.

Mais les grandes puissances du G7 s'étaient engagées à lui apporter un soutien militaire "sur le long terme" via des accords de sécurité.

Le Royaume-Uni a été le premier à conclure un tel accord à l'occasion d'une visite du Premier ministre Rishi Sunak à Kiev le 12 janvier.

L'Ukraine poursuit des négociations avec une série d'autres pays, de l'Italie aux Etats-Unis. D'autres se sont joints à l'initiative du G7, de la Pologne à la Scandinavie.

Les engagements pris peuvent en particulier porter sur l'octroi d'équipements militaires, interopérables avec ceux de l'Otan, la formation des forces ukrainiennes et le renforcement de l'industrie de défense de ce pays.

A quelques jours du deuxième anniversaire de l'invasion russe, le 24 février 2022, l'Ukraine est confrontée à de multiples défis: les troupes russes sont à l'offensive, l'aide militaire américaine est toujours dans les limbes et l'armée ukrainienne manque d'hommes, d'armes, de munitions.

A l'est de l'Ukraine, la ville d'Avdiïvka, épicentre de combats et bombardements, menace de tomber après des mois d'assauts russes.

Dans ce contexte, Kiev presse l'UE d'augmenter ses livraisons d'obus d'artillerie et de "signer des contrats à long terme avec les entreprises" du secteur de la défense ukrainiennes.

- Rencontre avec Kamala Harris -

Volodymyr Zelensky poursuivra ses efforts diplomatiques samedi à la Conférence sur la sécurité de Munich (MSC). Il doit tenir un discours puis enchaîner plusieurs discussions bilatérales, notamment avec la vice-présidente américaine Kamala Harris, qui mène de nouveau cette année la grande délégation américaine à ce "Davos de la défense".

Quelque 180 hauts représentants gouvernementaux sont attendus, dont le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, la présidente de la commission européen Ursula von der Leyen ou le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi.

Kiev attend depuis des mois le vote d'une aide cruciale de 60 milliards de dollars décidée par l'administration de Joe Biden, en campagne pour un deuxième mandat, mais entravée par l'opposition républicaine sous influence de Donald Trump. L'enveloppe a récemment passé l'obstacle du Sénat, mais est bloquée à la Chambre des représentants.

Si l'Ukraine sera de nouveau au coeur des débats à la conférence, le conflit meurtrier entre Israël et le Hamas, la catastrophe humanitaire à Gaza et la menace d'escalade au Moyen-Orient, tiendront aussi une place prédominante.

Des négociations complexes sont en cours en vue d'une trêve incluant de nouvelles libérations d'otages du Hamas et de Palestiniens détenus par Israël.

Le président de la MSC, Christoph Heusgen, a dit espérer une rencontre en marge des débats entre le président israélien Isaac Herzog et le Premier ministre de l'Autorité palestinienne Mohammed Shtayyeh.

AFP

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