Le 27 juillet 2015, le commissaire enquêteur a émis un avis défavorable quant à l'installation d'une carrière sur le site de Bois-Blanc à Saint-Leu. Pour justifier sa décision, l'expert a recueilli pendant un mois les observations de la population. L'occasion d'entendre des remarques plus ou moins cocasses. Retrouvez ci-dessous le meilleur des remarques, mais surtout le pire.
Noël Pessague n'a pas dû vivre énormément d'enquêtes publiques aussi animées. Le commissaire enquêteur chargé de rendre ses conclusions sur l'installation d'une carrière à Bois-Blanc vécu un mois assez agité lors de ses permanences organisées à Saint-Leu, l'Etang-Salé et aux Avirons. C'est ce qu'il décrit dans son rapport.
"Dans sa majorité le public reçu en les 3 mairies concernées a fait preuve d'un très grand respect à mon égard, en revanche, il n'en fut pas de même de la part d'une minorité de personnes dont j'ai eu, hélas, à subir les foudres. Très remontées, agitées, viscéralement opposées au projet, certaines d'entre elles, qui n'étaient pas forcément impactées par les nuisances supposées de la carrière, se complaisent à colporter des rumeurs qui, par la suite, et au fur et à mesure du mécontentement général qui montait en puissance, ont pris une dimension telle que la situation devenait incontrôlable, détestable, voire insupportable."
Au début de l'enquête, Noël Pessague a été suspecté comme étant de connivence avec la SCPR. Certains ne se sont pas gênés pour l'accuser :
- "Avouez, avouez-le que vous êtes employé par la SCPR !"
- "Vous connaissez trop bien le dossier, cela prouve que vous êtes bien de la SCPR !"
D'autres auraient même tenter de déstabiliser le commissaire enquêteur "afin que l'enquête n'aille pas à son terme. En vain :
- "Il tiendra le coup, on n'y arrivera pas !"
Soit autant de remarques qui ont surpris Noël Pessague. "Comment, dans un tel climat sulfureux, démontrer et prouver à des personnes qui ne veulent rien entendre et qui restent accrochées à des certitudes nées de rumeurs infondées, l'intégrité du commissaire enquêteur ? C'est impossible dans un tel contexte !", s'insurge-t-il.
Dans les différentes permanences, un "petit comité" s'est démarqué aux yeux de Noël Pessague. Un groupe qui s'est montré plus qu'opposé à la carrière de Bois Blanc, jusqu'à évoquer certains moyens peu catholiques :
- "Aujourd'hui la meute, demain l'émeute."
- "On utilisera tous les moyens pour nous faire entendre."
- "Une petite séquestration, ça aurait de la gueule."
- "Le premier engin qui débarquera sur le site, on le démontera."
- "On va créer une ZAD."
- "La Réunion va connaître son barrage de Sivens et son aéroport de Notre-Dame des Landes !"
- "On ne lâchera rien, on ne se laissera pas faire."
A la fin de l'enquête publique, Noël Pessague a dû faire face à une situation sous tension lorsque les opposants à la carrière ont croisé une délégation emmenée par les transporteurs favorables à l'installation du site de Bois Blanc. "La tension est très vite montée, à tel point que sans la présence des forces de l'ordre ce jour-là, qui ont calmé les velléités des uns et des autres et qui, par ailleurs, ont canalisé le public pour accéder aux registres d'enquête, la situation aurait probablement dégénéré entre les opposants et les partisans de la carrière", se souvient le commissaire enquêteur, qui a vécu une consultation non sans repos.
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