En signe de rédemption et pour se mettre sous la protection des divinités, une centaine de pénitents de confession tamoule (hindouiste) ont marché dans le feu ce mercredi 9 août 2006 au temple Mariamen de Saint-Paul ville. Un moment de ferveur intense partagée par plusieurs centaines de pratiquants
La procession s'Ă©branle dans les rues de Saint-Paul en cette fin d'aprĂšs-midi. Quelque 90 pĂ©nitents hindouistes vont marcher au temple Mariamen. La cĂ©rĂ©monie est cĂ©lĂ©brĂ©e par le prĂȘtre Serge Ajaguin assistĂ© du prĂȘtre Daniel Moutouvirin.Le soleil plonge vers l'horizon, le son des tambours sacrĂ©s s'amplifie au fur et Ă mesure de l'avancĂ©e du cortĂšge vers le temple. La couleur safran portĂ©e par les pĂ©nitents est magnifiĂ©e par les rayons dorĂ©s du soleil couchant de l'hiver austral. Les saris portĂ©s par les femmes amplifient le vertige multicolore de la cĂ©rĂ©monie. Aux parfums des milliers de pĂ©tales de fleurs qui jonchent le chemin, s'ajoutent ceux de l'encens et du camphre qui brĂ»lent devant l'entrĂ©e des maisons. Le prĂȘtre bĂ©nit les offrandes des familles tandis qu'un autre dit une priĂšre. Chacun partage avec l'autre. Les divinitĂ©s partagent avec chacun.
Dans l'enceinte du temple, plusieurs centaines de personnes sont là . Les familles et leurs amis vont partager ce moment crucial d'une pratique religieuse millénaire.
La nuit est presque tombĂ©e. Les braises rougeoient sous la fine couche de cendre. Une derniĂšre bĂ©nĂ©diction du prĂȘtre et un homme s'Ă©lance, les yeux fermĂ©s, le pas assurĂ©. La chaleur sur le brasier est intense. Une dizaine de secondes pendant lesquelles l'homme surpasse tout ce que l'on peut imaginer. Le feu destructeur devient purificateur. L'enfer des uns devient le paradis des autres. Dans la foule comme pour les pĂ©nitents, l'Ă©motion et le recueillement sont intenses.
Forts de leur foi et certains de son pouvoir, hommes, femmes, enfants, tous marchent sur les braises avec la mĂȘme assurance. Et une fois encore le miracle de foi s'accomplit.










