Les 24 communes de l'Ăźle ont Ă©tĂ© invitĂ©es par le prĂ©fet Ă se prononcer sur l'adhĂ©sion Ă la charte du parc national, prĂ©sentĂ©e comme un "projet ambitieux pour le territoire des Hauts" et dont le but est de "dĂ©finir les objectifs de protection pour le coeur et les orientations de dĂ©veloppement durable pour l'aire d'adhĂ©sion". Selon le parc, "il s'agit pour les communes non pas de transfĂ©rer des compĂ©tences Ă l'Ă©tablissement public ni de s'imposer des contraintes nouvelles, mais de se positionner sur une dĂ©marche volontaire". Mais pour certaines municipalitĂ©s, c'est loin d'ĂȘtre aussi Ă©vident. Toutes ne sont pas encore prononcĂ©es, mais trois d'entre elles ont dĂ©jĂ votĂ© contre l'adhĂ©sion : Saint-Philippe, Les Avirons et Le Tampon.
Au point dâĂ©tape du 25 septembre, 14 communes sur 24 avaient dĂ©libĂ©rĂ© sur leur adhĂ©sion ou non Ă la charte du parc national. Neuf ont apportĂ© une rĂ©ponse positive : Bras-Panon, Cilaos, Etang-SalĂ©, Plaine des Palmistes, Salazie, Saint-AndrĂ©, Saint-Louis, Saint-Pierre, Sainte-Rose. Deux ont reportĂ© leur possibilitĂ© d'adhĂ©sion ultĂ©rieurement : Petite IIe et Saint-Joseph.
Mais trois ont exprimĂ© un refus - Saint-Philippe, Les Avirons et Le Tampon â et elles pourraient bien ne pas ĂȘtre les seules. Car quoi quâen dise la direction du parc, ces communes voient bien dans cette charte des "contraintes" et des entraves Ă leur dĂ©veloppement urbain et Ă©conomique.
"Cela suscite beaucoup dâinterrogations pour le devenir des activitĂ©s humaines, Ă lâimage des camions-bars, de la culture de la vanille, des exploitants...", confie le maire de Saint-Philippe Olivier RiviĂšre. "Si on avait adhĂ©rĂ©, la zone dâadhĂ©sion couvrirait 100 % du territoire de Saint-Philippe. Ce serait hypothĂ©quer le dĂ©veloppement de la commune. Nous sommes durement frappĂ©s par le chĂŽmage, mais nous sommes une commune dynamique en terme de crĂ©ation dâemplois et je ne souhaite pas enrayer ce dynamisme", ajoute-t-il.
Il existe ainsi une inquiĂ©tude de voir la zone du parc national sâĂ©tendre au plus prĂšs des aires urbaines, comme aux Avirons par exemple, oĂč "lâaire dâadhĂ©sion" engloberait notamment le TĂ©vĂ©lave. "Tous les projets seraient alors bloquĂ©s, il nây aurait plus de dĂ©veloppement possible", indique-t-on du cĂŽtĂ© de la municipalitĂ© pour justifier ce refus de la charte.
Des arguments qui sont rejoignent ceux dâun collectif comme le C.mac (Collectif pour le maintient des activitĂ©s au coeur de La RĂ©union), qui a rĂ©cemment interpellĂ© le maire de Sainte-Rose Bruno Mamindy-Pajany sur le sujet, et qui "invite toutes les communes qui doivent se prononcer Ă rĂ©flĂ©chir Ă deux fois sur cette charte".
Face Ă ces craintes, le parc national assure "quâil sâagit pour les communes non pas de transfĂ©rer des compĂ©tences Ă lâĂ©tablissement public ni de sâimposer des contraintes nouvelles, mais de se positionner sur une dĂ©marche volontaire" et que "lâadhĂ©sion Ă la charte du parc national marque un vĂ©ritable engagement en faveur dâun projet de territoire ambitieux, spĂ©cifique et partagĂ© pour les Hauts de lâĂźle, dans la continuitĂ© des politiques de dĂ©veloppement conduites depuis plus de 30 ans".
Mais pour le maire de Saint-Philippe, "la protection de lâenvironnement ne doit pas se faire au dĂ©triment du dĂ©veloppement Ă©conomique". "Je ne souhaite pas mettre ma commune, ni La RĂ©union sous cloche", affirme-t-il, reprenant une expression souvent usitĂ©e.
Ă l'issue de la pĂ©riode de quatre mois fixĂ©e pour ces adhĂ©sions Ă la fameuse charte, plusieurs collectivitĂ©s ont exprimĂ© le souhait de voir ce dĂ©lai Ă©tendu, "compte tenu notamment de la mise en place de leurs nouvelles instances aprĂšs les Ă©lections municipales", explique le parc. La pĂ©riode initialement dĂ©finie du 20 mai au 20 septembre a donc Ă©tĂ© prolongĂ©e par dĂ©cision prĂ©fectorale jusqu'au 30 novembre 2014. Reste Ă savoir quelle sera lâissue de ce dĂ©lai de rĂ©flexion supplĂ©mentaire.
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Ils se moquent de qui, au Parc ? Il s'agit bel et bien d'empiéter sur les compétences des communes en matiÚre d'aménagement du territoire. Bravo aux maires qui ont le courage de résister.