En 2020, La Réunion devrait compter sur un "centre de valorisation énergétique des déchets." Derrière ce terme technique se cache en fait l'ancien projet d'incinérateur abandonné en 2006. Porté par le TCO, la CIVIS et la CASUD, cet outil multi-filières est ce lundi 15 décembre 2014 pointé du doigt par Fabrice Lebon. Le conseiller communautaire d'opposition petite-ilois met en garde la population des "dangers pour l'environnement et la santé de l'homme."
D'ici la fin de l'année 2015, le centre d'enfouissement de la Rivière Saint-Etienne ne sera plus opérationnel. Ce site d'installation de stockage des déchets non dangereux (ISDND) est arrivé à saturation et de nouvelles solutions doivent être trouvées en urgence.
C'est dans ce contexte que le projet d'incinérateur, abandonné en 2006, est ressurgi des cartons. Le 30 octobre 2014, le "centre de valorisation énergétique des déchets" a été présenté aux médias. L'objectif : valoriser et incinérer plus de 200 000 tonnes de déchets ménagers chaque année à l'horizon 2020.
Environ 200 millions d'euros seront mis sur la table afin d'atteindre ce but. Financé par les collectivités, l'Etat et l'Europe - et porté par la CIVIS, la CASUD et le TCO, le centre devrait être construit sur une vingtaine d'hectares aux alentours de Pierrefonds.
Une décision prise dans la précipitation selon Fabrice Lebon. "Leur stratégie de colmatage sans véritable courage politique, met aujourd'hui la population réunionnaise au pied du mur en l'obligeant à accepter des " solutions " proposées clés en main par les grands groupes comme Véolia et Vinci, sans en mesurer les conséquences et les enjeux pour l'avenir", dénonce le conseiller communautaire d'opposition à la CIVIS.
Citant le courrier rédigé par 102 médecins au sujet d'un projet similaire à Echillais, le membre de Debout la France affirme que "les nouveaux filtres n’ont pas démontré qu’ils supprimaient le risque de cancer autour des incinérateurs." Fabrice Lebon, s'appuyant également sur le livre du professeur Belpomme, souligne que "vivre à proximité de décharges d'ordures ménagères est aussi un facteur à l'origine d'une augmentation du nombre des cancers."
"Je préfère prendre les conseils d'un cancérologue international plutôt que ceux venant d'un radiologue de Saint-Pierre", commente-t-il, taclant au passage Michel Fontaine, président du syndicat mixte Ileva, en charge du projet réunionnais. Fabrice Lebon reproche au sénateur-maire de Saint-Pierre d'avoir fait voter un amendement proposant le gel de la TGAP (Taxe générale sur les actvitités polluantes) pour les collectivités de l'île de 2015 à 2020.
"Cette taxe est censée financer les missions de sensibilisation. A ce moment, l'idée est d'alimenter l'incinérateur. On ne peut pas geler la taxe et se vanter de ne plus avoir les sous qui rentrent. C'est à la source qu'il faut régler le problème", estime le conseiller municipal d'opposition.
Pour le Petite-Ilois, une solution plus économe et plus écologique est possible : Calcior. Mis au point par le Français Max Dezier, ce procédé permettrait de traiter naturellement les déchets ménagers sans émission polluante ni déchets ultimes. "Le procédé est réalisable en huit mois, alors que l'incinérateur nécessite 5 ans. Malheureusement, ils font la sourde oreille et nous payons les pots cassés", explique-t-il.
Fabrice Lebon a envoyé une lettre à Michel Fontaine afin de lui proposer cette solution parmi d'autres. Mais ce courrier ne devrait pas faire changer de cap le président de la CIVIS. Selon le conseiller communautaire, le projet de centre de valorisation énergétique des déchets serait déjà destiné au groupe Vinci. "Ils ont mesuré les conséquences mais en ont font l'impasse. Pour eux ce sera ça et rien d'autre", assure-t-il, amer.
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Pourquoi chercher à polluer davantage l'île alors que d'autres solutions écologiques existent?. Qu'on arrête de massacrer la terre Réunionnaise et de tirer un trait sur la santé de Réunionnais. L'avenir sanitaire des enfants faut y penser. Y-a-pas assez de Cancers pour en créer d'autres ? (et pour du long terme en plus !).