Le feu poursuit sa conquĂȘte du MaĂŻdo et de sa rĂ©gion. Ce samedi 16 octobre 2010, les flammes ont franchi la ligne des 1 800 mĂštres et se sont rapidement propagĂ©es vers l'Ouest. Au Sud de la zone sinistrĂ©e - dans la direction de la forĂȘts des BĂ©nares - , un foyer s'est dĂ©clarĂ© en dĂ©but de soirĂ©e alors que le feu avait pu ĂȘtre contenu jusqu'alors. Sur le front Est, en direction de Mafate, le sinistre semblait maĂźtrisĂ© samedi soir. La prĂ©fecture annonce l'arrivĂ©e de mĂ©tropole 60 pompiers spĂ©cialisĂ©s dans la lutte contre ce type de catastrophe et d'un avion bombardier d'eau. Depuis le dĂ©but de l'incendie ce lundi, 700 hectares de forĂȘt ont brulĂ©.
"L'objectif que nous nous Ă©tions fixĂ©s d'empĂȘcher le feu de dĂ©passer la ligne de 1 800 mĂštres a Ă©chouĂ©, l'incendie continue de progresser" a expliquĂ© Ă Imaz Press RĂ©union ce samedi en fin d'aprĂšs-midi, le commandant Pothin du SDIS (service d'incendie et de secours). "Nous allons maintenant essayer de contenir le sinistre au niveau de la route forestiĂšre des Tamarins" a-t-il ajoutĂ©.
Preuve de la violence de l'incendie, un drame a été évité de justesse ce samedi. Environ 15 pompiers ont en effet été cernés par les flammes. Ils ont été secourus par leurs collÚgues.
Dans la nuit de vendredi Ă samedi, la situation semblait pourtant sur le point d'ĂȘtre maĂźtrisĂ©e. Le foyer situĂ© au Nord du MaĂŻdo Ă©tait contenu. Celui situĂ© dans le secteur Sud, cĂŽtĂ© Tamarins-GlaciĂšre, continuait de progresser vers le Nord mais il Ă©tait contenu sur la lisiĂšre Sud. Le rĂ©pit a Ă©tĂ© de courte durĂ©e. Les flammes ont redoublĂ© d'intensitĂ© en raison des rafales de vent.
Pour faire face à cette situation "30 nouveaux sapeurs-pompiers des forces militaires d'intervention de sécurité civile arriveront sur l'ßle dimanche matin. Ils seront suivis de 30 autres dÚs mardi" indique la préfecture ce samedi soir. DÚs ce dimanche également, le nombre de sapeurs-pompiers de La Réunion présents sur le site du sinistre, sera porté à 230 et le nombre de militaires à 140. à ces personnels s'ajoutent 60 agents de l'Office national des forets ainsi que des agents mis à disposition par la commune de Saint-Paul.
Ils seront appuyés par trois gros engins de chantier réquisitionnés auprÚs d'un entreprise locale permettant d'affouiller le sol pour éviter la propagation souterraine et ouvrir des pare-feux efficaces.
La préfecture a également annoncé qu'un "avion bombardier d'eau d'une capacité de 12 000 litres équivalant à celle de deux canadairs arrivera de métropole mardi". Le nombre de camions citernes des sapeurs pompiers sera également porté de 23 à 33 auxquels s'ajouteront 4 camions citernes de carburant transformés en porteurs d'eau. "Les 6 hélicoptÚres restent mobilisés en permanence" ajoute la préfecture.
Cet incendie va avoir des consĂ©quences graves pour le Piton MaĂŻdo, site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco et situĂ© au c?ur du Parc national. MĂȘme si la vĂ©gĂ©tation Ă©ricoĂŻde d'altitude du piton MaĂŻdo s'observe sur d'autres sommets de l'Ăźle, on en compte plusieurs milliers d'hectares rĂ©partis sur diffĂ©rents sites, "plusieurs micro habitats qui se trouvent Ă©galement sur cette zone sont en danger" souligne le parc national. C'est particuliĂšrement le cas des sophoraies, milieux naturels dominĂ©s par le Petit Tamarin des Hauts (Sophora denudata). "Leur destruction serait une perte importante pour la biodiversitĂ©, car ces sophoraies se diffĂ©rencient au niveau floristique de celles que l'on peut trouver dans les autres rĂ©gions de l'Ăźle" commente le parc national. On peut dĂ©jĂ Ă©galement dĂ©plorer la destruction par les flammes d'une zone dans laquelle poussait une plante trĂšs rare, de la famille des composĂ©es.
CĂŽtĂ© faune, plusieurs espĂšces rares sont menacĂ©es. Les habitats du lĂ©zard vert des hauts, rĂ©partis sur environ 1,5 km le long des rempart du MaĂŻdo, ont ainsi Ă©tĂ© touchĂ©s Ă plusieurs reprises par les flammes. "Les pertes de cette population d'altitude, pour laquelle les Ă©tudes en cours indiquent qu'elle pourrait ĂȘtre unique au monde, sont estimĂ©es pour le moment Ă 2 % sur une population totale d'environ 600 individus" poursuit le parc national. Le jeu d'insectes liĂ© aux sophoraies du MaĂŻdo, Ă©galement spĂ©cifique, est menacĂ© par la disparition de son habitat.
Le parc national note aussi que les PĂ©trels de Barau, nichant dans les remparts autour du Grand BĂ©nare, peuvent ĂȘtre des victimes collatĂ©rales de cet incendie. En effet, ces oiseaux, qui vont se nourrir en mer, sont susceptibles de passer au-dessus des zones en feu, lors de leur retour au nid pendant la nuit. "AttirĂ©s par les lumiĂšres, ils risquent de se jeter dans les flammes ou de se poser Ă proximitĂ©. Etant dans l'impossibilitĂ© de redĂ©coller, ils sont Ă©galement condamnĂ©s" dĂ©plore le parc national.
Mahdia Benhamla pour
