Étude de l'INSEE

6 entreprises sur 10 fĂȘtent leurs 3 ans

  • PubliĂ© le 17 octobre 2003 Ă  00:00
ChÎmage important oblige, se sont souvent des demandeurs d'emploi qui se lancent dans l'aventure de la création de société

Environ 4 000 entreprises sont créées chaque année à La Réunion et elles ont en moyenne 6 chances sur 10 de survivre au moins 3 ans, indique une étude de l'INSEE (institut national de la statistique et des études économiques) rendue publique ce jeudi 16 octobre 2003. C'est dans le secteur de l'immobilier que l'espérance de vie est la plus longue

Depuis 1995 (*), La RĂ©union est la rĂ©gion française qui a le plus fort taux de crĂ©ation d'entreprises. En revanche, elle se place en derniĂšre position en matiĂšre de longĂ©vitĂ©. En effet, sur 4 000 nouvelles entreprises créées chaque annĂ©e depuis 1995, seules 2 200 parviennent Ă  fĂȘter leur troisiĂšme anniversaire. En fait, "les chances de survie semblent inversement proportionnelles au nombre de crĂ©ation" relĂšve l'auteur de l'Ă©tude FrĂ©dĂ©ric Siegemund. Ainsi en Guadeloupe oĂč le taux de crĂ©ation annuel est infĂ©rieur Ă  12% (il est de plus de 18% dans notre Ăźle), prĂšs de 75% des entreprises ont survĂ©cu au moins 3 ans alors que seules 55% sont dans ce cas Ă  La RĂ©union).
Évidemment les chances de survie ne sont pas les mĂȘmes pour tout le monde. Selon l'INSEE, les entreprises immobiliĂšres s'en sortent le mieux avec plus de 80% de survivantes au bout de 36 mois d'existence. À l'opposĂ© le BTP (BĂątiment et travaux publics) et le commerce ont bien du mal Ă  sortir leur Ă©pingle du jeu. Dans ces deux secteurs, moins d'une entreprise sur deux arrive Ă  passer le cap de la troisiĂšme annĂ©e. Entre ces deux extrĂȘmes, on trouve, notamment, les entreprises industrielles qui sont 6 sur 10 Ă  fĂȘter leur 3Ăšme anniversaire.

Peu d'études de marché

L'INSEE s'est Ă©galement intĂ©ressĂ© au profil des crĂ©ateurs d'entreprise. ChĂŽmage important oblige, se sont souvent des demandeurs d'emploi qui se lancent dans l'aventure de la crĂ©ation de sociĂ©tĂ©. L'enquĂȘte a aussi permis d'Ă©tablir que peu de porteurs de projets ont rĂ©alisĂ© une Ă©tude de marchĂ© avant de dĂ©marrer leur activitĂ© (1 sur 4 l'a fait). Un Ă©lĂ©ment qui est sans doute Ă  l'origine de plusieurs Ă©checs ultĂ©rieurs. Cela d'autant que les nouveaux entrepreneurs semblent avoir tendance Ă  miser sur la rĂ©ussite de leurs prĂ©dĂ©cesseurs. 83% d'entre eux dĂ©clarent se lancer dans une activitĂ© oĂč ils auront de nombreux concurrents et ils sont 2 sur 3 Ă  reconnaĂźtre ne pas avoir prospectĂ© la clientĂšle, car ils sont, disent-ils, assurent-ils de "se positionner sur un marchĂ© demandeur parce que dĂ©jĂ  fortement offreur"...
Reste que malgré leurs difficultés, les nouvelles entreprises créent de l'emploi à commencer par celui du porteur de projet et de son conjoint. Ce qui n'est pas à négliger dans le contexte de chÎmage chronique que connaßt La Réunion.
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