Centre hospitalier de Mayotte

Deux décès inexpliqués, un accès aux soins saturé

  • Publié le 10 décembre 2015 à 05:30
CHM Mayotte

Un enfant de 5 mois et une femme de 20 ans sont décédés au Centre hospitalier de Mayotte (CHM) dimanche 6 et lundi 7 décembre 2015. Depuis plusieurs mois, le personnel hospitalier dénonce des dysfonctionnements au sein de l'établissement et souligne des cas de burn-out. La fréquentation du centre est totalement saturée, notamment en raison de l'arrivée de nombreux patients étrangers.

Une femme s'est présentée dimanche 6 décembre à l'hôpital avec son bébé âgé de 5 mois. Après un long moment d'attente, la mère a finalement été prise en charge par le personnel, mais il était déjà trop tard, son bébé a été retrouvé mort. Les causes du décès demeurent inconnues, mais celui-ci témoigne des difficultés de prise en charge des patients.

Second drame inexpliqué le lendemain. Une jeune femme de 20 ans est arrivée à l'hopital se plaignant de fatigue et de douleurs. Plusieurs examens ont par la suite été réalisés. Elle a reçu une piqûre au thorax nécessitant une anesthésie locale. "La jeune femme n'a pas survécu pas à cette manipulation, selon toute vraisemblance, son coeur n'a pas tenu le coup, malgré les tentatives de réanimation qui ont duré de très longues minutes", écrit le quotidien France-Mayotte. Le procureur de la République Joël Garrigue a ordonné qu’une autopsie soit réalisée afin de déterminer les causes exactes de la mort.

Selon le personnel hospitalier, les difficultés sont en partie dues à une saturation de l'accueil des patients. Il s'agit "d'une structure conçue pour 210 000 personnes, mais pas pour "400 000"", écrit France-Mayotte rapportant les propos de syndicats et médecins qui insistent sur une pression migratoire avec un afflux de patients étrangers. Un rapport de la Chambre Régionale des Comptes a également souligné une qualité de soins dégradée au CHM, rapporte le quotidien.

La situation "commence à être un peu dure", confirme Etienne Morel, le directeur du Centre Hospitalier de Mayotte (CHM), interrogé par Mayotte première mardi 8 décembre. Et pourtant, il "met les formes", indique le site internet. Une situation qui se justifierait pour plusieurs raisons. Tout d'abord, le droit du sol, qui motive les femmes enceintes venues des Comores à venir accoucher à Mayotte pour que leur enfant ait la nationalité française.

Deuxième explication, l'application depuis le 30 novembre 2015 de la loi sur la gratuité des soins pour les mineurs et les femmes enceintes, conformément à l’ordonnance n°2012-785 du 31 mai 2012. Auparavant, 300 euros devaient être acquittés pour un accouchement. "Mais tout le monde n'a pas les moyens de payer", reconnaît le directeur du CHM. Les personnes qui ne sont pas affiliées à la sécurité sociale doivent, elles, régler 10 euros pour une consultation simple, 15 pour voir un spécialiste et un forfait de 30 euros pour les urgences.

L'Insee annonçait en août 2013 que plus de 100 000 Comoriens vivraient à Mayotte, dont la population s’élevait alors à 212 645 habitants selon le recensement de 2012. 15 908 étrangers en situation irrégulière ont été reconduits à la frontière en 2013 mais, si ce chiffre diminue, celui des demandes de carte de séjour augmente. "C’est un problème géopolitique qui me dépasse largement, confie Etienne Morel. Mon rôle, c’est d’organiser les soins, de faire en sorte que les gens soient bien accueillis".

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1 Commentaires
gemijuco
gemijuco
10 ans

Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde ; il serait temps que nos dirigeants en prennent conscience, car la révolte doit être en train de couver, nous payons pour tous les migrants et autres. Mais il y a des limites aux taxes qui nous tombent dessus, alors que "là-haut" ils gardent tous leurs privilèges divers et variés qui s'accumulent au fil du temps. 10% de leur salaire : ça ne se verrait pas beaucoup, mais 10% du nôtre ça fait un grand trou.... Ceci est valable pour tous les bords : la droite, la gauche etc.. Les loups ne se mangent pas entre eux.