Chine

Les tours de Canton

  • PubliĂ© le 25 juillet 2005 Ă  00:00
Juin 2005
Image de la ville de Canton (Chine)

Des dizaines de tours en construction dans une forĂȘt d'immeubles. Dans le ciel de canton, une ville immense d'une dizaine de millions d'habitants, le soleil livre un combat sans espoir avec le nuage de pollution qui recouvre, nuit et jour, la capitale de la province du Guangdong

Les Cantonnais, comme la plupart des citadins chinois, ont pris l'habitude de cette lumiĂšre grisĂątre. Étrangement, dans la frĂ©nĂ©sie cantonnaise, ils restent zen, accompagnant stoĂŻquement un boum Ă©conomique sans prĂ©cĂ©dent sur la planĂšte. Peut-ĂȘtre parce que chaque matin, dans les jardins publics, ils se retrouvent par milliers pour des sĂ©ances d'exercices physiques, de tai-chi ou de danse. Signe que la modernitĂ© n'a pas encore totalement mangĂ© la tradition.

Un étage par jour

Mais pour combien de temps encore ? Dans le vieux Canton, tout prÚs du célÚbre marché Xingping, on placarde, chaque jour, des pancartes annonçant de prochaines démolitions. Les vieilles bùtisses laisseront place à de nouvelles tours, qui abriteront bureaux ou logements. "Impossible de dire combien d'immeubles sont livrés chaque semaine", lùche Cheng Kang, secrétaire général adjoint du bureau des affaires étrangÚres de la province. "Mais le rythme de construction habituel est d'un étage par jour".
À ce rythme, les autoritĂ©s sont rapidement dĂ©bordĂ©es par l'Ă©nergie crĂ©atrice des hommes d'affaires. "Un entrepreneur demande un permis de construire pour une tour de quinze Ă©tages. En deux semaines de plus, il en construit trente et personne n'a le temps d'intervenir. C'est la politique du fait accompli", explique Cheng Kang, qui ajoute toutefois que la municipalitĂ© de Canton est "en train de reprendre les choses en main".

Électronique de pointe et fringues branchĂ©es

"Officiellement, et par ses technocrates, la Chine est bien un pays communiste mais en rĂ©alitĂ©, le business commande tout", ironise un employĂ© du consulat gĂ©nĂ©ral de France Ă  Canton. Ce mĂȘme business qui permet aux magasins ultramodernes de Beijing Lu (rue de PĂ©kin) de rester ouverts jusqu'Ă  23 heures. De l'Ă©lectronique de pointe aux fringues les plus branchĂ©es, la
Chine affiche fiÚrement son appartenance au monde consumériste moderne. Et encore, Canton n'est rien à cÎté de Hong-Kong ou Shenzhen, situées à moins de 200 kilomÚtres de là. Deux villes qui comptent parmi les références du capitalisme à la chinoise. En 1979, Shenzhen comptait une dizaine de milliers d'habitants. Maintenant, ils sont quatre millions.
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