Echauffourées à Paris

COP21: le mémorial des attentats saccagé, heurts violents, 341 interpellations

  • Publié le 30 novembre 2015 à 05:15
Affrontement entre manifestants contre le réchauffement climatique et la police le 29 novembre 2015 à Paris

"C'est une profanation, c'est indécent": sur la place de la République, mémorial improvisé depuis les attentats de Paris, des militants radicaux n'ont pas hésité, ce dimanche 29 novembre 2015, à se servir d'objets déposés en hommage aux victimes pour en découdre avec les forces de l'ordre à la veille de la COP21. Près de 300 interpellations dont 174 gardes à vues et de fermes condamnations politiques ont suivi ces échauffourées qui ont éclaté dimanche après-midi entre les forces de l'ordre et des manifestants anti-COP21

Dérangeante image, deux semaines après les sanglants attentats de Paris et Saint-Denis (130 morts), que cette place de la République enveloppée, un dimanche après-midi, par des nuages de gaz lacrymogènes. "Ce sont des petits groupes violents qui s'en sont pris aux forces de l'ordre avec des projectiles" comme des "bougies" déposées en mémoire des victimes des attentats ou "une boule de pétanque", a indiqué le préfet de Paris Michel Cadot.

"Cette statue (sur la place de la République - ndlr), c'est la tombe des victimes des attentats", s'étrangle pour s apart Bertrand Boulet, membre de l'association "17 plus jamais", qui a entretenu le mémorial de fleurs, petits mots et bougies déposés au pied de la statue après les attentats de janvier et à nouveau après ceux du 13 novembre.

Depuis le début de l'après-midi, un face à face tendu ponctué d'échauffourées oppose les forces de l'ordre à deux à trois cents manifestants, des "petits groupes violents" selon le préfet de police. Ils se sont réunis malgré l'interdiction de manifester parmi d'autres se réclamant dans le calme d'un mouvement "antiCOP21". Encagoulés et pour certains vêtus de noir, ils jettent projectiles et bouteilles en verre sur les CRS, casqués et avec leurs boucliers, qui répliquent à coups de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Une scène qui se reproduit à plusieurs reprises.

La place est ceinturée par les CRS qui en contrôlent tous les accès. Des pots de fleurs, des bris de verre et des bougies, qui ornaient la statue de la République en hommage aux victimes, jonchent le sol au pied des forces de l'ordre.

Bertrand Boulet en a "mal au cœur". "On s'échine à entretenir le monument toutes les semaines, c'est le monument de tous les Français", déplore-t-il. Serena, 18 ans, cherche désespérément la bougie "marron à paillettes" déposée il y a quelques jours pour une amie qui a perdu un proche lors des attentats. "C'est désolant, c'est censé être un lieu de recueillement".

"Choisis ton camp"

Pour éviter les dégâts et empêcher les plus virulents de se servir, des manifestants pacifiques forment une chaîne humaine autour de la statue. Drapeaux arc-en-ciel à la main, certains demandent aux groupes violents de cesser de jeter des projectiles. "Choisis ton camp", répond, hargneux, un manifestant. "Toi tu manifestes comme t'en as envie, moi je manifeste comme ça", rétorque un autre, hué alors qu'il cassait une poubelle.

"De quel droit peut-on ainsi cracher sur les morts, cracher sur leur mémoire ?", dit Laurène, une manifestante de 19 ans. "Cette semaine, j'ai vu un père venu exprès des États-Unis pour déposer une bougie pour sa fille tuée au Bataclan", raconte cette étudiante. Sac poubelle à la main, Nouria, qui vient deux fois par semaine nettoyer le mémorial, répare déjà les dégâts en remplaçant les fleurs et les bougies disparues ou brisées.

Quelques mètres plus loin, au début de la rue du Temple un peu éloignée du tumulte, des anonymes rassemblent à la hâte sur un passage piéton tous les débris jetés, chaussures, bougies et fleurs, pour récréer un petit mémorial.

Une pluie de condamnations

Selon un bilan arrêté à 23h30 (heure de La Réunion), 289 personnes ont été interpellées dimanche après-midi et 174 d'entre elles placées en garde à vue, selon une source policière.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a condamné ces débordements "avec la plus grande fermeté par respect pour les victimes des attentats". "Aucun amalgame ne saurait être fait entre des manifestants de bonne foi et ces groupes qui n'ont toujours eu qu'un seul dessein: profiter de rassemblements responsables et légitimes pour commettre des violences inacceptables", a dit le ministre.

Une pluie de condamnations s'est abattue sur ces agissements. Sur place, des manifestants pacifiques, venus pour former une chaîne humaine contre le changement climatique en lieu et place de la grande manifestation prévue et finalement interdite pour cause d'état d'urgence, ont dénoncé une "profanation".

Au plan politique, les condamnations n'ont pas tardé. Depuis Bruxelles, en marge d'un sommet de l'UE, François Hollande a fustigé l'action "scandaleuse" d'"éléments perturbateurs" qui n'ont "rien à avoir avec les défenseurs de l'environnement".
Manuel Valls a également condamné sur Twitter des débordements "indignes" et appelé à "respecter la mémoire des victimes des attentats". "Respect des lieux, mémoire, justice pour toutes ces personnes fauchées par la démence meurtrière", a également tweeté la Garde des Sceaux Christiane Taubira.

La conférence de Paris (COP21) va tenter, jusqu'au 11 décembre au Bourget, de sceller un accord mondial pour limiter à 2 degrés le réchauffement climatique. Quelque 150 chefs d'Etat et de gouvernement y sont attendus lundi.

Les débordements en marge de sommets internationaux sur le climat sont peu fréquents, contrairement à d'autres rencontres internationales comme les G8 ou réunions de l'OMC. En 2009 toutefois, environ 300 manifestants membres des "Blacks Blocs" (militants issus de la mouvance anarchiste) selon la police avaient provoqué des incidents dans le centre-ville de Copenhague.

AFP

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5 Commentaires
10 ans

quand il fait froid en françe et en europe il faut bien se chauffer , alors quelques genres pseudos mai 1968 qui à été monté de toute pièce par la cia fait du bien aux gens et en est en 2015 , est ce la vrai date ?! .

les vraies images sont là
les vraies images sont là
10 ans

ah ah ah les vraies images sont celles des CRS qui piétinent le memorial sans la moindre gene et surement pas par accident:

https://communismeouvrier.wordpress.com/2015/11/30/paris-qui-a-saccage-le-memorial-des-victimes-des-attentats/

contestataire 1600
contestataire 1600
10 ans

cela signifie que ces socialistes ne maîtrisent plus rien dans ce pays. Il est arrivé l'heure de déguerpir définitivement et laisser des rênes de ce pays aux vrais Politiciens qui feront régner l'ordre et la discipline..et le droit de respecter les honnêtes gens au détriment des malfrats et voyous de tout bord

bof
bof
10 ans

Notre planete brule et pour nous museler on veut nous forcer à regarder le mausolée

10 ans

pourquoi ce sont les grands groupe qui financent la cop 21 et ce sont ces grand groupe qui polluent le plus la terre , qui sont les hypocrites , les vrai manifestants ou les holding du pétrole et autres ?!.