Alors que les écoliers débutent leurs vacances, les syndicats réunionnais de l'éducation ont fait le bilan ce dimanche 5 juillet 2015 de l'année scolaire 2014-2015. Un millésime qui a été marqué par l'application des nouveaux rythmes scolaires, mais aussi par de nombreux incidents dans les établissements de l'île.
Avant de partir en vacances, les syndicats du premier degré (CFTC, SNUDI-FO, SAIPER, SNUIPP, SNE, CGTR Educ'Action) ont tenu à faire le point sur ce qu'ils considèrent comme une "année noire" en matière d'éducation. Vent debout contre l'application des nouveaux rythmes scolaires par le ministère de l'éducation nationale, les organisations syndicales de l'île ont tenu à appuyer leur position avec un sondage lors duquel plus d'un millier d'instituteurs de l'île ont été interrogés.
"On a décidé de mener cette enquête pour taper une nouvelle fois sur le même clou et dire au ministre qu'on ne veut pas de cette réforme. Elle est catastrophique et contrairement aux allégations du ministère, elle n'améliore pas les résultats des élèves, bien au contraire. […] Plus de 91 % des collègues se sont prononcés pour le retour aux quatre heures de manière à retrouver des heures d'enseignement efficaces pour tous les élèves", relate Katell Louard, secrétaire départementale du SNUDI-FO.
Ainsi, 92,6 % du personnel interrogés estiment que la réforme a eu un impact sur la fatigue des enfants. Et 87,5 % d'entre eux pensent que les conditions de travail ont été modifiées négativement. "Le bilan est clair : on n'arrive à une fin d'année où les collègues tirent la langue, ils sont tous fatigués et exténués. Les temps d'apprentissage ne sont pas suffisamment efficaces et le programme n'est pas effectué entièrement à la fin de l'année", souffle Laurent Turpin, secrétaire général 1er degré de la CFTC Education.
"On n'anticipe pas, on attend que les problèmes arrivent"
Les syndicats pointent également du doigt une réforme qui n'est pas appliquée uniformément sur le territoire et dans les établissements, faute de moyens. "Dans certaines classes maternelles, il y avait 5 ou 6 présents. Pourtant, c'est une préparation à l'école élémentaire. Pour la sociabilisation des enfants, c'est terrible", continue le délégué syndical. Le périscolaire est également pointé du doigt par la CFTC : "à Saint-Louis, il n'y a rien. A partir de 14h45, les enfants sont lâchés dehors, parfois livrés à eux-mêmes."
L'année scolaire 2014-2015 a également été marquée par de nombreux incidents survenus dans les établissements de l'île. En septembre 2014, le pilier de l'école élémentaire de Grand-Fond s'effrite et conduit la commune de Saint-Paul à décider de raser l'établissement. Puis ce sont les parents d'élèves de l'école catholique de Sainte-Clotilde qui ont manifesté en raison d'un problème d'amiante concernant huit salles de classes. A Sainte-Marie, en mars dernier, l'école Terrain Élisa a dû fermer pour cause de risque sanitaire…
Le dernier incident remonte à quelques jours : à Saint-André, l'école Saint-Clair Agénor a été le théâtre d'un départ de feu dans le boitier électrique de l'établissement lors d'une kermesse. "Tous ces problèmes durent depuis pas mal d'années, et nous avons déjà pointé du doigt l'insalubrité de certaines écoles et les problèmes d'ordre technique concernant la sécurité des élèves. Malheureusement, les communes ont des soucis financiers", explique Stéphane Checkouri, porte-parole de l'intersyndicale.
"Les communes sont obligées parfois de faire du social en fournissant du travail à la population locale. Et bien souvent, les écoles sont les parents pauvres de ces collectivités locales. Du coup, on constate au bout de quelques années des incidents malheureux. A la Possession, on a été obligés de répartir 350 enfants dans des écoles déjà surchargées. On gère dans l'urgence au lieu de prévenir. On n'anticipe pas, on attend que les problèmes arrivent", termine le secrétaire général du SAIPER-PAS 974.
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