L'affaire Roukia, du nom de la Mahoraise retrouvée morte d'une overdose en janvier 2011, sera jugée au tribunal correctionnel de Mayotte à partir du lundi 23 novembre 2015 d'aprÚs France Mayotte Matin. Le dossier met en cause deux fonctionnaires du GIR (Groupe d'intervention régional) soupçonnés de trafic de stupéfiants et d'aide au séjour et à l'entrée sur le territoire de personnes en situation irréguliÚre. Les audiences devraient durer pendant une semaine.
JoĂ«l Garrigue, le procureur de la RĂ©publique, a rendu ses rĂ©quisitions dĂ©finitives en mai dernier. Mathias Belmer, l'ancien petit ami de la victime, devrait ĂȘtre poursuivi pour homicide involontaire, dissimulation de corps et recel de cadavre. L'homme avait fourni de l'heroĂŻne Ă la jeune femme. Puis, au lendemain d'une soirĂ©e, il avait dĂ©couvert le corps de Roukia avant de s'en dĂ©barrasser. Sa complice, qui l'avait aidĂ© dans sa tĂąche en emballant la dĂ©pouille dans un film plastique avant de le placer dans son vĂ©hicule, devrait ĂȘtre inquiĂ©tĂ©e pour les chefs d'accusation de dissimulation de corps et recel de cadavre.
Deux fonctionnaires du GIR (Groupe d'intervention rĂ©gional) ainsi que leur indicateur figureront au rang de prĂ©venu. Car trĂšs rapidement, la mort de Roukia sâest retrouvĂ©e liĂ© Ă un trafic de stupĂ©fiants dans lequel seraient impliquĂ©s plusieurs gendarmes, dont lâex-patron du GIR, GĂ©rard Gautier. Ce dernier devrait ĂȘtre appelĂ© Ă la barre en tant que tĂ©moin. "Il pourrait meÌme ne pas eÌtre preÌsent, la visioconfeÌrence lui permettant de sâexprimer. Ce sera aussi le cas de Ludovic Boulain, eÌgalement membre du GIT", prĂ©cise Samuel Boscher, rĂ©dacteur en chef de France Mayotte Matin.
"Daniel Papa sera accuseÌ de trafic de stupeÌfiants ainsi que dâhomicide involontaire. Il en sera de mĂȘme pour JĂ©rĂ©mie Bouclet, officier de police", souligne le journaliste. Daniel Maohamed et SaĂŻd Ahamada M'Ze, informateurs des militaires, sont Ă©galement visĂ©s par ces mĂȘmes chefs d'accusation.
D'aprĂšs le journal mahorais, l'avocat de la famille de Roukia, maĂźtre Mansour Kamardine, pourrait "demander aÌ faire citer aÌ la barre le magistrat instructeur du dossier Hakim Karki, mais aussi le procureur de la reÌpublique de lâeÌpoque, Philippe Faisandier." "LaÌ encore, des rebondissements seront attendus durant le proceÌs qui sâeÌtirera sur une semaine", ajoute le quotidien. Pour rappel, l'instruction de l'affaire avait conduit le tribunal de grande instance de Saint-Denis Ă accueillir des auditions. Suite Ă la rĂ©vĂ©lation de l'affaire, de nombreux tĂ©moignages de gendarmes ont dĂ©noncĂ© les "opĂ©rations tĂ©lĂ©commandĂ©es" du GIR.
Pour rappel, Hakim Karki a Ă©tĂ© mis en examen pour viol le lundi 7 juillet 2014. Le magistrat chargĂ© de lâinstruction de lâaffaire Roukia, avait fait l'objet de plusieurs tentatives de dĂ©saisissement qui n'avaient pas abouti. A noter que derniĂšrement, ce sont des policiers mahorais qui ont fait l'objet d'une enquĂȘte de IGPN (l'Inspection gĂ©nĂ©rale de la police nationale) au sujet d'une autre affaire de drogue.
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Etant donné l'opacité et le culte du secret qui rÚgnent à Mayotte, l'ßle aux affaires occultes, il est par conséquent trÚs difficile pour la Justice de révéler la vérité et de statuer.
Aussi, le fait que ce procÚs Roukia aura bien lieu à Mayotte constitue un miracle en soit, tant les manoeuvres opérées par plusieurs pour son dépaysement sont suspectes, puissantes et acharnées.
Puis, du procÚs Roukia, il s'agirait plus précisément et de maniÚre chronologique :
1- L'affaire du trafic de produits stupéfiants par des ripoux armés.
Lien de cause Ă effets amenant :
2- A la mort non naturelle, au meurtre ou à l'assassinat de la jeune lycéenne mahoraise Roukia, retrouvée morte sur la plage de Trévani , à Koungou, le 15/01/2011.
Lien de cause Ă effets amenant :
(supprimé pour prise à partie - webmaster ipreunion.com)
Ensuite, au sujet de l'affaire du trafic de produits stupĂ©fiants commanditĂ© et dirigĂ© par des fonctionnaires de l'Etat qui sont assermentĂ©s et armĂ©s, il serait pertinent de connaĂźtre les conclusions de l'enquĂȘte menĂ©e Ă Paris par l'Inspection gĂ©nĂ©rale compĂ©tente Ă la fois dans cette affaire, et aussi dans celle rĂ©cente, survenue une fois encore Ă Mayotte.
Enfin, parallÚlement au précédent procÚs de l'agression armée commise par un militaire à l'encontre de l'enfant mahorais Nassur, infirme à vie d'un oeil ; à Mayotte comme ailleurs, la forte insécurité croissante et ce qui en découle, c'est-à -dire en autres, une défiance justifiée envers des forces armées prétendument chargées de protéger la population, et non de l'agresser ni de lui causer des préjudices ni de la mettre en danger, seront également au centre du procÚs Roukia, voire des procÚs à venir.