HÎpitaux - Dignité des patients

Non aux blouses qui laissent les fesses Ă  l'air

  • PubliĂ© le 24 aoĂ»t 2012 Ă  05:30
Non aux blouses qui laissent les fesses Ă  l'air

"Pour des chemises d'hÎpital respectant la pudeur et la dignité des patients". Voilà l'intitulé d'une pétition qui circule sur internet depuis fin juillet. A l'initiative du médecin-blogueur Farfadoc, cette pétition vise à protester contre les blouses ouvertes dans le dos, qui, si elles facilitent le travail du personnel hospitalier, ont tendance à dévoiler les parties intimes des patients. Lancée il y a 22 jours, cette pétition a déjà recueilli 11 890 signatures. A noter par ailleurs que le CHU de Nßmes a annoncé qu'à partir du mois de septembre, l'hÎpital ne distribuera plus que des blouses à pression sur le cÎté.

De la dignitĂ© pour les patients. C’est ce que rĂ©clame la pĂ©tition lancĂ©e Ă  la fin du mois juillet sur internet par le mĂ©decin de famille Farfadoc. S’insurgeant contre les blouses d’hĂŽpital qui s’ouvrent dans le dos, laissant les fesses des patients apparentes, le texte de la pĂ©tition prĂ©conise de mettre en Ɠuvre "des solutions alternatives afin de garantir le respect de la dignitĂ© des patients, tel que l'usage de robes similaires Ă  celles utilisĂ©es dans les hĂŽpitaux anglais et amĂ©ricains".

Il est vrai que les blouses qui sont utilisĂ©es dans les hĂŽpitaux français, si elles s’avĂšrent pratiques pour le personnel hospitalier puisqu’elles permettent de changer rapidement les patients et de mettre facilement des bassins, ne font pas l’unanimitĂ© chez les patients et dans le corps mĂ©dical.

AnaĂŻs, 23 ans, a Ă©tĂ© hospitalisĂ©e il y a deux ans pour se faire enlever les dents de sagesse. Elle tĂ©moigne d’une "expĂ©rience horrible" avec la fameuse chemise d’hĂŽpital. "Je ne suis pas restĂ©e longtemps avec la blouse, mais pour moi, c’était vraiment gĂȘnant de me retrouver sans rien pour me couvrir, surtout qu’il faisait froid", confie-t-elle. "D’autant plus que je suis plutĂŽt pudique, j’étais dans une pĂ©riode dĂ©licate pour une fille, et manque de chance, il n’y avait que des hommes dans le personnel soignant qui s’est occupĂ© de moi", poursuit-elle.

De son cĂŽtĂ©, Sarah, 35 ans, a d’ores et dĂ©jĂ  fait deux sĂ©jours Ă  l’hĂŽpital en tant que patiente. "La blouse qui s’ouvre dans le dos, je n’y ai pas vraiment portĂ© attention", dit-elle. "J’ai effectuĂ© des courts sĂ©jours Ă  l’hĂŽpital. ForcĂ©ment, ce n’est pas trĂšs agrĂ©able de porter ce type de blouse, surtout s’il y a du monde dans la chambre ou dans les couloirs, mais j’imagine que c’est pour faciliter l’accĂšs aux soins du patient", continue-t-elle. "Quand les sĂ©jours sont plus longs, ce doit ĂȘtre un peu plus embĂȘtant", estime tout de mĂȘme Sarah. 

C’est un mĂ©decin de famille qui a lancĂ© la pĂ©tition "Pour des chemises d’hĂŽpital respectant la pudeur et la dignitĂ© des patients". En 22 jours, la pĂ©tition de Farfadoc avoisine dĂ©jĂ  les 12 000 signatures. Le dĂ©tonateur de ce texte a Ă©tĂ© le billet d’humeur d’une jeune kinĂ©sithĂ©rapeute, intitulĂ© "DignitĂ©, mes fesses !", publiĂ© sur son blog personnel "Le kinĂ©, ce hĂ©ros ? Si on en parlait
".

Le problĂšme des blouses ouvertes dans le dos n’est pas nouveau. Il avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© soulevĂ© en 2007 par une autre blogueuse, Jaddo, Ă©galement mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste, qui se rĂ©voltait contre le manque de respect de la pudeur des patients au bloc opĂ©ratoire.

Mercredi 22 aoĂ»t, on apprenait que le CHU de NĂźmes travaillait depuis un an Ă  la conception d’une blouse plus "digne" pour les patients. Ainsi, sur le site internet RĂ©seau-CHU, l’hĂŽpital a indiquĂ© que d’ici le mois de septembre, 7 000 chemises "ne s’ouvrant plus sur les fesses mais latĂ©ralement par bouton-pression" allaient ĂȘtre livrĂ©es. Exit donc les blouses qui dĂ©voilent les fesses des parents.

Notons enfin que suite Ă  la pĂ©tition de Farfadoc, Marisol Touraine, la ministre de la SantĂ©, a indiquĂ© qu’elle a "saisi les services du ministĂšre" pour qu’ils lui fassent des propositions. "Je partage le sentiment qui est le vĂŽtre, Ă  savoir que l'intimitĂ© de la personne doit ĂȘtre respectĂ©e dans l'ensemble du processus de soins, sans toutefois que ce respect perturbe la pratique des personnels soignants ", a poursuivi la ministre.

www.ipreunion.com

 

 

 

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2 Commentaires
binou13
binou13
13 ans

je suis entiÚrement d'accord car je me suis fait opérée récemment et non seulement on voyait mon intimité mais en plus pas a ma taille ce qui est encore plus désolant ...en tout cas moi je n'était pas a mon aise et je trouvais que mon intimité n'était pas respecté......

Une usager révoltée
Une usager révoltée
13 ans

Le chemin pour la dignitĂ© est encore long Ă  parcourir hĂ©las. Car comment accepter Ă  notre Ă©poque qu'il existe encore dans des Ă©tablissements devenus tout rĂ©cemment CHU, des chambres Ă  3 lits, exiguĂ«s, non pourvues de coin toilette, ...... et oĂč le patient incapable de se rendre dans les toilettes communes, est obligĂ© de faire ses besoins devant ses voisins de chambre ? Je ne trouve aucun respect pour le patient ni mĂȘme pour le personnel qui y travaille. Mesdames, messieurs les Ă©lus venez faire un tour dans ces hĂŽpitaux et vous ne serez pas au bout de vos surprises. Alors qu'attentez-vous pour rĂ©agir ?