"Vous savez, j'ai une mĂ©moire d'Ă©lĂ©phant... j'aurais pu ĂȘtre dans votre religion, tellement j'ai une mĂ©moire d'Ă©lĂ©phant" : ce sont ces propos tenus le 12 novembre dernier lors d'une rĂ©union par la proviseure du lycĂ©e Amiral Lacaze que pointe la CGTR Educ'action. Dans un courrier adressĂ© au recteur, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat Patrick CorrĂ© Ă©voque des "propos que d'aucuns pourraient considĂ©rer comme discriminatoires et racistes", qu'il juge "inadmissibles et intolĂ©rables".
"Le 12 novembre 2013, au cours dâune rĂ©union de direction, la proviseure du lycĂ©e Amiral Lacaze sâest cru autorisĂ©e de tenir les propos suivants Ă lâencontre dâun de nos collĂšgues : "vous savez, jâai une mĂ©moire dâĂ©lĂ©phantâŠj âaurais pu ĂȘtre dans votre religion, tellement jâai une mĂ©moire dâĂ©lĂ©phant", fin de citation (faisant allusion au Dieu Ganesh)", Ă©crit la CGTR Educâaction qui "considĂšre que de tels propos que dâaucuns pourraient considĂ©rer comme discriminatoires et racistes sont inadmissibles et intolĂ©rables, Ă fortiori prononcĂ©s dans lâenceinte dâun Ă©tablissement scolaire ou lâexemple doit ĂȘtre donnĂ© par le reprĂ©sentant de lâEtat, de lâEple quâest le chef dâĂ©tablissement".
La CGTR Educâaction rappelle que "les articles L225-1 et suivants du code pĂ©nal sanctionnent la discrimination notamment fondĂ©e sur l'appartenance ou la non-appartenance Ă une religion. Enfin, l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant statut des fonctionnaires leur garantit le droit de ne pas ĂȘtre discriminĂ© pour leurs convictions religieuses."
"La question de la discrimination prend une rĂ©sonance toute particuliĂšre dans notre Ăźle au regard de notre histoire mouvementĂ©e et douloureuse, de notre multiculturalisme marquĂ© par le respect des diffĂ©rences. Câest un sujet hautement sensible sâil en est et il faut Ćuvrer Ă ce que lâĂ©quilibre de notre sociĂ©tĂ© ne soit pas mis Ă mal par des propos qui sont Ă honnir tant ils sont dĂ©testables et porteurs dâexclusion", poursuit le syndicat, interpellant ensuite le recteur : "Aussi, nous vous serions grĂ© de bien vouloir nous indiquer les suites que vous entendez rĂ©server Ă cette affaire afin que la tolĂ©rance zĂ©ro prĂŽnĂ©e par le prĂ©sident de la RĂ©publique lui-mĂȘme devienne une rĂ©alitĂ© au sein de notre acadĂ©mie."
