Depuis le début de l'année 2015, au moins 11 700 reconduites à la frontière ont été réalisées à Mayotte annonce ce mardi 18 août 2015 France Mayotte Matin. D'après le quotidien mahorais, le chiffre de 19 991 expulsions en 2014 "sera selon toute vraisemblance largement dépassé". Cette situation pousse le 101e département a faire l'objet de tensions autour de l'immigration clandestine, notamment au sujet des occupations illégales de terrains.
Près de 12 000 reconduites à la frontière ont d'ores et déjà été réalisées à Mayotte au cours de cette année 2015. Afin de communiquer ce chiffre, France Mayotte Matin s'appuie sur la création des locaux de rétention administrative. Ces derniers, qui sont désormais au nombre de 117, sont ouverts lorsqu'un centre de rétention administrative a atteint le seuil de 100 personnes retenues.
"Bien évidemment, ce chiffre est loin de coller à la réalité dans la mesure où il ne comprend que les retenus du CRA et non les retenus envoyés en LRA. Combien sont-ils précisément ? Aucun arrêté ne le précise et il faudra attendre l'état major de sécurité 2015 pour le savoir", souligne le quotidien mahorais.
D'après les calculs du journal, la police aux airs et aux frontières et les autres services de l'Etat ont procédé à 51,09 reconduites quotidiennement sur une durée globale de 229 jours. "Ainsi, le chiffre de 19 991 reconduites à la frontière effectuées en 2014 selon le dernier état major sécurité sera selon toute vraisemblance largement dépassé", estime France Mayotte Matin.
Afin de répondre à cette montée de l'immigration clandestine, un nouveau centre de rétention administrative sera ouvert dans le courant du mois de septembre. Ce CRA - "répondant aux normes européennes" - pourrait compter sur le renfort de 44 ans agents de la police aux frontières annoncé par le premier ministre Manuel Valls lors de sa venue sur le 101e département en juin dernier.
"Les habitats indignes prolifèrent"
L'afflux de migrants à Mayotte a créé un certain nombre de tensions sur le territoire, notamment suite à l'occupation illégale de terrains. "Les collines de Koungou se transforment chaque jour un peu plus en favelas, les mangroves de Kawéni sont assaillies, détruites, croulant sous les amas de tôles. Aux quatre coins de l’île, la situation est la même, les habitats indignes prolifèrent, générant la colère des propriétaires terriens", relate France Mayotte Matin
Une situation qui avait particulièrement interpellé François Sumur, alors procureur général de l'ancien tribunal supérieur d'appel. Le magistrat avait alors déclaré l'équation suivante lors d'une audience solenelle : "lorsqu’il faut 48 heures pour construire un banga illégal, combien de temps faut-il à la justice pour le détruire ? Réponse : 2 ans et plus."
La situation s'est vérifiée ce lundi du côté de Hajungua. Un particulier devenu propriétaire a découvert que sa parcelle cédée par la mairie était occupée depuis 10 ans par une mère de famille, "et ce, dans la plus pure illégalité." La dame, arrivée en 2005 des Comores, était en situation régulière avec un titre de séjour, mais ne pouvait justifier sa présence sur ce terrain.
"Ne répondant pas aux injonctions et demandes répétées de quitter les lieux, elle a alors vu débarquer les gros bras qui ont démonté son habitation. De très violents heurts ont éclaté entre défenseurs de la famille illégalement posée et le nouveau propriétaire obligeant la gendarmerie à rapidement intervenir, souligne France Mayotte Matin.
Cet exemple n'est pas isolé. "Les tensions se font entendre tant le ras-le-bol de la population qui peine à trouver du foncier disponible se fait sentir", estime le quotidien. Pour rappel, c'est en 2010 que "le record absolu" a été atteint à Mayotte avec 25 610 reconduites à la frontières enregistrées par les autorités mahoraises. Un chiffre qui pourrait bien être approché, si ce n'est dépassé, en 2015.
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