Au terme d'une campagne très courte et quasi inexistante sur l'île, les élections européennes ont été marquées à La Réunion par une abstention record (79,64 %) et l'effritement continu du parti socialiste qui n'a pas profité à l'UMP mais au Front national. Autoproclamé "premier parti de France", le FN n'arrive qu'en quatrième position à La Réunion, mais avec un score de près de 13 % jamais atteint auparavant. En dehors de l'extrême-droite, le député sortant Younous Omarjee (Union des Outre-mer) - réélu d'une courte tête - est le seul gagnant d'un scrutin ayant porté un coup sévère à la démocratie.
Un électeur sur cinq. À peine plus de 120 000 votants pour 600 000 inscrits, soit 60 000 de moins qu’en 2009. À ce stade, les Réunionnais n’ont pas boudé les élections européennes, ils leur ont clairement tourné le dos, ce que ni la fête des mères, ni le festival du Sakifo ne peuvent expliquer.
Il y a d’abord un désintérêt pour l’élection complexe d’un député qui siègera au sein d’un parlement européen bien éloigné de l’océan Indien, et dont le fonctionnement et le rôle demeurent obscurs pour pas mal d’électeurs.
Les politiques n’ont sans doute pas saisi à quel point cette Union européenne et ces élections demeuraient floues et abstraites dans l’esprit des gens. Avec un nombre impressionnant de listes (19), mais très peu d’affiches électorales. Avec des enjeux très importants, mais des débats inexistants et aucune pédagogie. Seuls Europe Écologie et les jeunes centristes de l’alliance UDI-MoDem ont tenté de soulever quelques questions lors d’une campagne électorale plus morne que jamais.
Les deux partis les plus europhiles n’en ont d’ailleurs pas été récompensés, les écologistes voyant leur score baisser de 5 points par rapport à 2009 (8,44 % contre 13,35 %), l’Alternative centriste récoltant elle à peine plus que le seul MoDem il y a cinq ans (9,10 % contre 8,28 %).
À l’inverse, c’est le parti le plus rétif à l’idée européenne, le Front national, qui a cueilli tous les fruits de ces élections. Ce qui tendrait à prouver que le désintérêt pour le scrutin s’accompagne aussi d’un désaveu d’une Union européenne accusée de tous les maux par le FN. Avec un total de près de 15 000 voix, Marie-Luce Brasier récolte certes beaucoup moins de suffrages que Marine Le Pen en 2012 lors de l’élection présidentielle (un peu plus de 37 000), mais avec trois fois moins de votants ! Absent de l’Outre-mer lors des européennes de 2009, le parti de Marine Le Pen fait bien un retour fracassant à La Réunion, avec 12,96 % en 2014 contre seulement... 1,46 % en 2004.
Omarjee élu avec 5 % des inscrits...
La percée du FN fait un grand blessé, le parti socialiste, qui chute à 15,50 % soit plus de 7 points de moins qu’en 2009 (22,99 %). L’écart apparaît surtout énorme avec le score de François Hollande au premier tour de la présidentielle seulement 2 ans auparavant : 53,29 % ! Victime d’une campagne atone à La Réunion, le PS local l’est aussi de l’impopularité abyssale du président de la République et d’un gouvernement apparaissant comme totalement inféodés aux desiderata de l’Union européenne.
L’UMP se serait bien vue profiter du délabrement socialiste qui se vérifie un peu plus chaque jour. Mais la droite locale a subi le même contrecoup qu’au niveau national en obtenant un score inférieur à celui de 2009 (22,18 % contre 23,75 %).
Seul Younous Omarjee a donc des raisons de se réjouir de l’issue de ce scrutin, bénéficiant de la prime au sortant mais aussi d’une image de parlementaire sérieux et surtout non-cumulard. Élu sous l’étiquette de l’Union des Outre-mer, soutenu par le PCR sans que cela ne le plombe, Omarjee préserve son siège d’une courte tête (24,74 % sur le secteur océan Indien contre 24,27 pour l’UMP). Mais avec quelle légitimité ? 34 239 voix obtenues sur La Réunion et Mayotte, soit 5,06 % des inscrits...
Abstention massive d’un côté, poussée de l’extrême-droite de l’autre : voilà des signaux alarmants sur la situation d’un système démocratique à bout de souffle et en péril, y compris à La Réunion. Plus qu'un rejet de l'Europe plane celui des politiques de tous bords. Mais ce lundi, les premières réactions des responsables locaux ou des candidats battus étaient de se féliciter là d’avoir "limité la casse", ici d’avoir réalisé un score "honorable" ou encore de rejeter éternellement la faute sur les autres. Voire même, pour certains, de pointer sans aucun scrupules le manque de civisme des électeurs... Les leçons du scrutin restent bien à tirer.
Guilhem George pour www.ipreunion.com

Peu importe "avec quelle légitimité ? 34 239 voix obtenues sur La Réunion et Mayotte, soit 5,06 % des inscrits..." que M. Younous Omarjee a été élu !
C'est aux électeurs d'aller voter et aux journaleux de France et de Navarre de faire leur boulot objectivement ,nous n’avons pas affaire à des jouraleux d’information mais à des journaleux de propagande qui se recopient les uns les autres sans jamais aller aux sources !
Eh bien, on a la preuve là de l'illégitimité de ces élections! Quand plus persoe ne va voter, cela signifie qu'on ne joue plus ce jeu là ! L'Union européenne on en a assez! Je voulais aller voter FN, mais j'ai préférer ne pas leur donner la joie d'avoir un électeur de plus. Donc, maintenant faut voir comment on fait avec ce 'machin' qui e signifie plus rien... Et le Omarjee, il n'a pas peur du ridicule en s'estimant 'vainqueur grâce à la sagesse du peuple'!! il n'y a que les militants du PCR qui se sont déplacés! et heureusement ils ne sont pas nombreux!
DE PEU MAIS IL EST ELU .FELECITATIONS AU JEUNE DEPUTE.....