Les réactions locales sur la composition du gouvernement "Valls II"

Les nouveaux ministres divisent La Réunion

  • PubliĂ© le 27 aoĂ»t 2014 Ă  10:18
Elus réunionnais

Dès ce mardi soir et l'annonce du nouveau gouvernement de Manuel Valls, les réactions ont fusé à La Réunion et se poursuivent ce mercredi 27 août 2014. Bien accueilli par les socialistes locaux et le monde de l'entreprise, ce remaniement "social-libéral" est en revanche très critiqué par l'opposition et nombre de représentants syndicaux et associatifs. Comme en métropole, ce sont les nominations d'Emmanuel Macron à l'Économie et de Najat Vallaud-Belkacem à l'Éducation nationale qui suscitent le plus de réactions.

"Chacun est jugé sur ses actes, alors pourquoi pas un banquier à la tête du ministère de l’Économie ?" Pour le président de la chambre de commerce et d’industrie de La Réunion, Ibrahim Patel, la nomination d’Emmanuel Macron, ancien banquier d’affaires chez Rothschild, est plutôt vue d’un bon œil. "Le Premier ministre a décidé de siffler la fin de la récréation et de la zizanie. C’est une très bonne chose (...). Il sera important de suivre la ligne fixée par le gouvernement pour les mois restant de cette mandature", a-t-il déclaré au micro de RTL Réunion.

L’opinion du patron de la CCIR n’est en revanche pas partagée par tout le monde sur l’île. "La finance était l’ennemie du candidat, elle est devenue l’amie du président", a ainsi réagi la présidente du conseil général Nassimah Dindar sur son compte Facebook. De même, pour le secrétaire départemental de Debout la République, Hugues Maillot, "La Réunion (...) ne manquera pas de subir les lourdes conséquences des choix d’un président de la République qui a finalement décidé de plaire à ses "ennemis" de la finance".

La critique la plus virulente vient toutefois du Parti de Gauche, selon lequel "ce reniement sonne comme l’acte final d’une pièce tragique". Dans un communiqué publié ce mercredi, il estime que "le gouvernement Valls 2 enlève ce qui restait encore de la gauche au sein du parti socialiste" et que "le nouveau ministre de l’Économie en est le plus triste exemple".

Dans le monde de l’éducation, la CGTR a été la première à dégainer un communiqué dès ce mardi soir pour réagir à la nomination de Najat Vallaud-Belkacem. "Déjà avec Benoît Hamon, nous ne cultivions pas trop d'illusions sur sa capacité à faire évoluer positivement le système éducatif, mais là avec Najat Vallaud-Belkacem, nous n’attendons rien, si ce n’est plus de contraintes budgétaires qui vont guider les choix éducatifs, financement du pacte de responsabilité oblige !", écrit Patrick Corré, secrétaire général de la CGTR Educ’action.

Des syndicats "désespérés" par le choix de Najat Vallaud-Belkacem

La première femme ministre de l’Éducation nationale ne trouve pas non plus grâce aux yeux de Marie-Laure Adam, secrétaire académique adjointe au SNETAA-FO. "On ne peut qu’être désespérés par cette décision...", lâche-t-elle. "M. Hamon n’a pas eu de bons résultats, mais c’était au moins quelqu’un qui menait une réflexion. Par exemple, il avait essayé de mettre un peu plus de légèreté dans la réforme des rythmes scolaires. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec une personne qui va simplement exécuter les ordres", déplore la responsable syndicale.

Quant à la nomination de Fleur Pellerin à la Culture, c'est l'inconnu qui prédomine du côté de Lolita Monga, auteur, metteur en scène, comédienne et organisatrice de la Marche pour la culture à La Réunion. "Je ne connais pas du tout cette femme, on va voir ce que cela va donner. Je ne l’ai jamais vue dans les milieux culturels, je ne l’ai jamais vue dans les spectacles vivants", confie-t-elle, jugeant "logique" le départ d'Aurélie Filipetti : "elle était en désaccord avec ce qu’elle faisait, notamment concernant le traitement du régime des intermittents".

Sans surprise, seuls les socialistes les locaux accueillent ce remaniement avec bienveillance. Pour la députée PS Monique Orphée, "le Premier ministre a apporté une réponse rapide et claire". Elle se félicite également que "des ministères importants soient confiés à des femmes : l’Écologie, la Justice, les Outre-mer, le Culture, la santé et enfin le ministère de l’Éducation". Premier secrétaire du PS réunionnais, Philippe Le Constant estime quant à lui que "ce remaniement montre la clarification qui s’est effectuée avec la constitution d’un gouvernement de personnes qui s’engagent à mettre en oeuvre la feuille de route du président et du Premier ministre".

Enfin, Nassimah Dindar a également fait part de sa "pointe de déception" de ne pas voir un Réunionnais entrer au gouvernement, elle qui avait écrit à François Holland et Manuel Valls pour leur souffler les noms des députés socialistes Jean-Claude Fruteau et Patrick Lebreton.

www.ipreunion.com

guest
1 Commentaires
gemijuco
gemijuco
11 ans

Pourquoi Najat BELKACEM a t-elle la double nationalité ? je n'apprécie pas du tout ce choix. J'ai l'impression qu'on a introduit le loup dans la bergerie ! On la verra à l'œuvre, mais il faudra beaucoup de réformes POSITIVES pour me faire changer d'avis, à suivre ...