Référendum sur les mesures d'austérité

Le "non" grec fait réagir à La Réunion

  • Publié le 6 juillet 2015 à 04:50
Drapeau européen

Le rejet massif des Grecs (61,31 %) du "plan d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI", lors du référendum de ce dimanche 5 juillet 2015, a suscité de nombreuses réactions, y compris à La Réunion.

  • Huguette Bello (députée de La Réunion) : "Ce référendum restera gravé dans la mémoire des peuples"

" La démocratie vient de renaître en Grèce. En donnant la parole à ses concitoyens, le Premier ministre Alexis Tsipras a choisi de respecter les engagements qu’il a pris vis-à-vis du peuple grec il y a cinq mois.

En votant à plus de 61% contre le nouveau plan d’austérité, les Grecs n’ont cédé ni à un chantage aussi généralisé que multiforme, ni aux peurs agitées par les puissants, ni au pouvoir de l’argent. Les citoyens grecs se sont exprimés avec liberté et dignité. Toutes les sirènes du monde ont chanté en vain. Ils ne méconnaissent pas les difficultés qui les attendent. Mais plutôt que de s’en remettre aux calculs, aux arrangements et aux petits profits, ils ont choisi de renouer avec leur propre avenir.

C’est pourquoi leur " oxi " résonne si fort en chacun d’entre nous. C’est pourquoi ce référendum du 5 juillet restera dans l’histoire de la Grèce et de l’Europe, mais sera aussi gravé dans la mémoire des peuples. Toute la question est de savoir si les institutions et les dirigeants européens seront à la hauteur de ce vote. "

  • Thierry Robert (député-maire de Saint-Leu) : "Solidarité OUI, responsabilité aussi !"

" Le peuple grec vient de se prononcer massivement en faveur du NON au plan d'aides proposé par les institutions européennes et les bailleurs de fonds internationaux.

Je crois qu'il ne faut pas, ici, avoir qu'une seule grille de lecture. Il y a une réalité humaine qui est celle de la souffrance quotidienne de millions de personnes. Et il y a une ténacité des faits qui ont conduit à la situation sans précédent que connaît la Grèce aujourd'hui, qui font apparaître une responsabilité, ou plutôt une irresponsabilité collective. Cela, les uns doivent l'entendre raisonnablement et les autres doivent l'assumer avec responsabilité car il est dangereux de laisser désigner l'Europe comme le bouc émissaire de la réalité quotidienne d'une grande partie des citoyens européens qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts.

De cette épreuve, l'Union européenne doit faire la démonstration de sa capacité à dépasser les crispations nationales pour trouver une solution collective et dont tout le monde bénéficiera. C'est vital et cela sera, je l'espère, l'objectif des dirigeants européens à l'occasion du sommet de la zone euro annoncé pour mardi car il y a une certitude, nous serons tous potentiellement impactés par les turbulences qui vont découler de ce vote, n'en déplaise à ceux qui croient la France à l'abri de tout dégât collatéral.

Le peuple grec a choisi, la démocratie s'est exprimée. Pour autant, je le dis, le salut du peuple grec ne peut passer que par l'Europe, solidaire, combative et en confiance avec l'ensemble des membres de la zone Euro. La Grèce doit rester dans l'UE sous peine de créer une déstabilisation toute entière du bloc européen et de précipiter les plus fragiles de nos partenaires (Espagne, Portugal, Irlande) dans une situation similaire à celle de la Grèce.

Nous, citoyens européens, pays européens, nous allons désormais devoir comprendre les conséquences de ce vote et faire face à de nouvelles inconnues, au moins aussi anxiogènes : Quelle issue pour la Grèce? Quel avenir pour la zone euro ? Ne vient-on pas d'ouvrir la boîte de Pandore qui remet en cause l'idéal européen ? 

Il est plus qu'urgent de repenser l'Europe. Nous devons revenir à l'idée européenne de l'union et de la solidarité afin d'avancer ensemble dans un monde à l'économie mondialisée. L'esprit de l'Europe, c'est notre capacité à être solidaires, combatifs, ensemble ! Un élargissement précipité et l'absence d'Europe politique sont à l'origine d'une situation où l'idéal européen se retrouve affaibli. L'avenir de l'Europe doit être politique, c'est urgent. "

  • Jean-Hugues Ratenon (Rézistans-ARCP) : "La victoire de la dignité du peuple grec"

" Avec le NON qui l’emporte, c’est la victoire de la dignité du peuple grec. Belle leçon de démocratie et de courage démocratique du Premier ministre Tsipras.

Toutes les manipulations et pressions du système ont échoué. La résistance imposée par le vote du peuple grec doit donner de l’espoir aux autres populations d’Europe pour qu’enfin cesse la politique d’austérité qui nous entraîne vers le chaos économique et social.

La remise en cause des acquis sociaux, du service public, doit faire l’objet d’un grand mouvement populaire partout en Europe et pas seulement en Grèce.

Notre soutien au NON est dans la logique même de notre orientation depuis toujours, à savoir une politique plus humaine contre le tout finance. Souhaitons que les bourreaux du social européens acceptent d’écouter la population grecque (...).

Nous devons plus que jamais soutenir une autre politique car tout ce qui se passe en Europe, nous impacte directement. A La Réunion, la corruption, la manipulation et la dilapidation de l’argent public au détriment d’un cadre de vie meilleur pour la population doit être aussi mis en échec. "

  • Hugues Maillot (Debout la France) : "Un non porteur d’espoir pour l’Europe et pour La Réunion"

" Ce 5 juillet 2015, les Grecs n'étaient pas appelés à voter  pour ou contre l'Europe mais à se prononcer  sur un projet d'accord proposé par l'Union européenne et considéré comme inacceptable par leur gouvernement.

(...) En refusant cet accord, le peuple Grec a rappelé aux dirigeants européens que seuls les peuples sont souverains en démocratie. Ce vote nous ramène aussi à une réalité juridique implacable : la valeur des règles dictées par les traités européens n'est pas supérieure à celle de la souveraineté des peuples ; le "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes" disait le général de Gaulle. 

Ce NON renforce ainsi tous ceux qui, comme Debout la France, aiment l'Europe mais entendent obtenir la renégociation des textes qui, du traité de Maastricht de 1992 au Pacte budgétaire de 2013, ont affaibli économiquement et politiquement le continent européen dans la mondialisation.

Il porte un véritable espoir de changement pour tous les Européens et notamment pour les Réunionnais. Nous avons besoin d'une Europe qui protège et qui libère notre potentiel de développement, pas d'un carcan réglementaire inique. Vive la Grèce et vive l'Europe ! "

  • Le Parti de Gauche : "Un signal fort pour tous ceux qui se battent contre les politiques d’austérité"

" Le peuple grec s'est exprimé clairement et fortement. Avec plus de 61 % de Non au référendum, le peuple qui a inventé la démocratie soutient son gouvernement, Syriza, dans son refus de céder au chantage permanent de l'austérité sans fin organisé par le FMI, la BCE et les gouvernements européens. La résistance et la victoire du peuple grec, et de son gouvernement plus que jamais légitimé, sont un signal fort pour tous ceux qui se battent en Union européenne et au-delà contre les politiques

austéritaires de régression sociale, au nom de la souveraineté des peuples. Nous saluons la victoire des Grecs contre les pressions financières qui condamnent l'économie de leur pays à l'asphyxie, l'austérité aggravant partout où elle est pratiquée la crise.

Nous exigeons de François Hollande et du gouvernement français qu’ils se rangent enfin du côté du peuple grec. Il faut enfin reprendre des discussions sérieuses sur les bases de la renégociation de la dette et du mandat défendu par Alexis Tsipras. La crise de l'euro n'est pas financière, elle est désormais politique, celle d'une Europe qui a trop oublié ses peuples. "

  • Demain La Réunion : "Les Grecs ont ouvert un chemin"

" Le peuple grec a choisi à plus de 60% le NON lors du référendum du 5 juillet 2015. C’est une deuxième grande victoire contre l’austérité imposée. Après le vote en janvier dernier plaçant M. Tsipras aux commandes du drapeau grec, ces résultats sont l’illustration du refus d’une Europe dictée par les finances, les créanciers et la technocratie – qui n’hésitent pas à nier le suffrage universel.

Le message pour une Europe politique, sociale, plus humaine est clairement lancé. Les dirigeants européens et français devraient s’en inspirer pour éviter un autre déni de démocratie – comme celui du référendum de 2005.

Les Grecs ont ouvert un chemin, celui de la démocratie qui éclaire l’horizon. Il conviendra de respecter cette orientation et imaginer une autre politique pour ne pas sacrifier l’avenir. "

www.ipreunion.com

guest
3 Commentaires
sam1871
sam1871
10 ans

Tant qu'on ne sortira pas de cette dictature de l'UE, rien ne changera !
Regardez ce qui se passe en Grèce ! Syriza gagne le référendum mais les créanciers exigent la tête de Varoufakis et que fait Tsipras ? Il la leur donne !!!
Il est IMPOSSIBLE de renégocier les traités de l'UE puisque pour cela il faut L'UNANIMITÉ de TOUS les membres ! Or, obtenir l'unanimité des 28 est mathématiquement IMPOSSIBLE donc ceux qui vous vendent la renégociation des traités (FN, Debout la Fance, le FDG et d'autres) sont des menteurs et des manipulateurs tout comme Syriza qui trahi son peuple depuis 6 mois déjà !

payetlepaillou
payetlepaillou
10 ans

BRAVO LA GRECE!!!

pilleurs et assoifés de pouvoirs et de fric
pilleurs et assoifés de pouvoirs et de fric
10 ans

Heuuuuu un mot de la Chère Droite locale ?
Oui ? Non ? Pas maintenant ? Zot y en fou ? Zot la pas compris un naffaire ?
pfffffff

( bon juste pou dire : la corruption, les fraudes, les magots planqués en Suisse, ça suffit !
Ce n'est pas aux plus pauvres des grecs de subir. Idem pour la France)