Marie est une jeune mÚre de famille. Elle a été victime de violences morales de la part de son concubin pendant prÚs de 10 ans avant d'avoir le courage de dire "non". En mai 2009, elle quitte le domicile familial et trouve refuge dans une famille d'accueil. Aujourd'hui, elle tente de se reconstruire avec ses 2 enfants.
C'est en 1998 que tout commence, lorsqu'elle rencontre son ex-concubin. Marie avait alors une fille nĂ©e d'une relation prĂ©cĂ©dente. "Quand c'est le dĂ©but tout est beau, tout est nouveau. Je ne voyais que ses bons cĂŽtĂ©s, je pensais donc que c'Ă©tait le bon", explique t-elle. Autre argument qui a jouĂ© en faveur de son ex-concubin, il aimait beaucoup la fille de Marie, ce qui Ă©tait trĂšs important pour la mĂšre.AprĂšs 2 annĂ©es oĂč les amoureux ont "appris Ă se connaĂźtre", ils dĂ©cident d'emmĂ©nager ensemble. Ils rĂ©unissent leurs Ă©conomies et achĂštent ensemble une maison. C'est Ă ce moment-lĂ que le cauchemar de Marie commence. "Il a commencĂ© Ă me dicter ce qu'il fallait faire, il m'imposait son avis", raconte la jeune mĂšre. Ce comportement Ă©tonne Marie mais elle ne se rebelle pas.
Au fil du temps, les choses empirent. L'homme s'en prend Ă la fille de Marie. "Il la grondait pour un oui ou pour un non". Les rĂ©flexions dĂ©sagrĂ©ables se multiplient. "Quand la nourriture ne lui plaisait pas, il jetait la marmite. Il fallait que je cuisine pour lui". Puis en 2003, Marie tombe enceinte de son concubin. Elle accouchera d'un garçon. Son ami quant Ă lui continue Ă la dĂ©nigrer, l'accusant de ne pas savoir Ă©lever ses enfants. Il mĂšne dans le mĂȘme temps une double vie que dĂ©couvrira Marie.
Lors d'une violente dispute, son concubin lÚve la main sur elle. "C'est la premiÚre et derniÚre fois qu'il m'ait frappée", précise la jeune femme. En effet, suite à ce coup, elle le poursuit en justice. Il s'en tirera avec un sursis. Le couple quant à lui vit toujours ensemble, et les violences morales continuent.
En 2006, Marie tente une premiÚre fois de quitter le domicile familial. Elle se réfugie chez une famille d'accueil mais devra rentrer chez elle au bout de 4 mois. Et pour cause, d'une part le garçon de 3 ans réclamait son pÚre. D'autre part, l'assistante sociale n'a pas vraiment pris son cas en considération. Enfin, son ex-concubin lui promettait de changer. Elle accepte. "Ce fut une nouvelle erreur", regrette t-elle.
Les violences morales augmentent encore. "Il me rabaissait, en privĂ© mais aussi en public". "Il disait que j'Ă©tais grosse ou que je conduisais mal. Lorsque nous Ă©tions invitĂ©s, il m'empĂȘchait de danser avec qui que ce soit. DĂšs qu'il y avait quelque chose, il me faisait une scĂšne. Et je ne me sentais pas chez moi. Il parlait de sa maison, jamais de la nĂŽtre", relate Marie.
Cette situation va perdurer jusqu'en janvier 2009. Ă ce moment-lĂ , l'homme met sa belle-fille Ă la porte suite Ă une altercation. L'adolescente se rĂ©fugie chez sa grand-mĂšre maternelle. Marie quant Ă elle songe Ă s'en aller. "Mais comment ? OĂč aller ?", s'interroge t-elle. "Et j'avais peur d'Ă©ventuelles reprĂ©sailles", ajoute t-elle. Puis, en mai 2009, elle dĂ©cide de faire le grand saut. Elle se rend auprĂšs d'une assistante sociale qui constatera les faits. Elle est mise en contact avec l'Association rĂ©unionnaise d'Ă©ducation populaire (AREP) qui, en l'espace de 2 semaines, trouve une famille d'accueil pour elle et ses 2 enfants.
DĂ©sormais, Marie vit chez Michelle et sa famille. "Je suis l'opposĂ©e de la femme que j'Ă©tais. Je fais ce que je veux, je prends mes dĂ©cisions et je vis pour moi-mĂȘme", se rĂ©jouit la mĂšre de famille. Un seul regret, celui de ne pas avoir fait le pas plus tĂŽt. "J'Ă©tais en proie aux doutes, c'est ce qui me freinait", avoue t-elle. Aujourd'hui, elle est vraiment dĂ©cidĂ©e Ă refaire sa vie avec ses enfants. Quant Ă l'idĂ©e de revivre avec un homme, elle exclut complĂštement cette idĂ©e. "Je ne veux plus vivre avec un homme qui me bafouerait", rĂ©pond la jeune femme.
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