Grève à la Sermat (actualisé à 17 heures 45)

Les négociations ne donnent rien

  • Publié le 7 mai 2013 à 17:45
Dockers

Les négociations entre les dirigeants du GIE (groupement d'intérêt économique) Sermat et les dockers n'ont pas abouti ce mardi 7 mai 2013 après-midi. L'inspection du travail a reçu une par une les deux parties mais elles campent sur leur position. Les grévistes ont préféré quitter le lieu des négociations. "Nous ne rompons pas le dialogue. Les trois acconiers se concertent mais nous ne pouvons pas rester comme cela indéfiniment", explique Danio Ricquebourg, délégué syndical de la CGTR Sermat Ports et Docks. Ce dernier affirme, toutefois, que les dockers sont prêts à dialoguer vendredi "à condition que l'intérêt de La Réunion soit pris en compte". Pour sa part, François Xavier Brault, président de la Sermat, et directeur de la SOMACOM, ne s'est pas dit optimiste pour une reprise rapide du travail. "La responsabilité de cet arrêt du Port, dans une phase de négociations qui devait durer jusqu'au 15 mai, est un non respect des accords pris", regrette-t-il.

Ce mardi après-midi, lors de ces nouvelles négociations, il s’agissait de trouver une solution à la grève des travailleurs de la Sermat qui paralysent l’enceinte portuaire depuis vendredi dernier. L'inspection du travail a reçu, tout d'abord, les trois acconiers, actionnaires du GIE, M. Manteuffel (SAMR), M. De Peindray (SGM) et François Xavier Brault (SOMACOM), puis les dockers. Mais les discussions n'ont rien donné.

Les grévistes ont même préféré quitter le lieu des négociations. "Les acconiers se concertent toujours. Nous nous sommes déplacés mais nous ne pouvons pas rester indéfiniment comme cela", a indiqué Danio Ricquebourg, avant d’espérer que les acconiers mettront à profit les deux jours fériés pour revoir leur position et proposer des solutions satisfaisantes pour les deux parties. "Ils sont responsables de cette situation. Mais, nous sommes disponibles à condition qu’on prenne en compte l’intérêt de La Réunion. Il faut arrêter de dire que le Port est en otage mais voir qui le prend véritablement. Ce ne sont pas les travailleurs qui sont en train de lutter pour conserver leur travail et qui sont compétents", a-t-il poursuivi.

Pour sa part, François Xavier Brault, président du Sermat, a émis le souhait de "rentrer très vite en dialogue et en contact" avec les grévistes. "Étant passé par médiateurs interposés, des visions ont été exposées. Maintenant, ils nous ont livré quelques voies de réflexion, il faut qu’on prenne du recul par rapport à cela. Nous avons surement une confiance à récupérer parce qu’elle a été rompue au fil du temps. Il y a eu aussi une fixation de la part des salariés de la Sermat de ne traiter que des sujets qui les intéressaient", a-t-il souligné.

Par ailleurs, François Xavier Brault ne s’est pas dit optimiste pour une reprise rapide du travail au Port-Est. "Maintenant, il va bien falloir que l’activité reprenne. La responsabilité de cet arrêt du Port, dans une phase de négociations qui devait durer jusqu’au 15 mai, est un non respect des accords pris", a-t-il conclu.

Pour rappel, le mouvement de grève des dockers de la Sermat a démarré vendredi dernier. Un mouvement, selon la CGTR Ports et Docks, en "réponse apportée au mépris affiché par les acconiers, tous trois actionnaires exclusif au sein du GIE SERMAT qui ont signifié le licenciement de 19 personnes et le transfert du reste du personnel au sein du autre société".

Les grévistes réclament la réintégration de la maintenance des portiques et des chariots cavaliers à la Sermat, alors que cette maintenance a été confiée à l'entreprise concurrente Kalmar, spécialisée dans la fabrication de ces machines. Ce qui, estiment ces derniers, permettrait de faire baisser les coûts à hauteur de 90 000 euros par mois et la création de 6 à 8 postes de techniciens.

À noter que, lors d'un point presse ce mardi matin, Danio Ricquebourg, délégué syndical de la CGTR Sermat Ports et Docks, a déclaré que "le port n’est plus aux Réunionnais", affirmant que les "grandes compagnies s’en servent comme garage pour rattraper leur retard et gagner en productivité". Il avait annoncé qu’une plainte serait déposée auprès du procureur pour abus de bien sociaux.

Un mouvement de grève similaire avait eu lieu en février dernier. Il avait duré cinq jours. Par ailleurs dans un communiqué publié ce mardi soir, l’AJFER-Nou lé kapab dit "apporter son soutien et sa solidarité aux manifestants qui luttent pour leurs emplois". Le collectif ajoute soutenir également "les déclarations du délégué syndical CGTR, Danio Ricquebourg. Ce dernier a expliqué que cette grève est la représentation du "problème de l’emploi en général à La Réunion" et qu’il s’agit  d’une question de "dignité des réunionnais". L’AJFER-Nou lé Kapab "s’associe à ces déclarations et rappelle qu’il y a des jeunes de La Réunion formés et disponibles capables d’occuper ces postes et que le Port doit rester plus que jamais aux Réunionnais".

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1 Commentaires
Momo
Momo
12 ans

Y en marre aussi des dockers, ils veulent avoir la main mise sur tout le port pour pouvoir bloquer encore plus efficacement l'économie de la Réunion. Ils sont déjà surpayé, une vraie "mafia syndicale" qui empoisonne tout le monde. Les propriétaires des chariots cavaliers sont encore libre de choisir les personnes ou entreprises pour leur entretien. Que vient faire le syndicat des dockers dans cette affaire.