Si la saison cyclonique 2014-2015 s'est avérée relativement paisible pour La Réunion, le bilan effectué par Météo France ce jeudi 2 juillet 2015 a mis en évidence deux éléments exceptionnels : les trajectoires atypiques des systèmes et la formation de deux cyclones tropicaux très intenses.
Quelques fortes pluies et une mer houleuse : La Réunion a été relativement épargnée durant cette saison cyclonique. Mais la zone sud-ouest de l’océan Indien a tout de même été touchée par onze systèmes : six tempêtes tropicales et cinq cyclones.
Ce chiffre, certes légèrement plus haut que la moyenne, est nuancé par Philippe Caroff, responsable de la prévision cyclonique à Météo France. "On s’appuie sur différents critères pour mesurer l’activité de la saison, et le plus objectif reste le nombre de jours d’activité", indique-t-il. Un paramètre qui s’avère finalement proche des moyennes climatologiques.
La saison a cependant été marquée par des trajectoires atypiques. Majoritairement orientées vers l’est ou le sud-est, elles se sont avérées "exceptionnelles", selon Philippe Caroff, pour lequel il s'agit d'une "première" depuis sa prise de poste en 1998. "Il y a eu une présence de vents forts au nord des Mascareignes, et la totalité des systèmes sont arrivés par l’ouest", précise-t-il. Une surprise non sans conséquences : le responsable météorologique reconnaît un nombre d’erreurs supérieur cette année.
Si La Réunion n’a pas particulièrement été touchée durant cette saison, il n’en va toutefois pas de même pour Madagascar. La Grande île, prise de plein fouet par la tempête tropicale Chedza, a connu pluies et inondations meurtrières. Une tranquillité cependant relative pour La Réunion, puisque deux cyclones tropicaux très intenses ont été observés dans la zone de responsabilité du centre météo régional. Formés tous deux durant le mois de janvier, Bansi et Eunice ont été hautement surveillés. Philippe Caroff se félicite d'ailleurs de leur travail de prévision effectué alors : "Il y a 10 ans, on aurait immédiatement déclenché l’alerte orange pour Bansi alors que la pré-alerte était suffisante".
Mais la formation quasi-simultanée de ces deux systèmes dévastateurs n’inquiète pas le prévisionniste Sébastien Langlade. "La probabilité d’un impact direct de cyclone tropical très intense sur La Réunion est extrêmement faible", affirme-t-il, sans écarter la tendance de ces cyclones à migrer progressivement vers le Sud, donc vers la zone des Mascareignes. De plus, les prévisions actuelles suggèrent une augmentation du nombre de ces systèmes extrêmes durant chaque saison cyclonique. Mais pas de panique : "Généralement, ils s’affaiblissent avant d’atteindre la latitude de La Réunion", rassure Sébastien Langlade.
Un point sur la prochaine saison cyclonique sera effectué au mois de novembre. Un nouveau modèle numérique promettant une haute résolution pour l’océan Indien est prévu. Car, comme l’affirme Sébastien Langlade : "Quel que soit le degré d’intensité observé, il faut toujours être prêt au pire."
