Lait infantile : deux enquêtes ouvertes dans l'Hexagone après la mort suspecte de deux nourrissons

  • Publié le 23 janvier 2026 à 06:46
  • Actualisé le 23 janvier 2026 à 11:37
Les doigts d'un "bébé reborn" au magasin Maternité Alana Babys à Campinas, dans l'État de Sao Paulo, au Brésil, le 16 mai 2025

Deux enquêtes distinctes ont été ouvertes à Angers et Bordeaux après les décès récents de deux nourrissons ayant consommé un lait infantile rappelé par Nestlé pour cause de "possible contamination" par une substance d’origine bactérienne, sans "lien de causalité" établi pour l’heure, selon les autorités.

Un premier décès suspect, évoqué sans précisions de lieu mardi par l’un des services du ministère de la Santé qui a lancé des investigations sanitaires, concerne un bébé né le 25 décembre et mort le 8 janvier à l’hôpital Haut Lévêque de Pessac, dans la banlieue de Bordeaux.

"Une fois sorti de la maternité, le nourrisson avait notamment été alimenté, entre le 5 et le 7 janvier 2026, avec un lait artificiel de marque Guigoz ayant fait l’objet d’un rappel pour une possible contamination par une bactérie Bacillus Cereus", a précisé à l’AFP Renaud Gaudeul, procureur de la République à Bordeaux.

A Angers, "il y a deux jours", la mère d’une petite fille de 27 jours, morte le 23 décembre, a recontacté les enquêteurs pour évoquer une boîte de lait Guigoz donnée auparavant à son bébé, a indiqué jeudi soir le procureur de la ville, Eric Brouillard.

"C’est une piste sérieuse » mais il est « beaucoup trop tôt pour dire que c’est la piste principale", a souligné M. Brouillard, qui a saisi "en urgence" un laboratoire.

Le 5 janvier, Nestlé, géant suisse de l’agroalimentaire, avait engagé un vaste rappel de laits infantiles des marques Guigoz et Nidal à cause de la présence potentielle de "céréulide" dans ces produits pourtant très contrôlés.

Ce composant toxique, produit dans certaines conditions par une famille de bactéries, les Bacillus cereus, peut causer d’importants vomissements dans les heures suivant sa consommation.

- Alerte sanitaire "d’ampleur" -

A Bordeaux, le bébé victime avait été conduit en urgence à l’hôpital le 7 janvier, "la mère ayant constaté des troubles digestifs chez l’enfant", selon le procureur, Renaud Gaudeul.

Les premiers résultats d’analyses diligentées par l’enquête "ont établi l’absence de contamination par la bactérie Bacillus Cereus", mais "des analyses complémentaires" ont été demandées pour retrouver la toxine céreulide, a complété M. Gaudeul plus tard dans la soirée.

Les résultats de ces nouvelles analyses, "plus longues", "ne sont pas encore connus", a-t-il précisé.

Dans un communiqué, les ministères de l’Agriculture et de la Santé ont évoqué jeudi une alerte sanitaire "d’ampleur, qui reste évolutive", assurant déployer une "surveillance continue" du dossier.

"À ce stade, il n’a pas été mis en évidence de lien de causalité entre la consommation des laits infantiles concernés et la survenue de symptômes chez des nourrissons", ont-ils fait valoir.

- Fournisseur chinois -

"La conjonction des deux choses n’est pas établie, c’est ça que l’enquête va déterminer", a confirmé la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, en déplacement dans la Manche, disant suivre le dossier "avec très grande vigilance".

"Il est de la responsabilité des entreprises de réaliser des contrôles et de rappeler les lots contaminés", a-t-elle insisté.

Le rappel diligenté par Nestlé concerne une soixantaine de pays parmi lesquels la France, et le patron du géant suisse, Philipp Navratil, a présenté des excuses à la mi-janvier, alors que le groupe est accusé par certaines ONG d’avoir tardé à prendre des mesures.

Mercredi, le groupe français Lactalis a également annoncé un vaste rappel de lait infantile dans plusieurs pays, notamment la France, la Chine, l’Australie et le Mexique.

Selon les ministères de l’Agriculture et de la Santé, ce retrait est, comme pour celui de Nestlé, lié à un ingrédient soupçonné d’être source de la contamination, « une huile riche en acide arachidonique utile au bon développement des bébés, produite par un fournisseur chinois ».

"À ce jour, l’ensemble des fabricants de lait infantile au niveau mondial, dès lors qu’ils ont eu recours à de l’huile riche en acide arachidonique de ce fournisseur, doivent conduire une analyse de risque leur permettant d’évaluer la sécurité de chacun des lots", ajoutent-ils.

L’ONG Foodwatch a annoncé mercredi porter plainte contre X pour "faire la lumière" sur ces rappels, affirmant que "des millions de nourrissons dans le monde étaient concernés".

AFP

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3 Commentaires
GHERARDI
GHERARDI
1 mois

Les géants de l’agroalimentaire vendent le poison, tout en investissant dans le contrepoison des entreprises pharmaceutiques. 

Aujourd'hui nous pouvons entraver ces faiseurs de mort en faisant appliquer les lois du Journal officiel de la République Française et devenir un lanceur d'alerte si nécessaire.

LOI
JORF 23 janvier 2026 texte 90 sur 112  Avis aux opérateurs relatif à la suspension d’importation, d’introduction et de mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux, en France, de denrées alimentaires provenant de pays tiers à l’Union européenne contenant des résidus de certaines substances actives phytopharmaceutiques interdite d’utilisation dans l’Union européenne.....    Vu l’arrêté du 5 janvier 2026 portant suspension d’importation, d’introduction et de mise sur le marché à titre gratuit ou onéreux, en France, de denrées alimentaires provenant de pays tiers à l’Union européenne contenant des résidus de certaines substances actives phytopharmaceutiques interdites d’utilisation dans l’Union européenne,                                                Les importations, introductions et mises sur le marché en France des denrées alimentaires produites dans un pays tiers de l’Union européenne et contenant des résidus quantifiables de substances actives dangereuses, telles que mentionnées dans le tableau ci-dessous sont suspendues.                              Les exploitants du secteur alimentaire et du secteur de l’alimentation animale mettent en œuvre des diligences raisonnables aux fins de s’assurer, conformément à l’article 17 du règlement (CE) n° 178/2002, que les denrées alimentaires qu’ils importent, introduisent ou mettent sur le marché en France sont conformes à cette suspension..... 

ALERTES
JORF 23 janvier 2026 texte 17 sur 112Arrêté du 19 novembre 2025 modifiant l’arrêté du 24 juillet 2019 pris pour l’application, dans les ministères économiques et financiers, du décret no 2017-564 du 19 avril 2017 relatif aux procédures de recueil des signalements émis par les lanceurs d’alerte au sein des personnes morales de droit public ou de droit privé ou des administrations de l’Etat..........
JORF 23 janvier 2026 texte 74 sur 112Commission nationale de l’informatique et des libertés Délibération no 2025-132 du 18 décembre 2025 portant modification du règlement intérieur de la Commission nationale de l’informatique et des libertés....Art. 3. –  Art. 23. – Protection des lanceurs d’alerte. 

AGISSONS

Une grand-mere
Une grand-mere
1 mois

2 bébés morts , peut-etre à cause d'un lait qui a fait l'objet de rappels du fabricant.
Mais qui a entendu parler de ce rappel? Pour un rvenement aussi grave, aucune publicité.
Qui a deja entendu parler de cette huile Chinoise utile pour la croissance des bébés?
Qui a deja vu un spot publicitaire promouvant l'allaitement maternel?
Y a-t-il dans l'article un encadré sur les laits concernés?
Est-ce aux parents d'aller à la pêche à l'info ou est-ce l'info qui doit venir à eux?

Aa aa
Aa aa
1 mois

Et à aucun moment on ne pointe du doigt le lobbying intense de ces industries agro-alimentaires contre le seul moyen naturel et sécuritaire de nourrir un bébé : l’allaitement maternel...sans compter que peu est fait pour aider les mères qui veulent poursuivre leur allaitement après les 2,5 mois de congés mat