Alors que le monde doit faire face Ă une crise migratoire sans prĂ©cĂ©dent, le conseil de sĂ©curitĂ© des nations unies a autorisĂ© ce vendredi 9 octobre 2015 l'Union europĂ©enne Ă durcir sa lutte contre les passeurs. DĂ©sormais, en MĂ©diterranĂ©e, l'Europe pourra faire usage de la force pour arraisonner les embarcations de migrants venues de Libye. Mais dans le mĂȘme temps, Ă Mayotte, la lutte contre l'immigration clandestine doit faire face Ă un manque de sanctions exemplaires.
En 2014, 19 991 reconduites à la frontiÚre ont été réalisées à Mayotte. A l'époque, le chiffre dévoilé par la préfecture du 101e département était en forte hausse par rapport à 2013. Et cette année, l'ßle aux parfums pourrait bien dépasser la barre des 20 000 migrants illégaux. Depuis le début de l'année 2015, au moins 12 000 reconduites à la frontiÚre ont été réalisées.
Afin de répondre à cette montée de l'immigration clandestine, un nouveau centre de rétention administrative a récemment ouvert. Ce CRA - "répondant aux normes européennes" - peut notamment compter sur le renfort de 44 ans agents de la police aux frontiÚres annoncé par le premier ministre Manuel Valls lors de sa venue sur le 101e département en juin dernier.
Mais pour lutter cette arrivĂ©e massive de migrants venus essentiellement des Comores et de Madagascar, la France dispose d'une arme lĂ©gale normalement dissuasive : le CESEDA, pour code de lâentreÌe et du seÌjour des eÌtrangers et du droit dâasile. Ce texte prĂ©voit notamment des sanctions exemplaires pour les passeurs et autres marchands de sommeil mahorais.
Ainsi, "toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, faciliteÌ ou tenteÌ de faciliter lâentreÌe, la circulation ou le seÌjour irreÌguliers, dâun eÌtranger en France sera punie dâun emprisonnement de 5 ans et dâune amende de 30 000 euros." Et la peine monte Ă 10 ans dâemprisonnement et de 750 000 euros dâamende lorsque les infractions "sont commises dans des circonstances qui exposent directement les eÌtrangers aÌ un risque immeÌdiat de mort."
"Aucun recul nâest enregistreÌ"
Pour rappel, le naufrage d'un kwassa au large de Petite-Terre a causĂ© la mort de 3 personnes et la disparition de 19 autres individus le 28 septembre dernier. Alors que le bras de mer situĂ© entre l'Ăźle comorienne d'Anjouan et Mayotte est devenu un vaste cimetiĂšre marin, France Mayotte Matin se demande "pourquoi la loi ne fait-elle pas reculer le pheÌnomeÌne migratoire qui ne cesse chaque anneÌe de prendre de lâampleur."
Le quotidien mahorais estime que "beaucoup de Français aÌ Mayotte risquent gros, notamment les vendeurs de sommeil et les exploitants de la miseÌre humaine." Mais du cĂŽtĂ© de la justice, les verdicts des tribunaux ne sont pas assez dissuasifs. Le journal prend l'exemple de trois individus jugĂ© en correctionnelle dâavoir mis en place un trafic de clandestins via des kwassas. "MalgreÌ leurs aveux, tous les 3 ont pu rentrer chez eux sans eÌtre inquieÌteÌs", regrette le mĂ©dia.
Les peines lourdes n'ont aucun effet sur la lutte contre l'immigration clandestine qui selon FMM "ne cesse dâimpacter lâeÌconomie locale." "Aucun recul nâest enregistreÌ et une eÌconomie paralleÌle prospeÌre sâest installeÌe, graÌce aux revendeurs dâeÌnergie, dâeau, de patrons embaucheurs de clandestins, dâagriculteurs ayant besoin de main-dâĆuvre, de fonctionnaires qui doublent leurs emplois en faisant conduire des taximen en brousse", souligne France Mayotte Matin.
Face à cette situation, un observatoire de l'immigration a été créé à Mayotte. Les premiÚres nominations de ses membres ont eu lieu ce 8 octobre 2015. Cette institution doit se réunir une fois par semestre et "proposer au gouvernement les mesures d'adaptation rendues nécessaires par les caractéristiques locales." Reste à voir si cette nouvelle initiative sera suivie de résultats concrets.
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Les migrants fuient la misĂšre et le chomage