Curiosité culinaire

Des guĂȘpes dans l'assiette

  • PubliĂ© le 22 novembre 2007 Ă  00:00
À La RĂ©union les larves de guĂȘpes sont l'un des trĂ©sors de la gastronomie rĂ©unionnaise. Vendues au kilo Ă  prix d'or, elles sont dĂ©gustĂ©es frites ou en rougail (en sauce)

À La RĂ©union, les guĂȘpes n'inspirent pas la mĂȘme apprĂ©hension qu'ailleurs. Leur piqĂ»re y est tout aussi douloureuse, mais on les pardonne plus facilement car leurs larves sont un des trĂ©sors de la gastronomie rĂ©unionnaise. Dans le numĂ©ro 1 du magazine "Cascavelle", Bernard Grollier a consacrĂ© un dossier Ă  cet insecte, rĂ©gal des gourmets, dĂ©sormais Ă©tudiĂ© par des scientifiques. Extraits

Quand PĂąques approche, une question essentielle prĂ©occupe certaines familles rĂ©unionnaises : oĂč se procurer en quantitĂ© suffisante des nids de guĂȘpes en de la traditionnelle friture? En cette fin de carĂȘme catholique, ce plat - qui surprend toujours les mĂ©tropolitains fraĂźchement dĂ©barquĂ©s et les touristes -, est considĂ©rĂ© comme un des sommets de la gastronomie insulaire.
Difficile de dire le contraire lorsque l'on a goĂ»tĂ© la spĂ©cialitĂ©. Frites, elles sont lĂ©gĂšrement craquantes sous la dent, les larves libĂšrent un goĂ»t subtil (...) "L'aversion initiale provoquĂ©e la vue de ce tas de gros vers disparaĂźt instantanĂ©ment, les papilles sont Ă  la fĂȘte" Ă©crit "Cascavelle".
On comprend qu'autrefois, quand les temps étaient autrement plus durs et les assiettes maigrement garnies, les Réunionnais aient élevés cette friture au rang de délice absolu (...)
Les gourmets crĂ©oles Ă©taient passĂ©s maĂźtres dans l'art de dĂ©crocher les nids (...). Aujourd'hui, Ă  dĂ©faut de chasseur de guĂȘpes dans la famille, il reste la possibilitĂ© de faire ses emplettes sur le bord de la route. Quand vient la saison des larves grasses, des vendeurs Ă  la sauvette tendent des nids en chapelets attachĂ©s entre eux avec une ficelle de choka. Ils sont vendus entre 100 et 150 euros le kilo, loin devant les bichiques (l'alevin qui constitue l'autre dĂ©lice de luxe des RĂ©unionnais se nĂ©gocie entre 40 et 50 euros le kilo).

Six années de travail

"Il fallait bien qu'un jour, un esprit scientifique se pense sur l'objet d'une telle folie" remarque "Cascavelle". "Pascal ThĂ©odora, Ă©tudiant en biologie, vient de consacrer six annĂ©es de travail Ă  la guĂȘpe poliste olivaceus de geer (...). Il voulait comprendre pourquoi les nids Ă©taient de taille aussi diffĂ©rente, une fois arrivĂ©es Ă  maturitĂ©. Certains se composent de moins de 200 alvĂ©oles, d'autres de plus de 900. un tel Ă©cart mĂ©rite explication. Pascal ThĂ©dora l'a trouvĂ©. "Les nids les plus petits sont fondĂ©s par une seule reine, les plus gros par plusieurs. Quand une reine Ă©choue Ă  construite le sien, elle s'associe Ă  d'autres pour prĂ©server la chance de se reproduire" rĂ©sume-t-il."
La guĂȘpe "rĂ©unionnaise" vole Ă©galement de l'Iran Ă  l'Australie en passant par la Chine du Sud, dans les Ăźles du Pacifique et l'Ăźle de PĂąques, les Mascareignes et Madagascar.
"Hormis La réunion, il n'y a qu'à Shinsiu, une région de l'archipel du Japon qu'elle est considérée comme un trésor gastronomique" conclut le magazine.
guest
2 Commentaires
LoĂŻc
LoĂŻc
2 ans

C'est tout Ă  fait ca Pedro

Pierre
Pierre
9 ans

Bonjour
Quelle est la saison pour cueillir un nid de guĂȘpe que j'ai dans mon jardin
Vous parlez de la période de pùques
Dois-je attendre pĂąques prochain ?