Les temps sont durs pour les agriculteurs. Avec une sĂ©cheresse qui perdure dans l'Ăźle depuis plusieurs mois, les exploitants agricoles de La RĂ©union craignent de voir leur situation empirer dans les semaines Ă venir, notamment dans le Sud et l'Ouest, oĂč le dĂ©ficit pluviomĂ©trique est toujours important, comme l'a rappelĂ© le comitĂ© sĂ©cheresse la semaine derniĂšre. Par ailleurs, avec la montĂ©e des prix des cĂ©rĂ©ales au niveau mondial actuellement, l'inquiĂ©tude est de plus en plus vive. "Je ne sais pas comment on va faire pour s'en sortir", avoue, impuissant, Bernard Maratchia, vice-prĂ©sident de la CGPER (confĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale des planteurs et Ă©leveurs de La RĂ©union).
LâinquiĂ©tude monte chez les agriculteurs et ils tirent la sonnette d'alarme. Ce lundi 27 aoĂ»t 2012, une dĂ©lĂ©gation dâĂ©leveurs et de planteurs a dĂ©posĂ© une motion auprĂšs de la Saphir (sociĂ©tĂ© amĂ©nagement des pĂ©rimĂštres hydrauliques de lâĂźle de La RĂ©union) Ă Saint-Pierre. "On est venu demander de lâaide au conseil gĂ©nĂ©ral (principal actionnaire de la Saphir â ndlr) pour compenser les pertes quâon a subi Ă cause dâun manque dâirrigation en dĂ©but dâannĂ©e", explique Bernard Maratchia.
"Pendant 40 jours, on nâa pas pu irriguer nos exploitations parce que lâeau Ă©tait de mauvaise qualitĂ©", poursuit-il. En cause, l'arrĂȘt du captage du Bras de la Plaine et la mise en place d'un plan de restrictions dâusage de lâeau en raison de la sĂ©cheresse. "On demande au conseil gĂ©nĂ©ral de prendre en charge au moins 25% du montant de nos factures, comme cela a Ă©tĂ© fait pour le second semestre 2011", indique Bernard Maratchia.
Les agriculteurs espĂšrent rencontrer des responsables agricoles du DĂ©partement pour trouver des solutions. "Actuellement, la situation est catastrophique pour le monde agricole. Câest de toute façon trĂšs difficile quand on arrive plus Ă payer ses dettes. On a subi une sĂ©cheresse rude, on connaĂźt un hiver trĂšs trĂšs sec. Le prochain semestre risque dâĂȘtre dur Ă supporter pour nous", reconnaĂźt Bernard Maratchia. "Il est temps que les politiques prennent leurs responsabilitĂ©s pour sauver les milliers dâagriculteurs", estime-t-il.
Par ailleurs, les choses risquent de sâempirer avec la flambĂ©e des prix des cĂ©rĂ©ales. Avec la rĂ©vision Ă la baisse des prĂ©visions de rĂ©colte de maĂŻs et de soja aux Etats-Unis, le monde est confrontĂ© Ă une "crise grave" qui pourrait engendrer de "nouvelles tensions alimentaires comme en 2007-2008", annĂ©es des Ă©meutes de la faim dans les pays pauvres, a indiquĂ© l'organisme France AgriMer, rattachĂ© au ministĂšre de l'agriculture.
Dans les pays dĂ©veloppĂ©s, c'est principalement le secteur de l'Ă©levage qui pourrait faire les frais de cette nouvelle hausse du cours des cĂ©rĂ©ales. "On est aussi inquiets Ă ce niveau-lĂ . Câest certain que sâil y a des rĂ©percussions au niveau mondial, les Ă©leveurs de La RĂ©union seront touchĂ©s Ă©galement. Nourrir nos animaux nous reviendra plus cher", assure Bernard Maratchia.
Le ministre de l'Agriculture, StĂ©phane Le Foll, a assurĂ© de son cĂŽtĂ© ce samedi 25 aoĂ»t, que face Ă l'augmentation du prix des cĂ©rĂ©ales, "chacun devra faire des efforts" et qu'il allait en discuter la semaine prochaine avec la grande distribution. Lâobjectif est "dâassurer le maintien de la viabilitĂ© des Ă©levages, et en mĂȘme temps, dâĂ©viter dans un moment oĂč la consommation et le pouvoir dâachat sont dans une situation difficile, de tout rĂ©percuter sur le consommateur", a-t-il ajoutĂ©.
www.ipreunion.com
