Quelle est la plus grande menace actuelle pour la République ? Ce jeudi 4 septembre 2014, d'aprÚs les télévisions, radios, journaux et multiples sites internet, c'était la parution du livre vengeur de Valérie Trierweiler à l'encontre du président François Hollande, trÚs ironiquement intitulé "Merci pour ce moment". Un délire médiatique occultant toutes les autres informations, et mettant cruellement en lumiÚre le penchant de notre société à se regarder éternellement le nombril sans voir que l'horreur et la barbarie frappent plus que jamais à notre porte.
"Plus jamais ça !" Tel Ă©tait le cri des rescapĂ©s de la Grande guerre, des survivants de la boucherie des tranchĂ©es, des soldats dont on honore le souvenir en cette annĂ©e de centenaire de la PremiĂšre guerre mondiale. Mais un siĂšcle plus tard, le devoir de mĂ©moire semble sâĂȘtre arrĂȘtĂ© Ă certaines frontiĂšres.
Si la terreur a disparu du sol tricolore, elle pointe toujours sous nos fenĂȘtres. Si la boucherie est sortie des tranchĂ©es, elle sâĂ©tale aujourdâhui sur nos Ă©crans. Mais elle se retrouve noyĂ©e, diluĂ©e dans un flot dâinformations continu oĂč la hiĂ©rarchie nâa plus cours, oĂč les sujets les plus dĂ©risoires cĂŽtoient les histoires les plus dramatiques.
La vidĂ©o de lâexĂ©cution du journaliste amĂ©ricain James Foley par les djihadistes de lâEtat islamique en Irak au levant a bien suscitĂ© lâindignation et quelques gros titres, mais celle de son confrĂšre Steven Sotloff a rapidement Ă©tĂ© chassĂ©e par une nouvelle autrement plus importante : le livre supposĂ© "choc" de ValĂ©rie Trierweiler.
James Foley et Steven Sotloff faisaient partie de ces dĂ©sormais trĂšs rares journalistes Ă se rendre encore sur les zones de conflit. LĂ oĂč la plupart des rĂ©dactions et des grandes agences de presse renĂąclent Ă envoyer des reporters, pendant que ces quelques journalistes freelance en voie de disparition peinent Ă vendre leurs articles et leurs images. Lâhorreur est lĂ mais on ne veut plus la voir.
Avec le dĂ©cĂšs tragique des deux journalistes amĂ©ricains, câest pourtant une part de notre libertĂ© qui sâest envolĂ©e et qui mĂ©rite dâĂȘtre dĂ©fendue contre lâobscurantisme gagnant chaque jour un peu plus de terrain dans une cruelle indiffĂ©rence. Le site Slate.fr Ă©voque ainsi le tĂ©moignage de Tom A. Peter, lui aussi journaliste freelance ayant couvert plusieurs conflit, qui explique "pourquoi il a dĂ©cidĂ© dâarrĂȘter de partir risquer sa vie pour Ă©crire des articles qui ne sont lus que par une toute petite minoritĂ© de gens".
Toute lâexcitation provoquĂ©e ces derniers jours par le livre de lâancienne "premiĂšre dame" rĂ©pudiĂ©e, recueil dâanecdotes sur la vie du prĂ©sident sur fond de vengeance personnelle, est lâun des exemples les plus criants de cette pente terriblement glissante. On discourt, on glose, on sâindigne jusquâĂ lâoverdose Ă propos de ces histoires dâalcĂŽve Ă©lysĂ©ennes qui nâont dâimportance que celle quâon leur donne.
La crise ukrainienne, les ravages du virus Ebola, la guerre en Centrafrique (et la liste est longue) sont autant dâĂ©vĂ©nements capitaux passĂ©s eux aussi Ă la moulinette Trierweiler. Aussi lâindĂ©cence nâest-elle pas tant dans la rĂ©vĂ©lation de ces indiscrĂ©tions malsaines que dans le fait dâen faire des choux de plus en plus gras Ă longueur dâantenne et de colonnes. Quitte Ă occulter la rĂ©alitĂ© dâautres menaces bien plus dangereuses pour la RĂ©publique et la libertĂ©.
Guilhem George pour www.ipreunion.com

Sympa votre article mais votre confrere Valerie a bien une carte de presse non? Et a l'epoque du couple hollande royal ca ne la derange pas que le pere Francois tromper sa femme alors. Allo koi
merci Guilhem George pour toutes ces tristes vérités. Pendant que des peuples meurent en nous suppliant de les aider, on leur tourne le dos et on joue les voyeurs, en salivant devant des faits divers, bien plus croustillant que la détresse humaine.......l Homme devient de + en + égoiste, il se fout de l horreur du génocide mais se réjouit des malheurs de son voisin
Excellent article bravo ce n'est pas le cas de tout vos confreres merci imaz pour vos infos pertinentes
BRAVO !! Je vous félicite pour cet article plein de bon sens. Je n'ai pas grand chose à dire de plus que ceux qui se sont exprimés avant moi, mais je tenais à vous remercier de relever un peu le débat. Le pire c'est que les gens vont se ruer sur ce livre !!!
Une lectrice de DROITE.
merci pour cet article qui recadre déontologiquement cet accablant spectacle qui enrichie des inconscients (?) complices,compÚres,de notre cirque médiatique...
et oui, moi aussi je trouve que cet article remet un peu les choses Ă leur place; merci
merci Ă David Pujadas dans son journal du 20h d'avoir Ă©voquĂ© la chose et de ne pas ĂȘtre rentrĂ© dans cette spirale de l'indĂ©cence
je trouve qu'il y a depuis quelques temps déjà une escalade "anti hommes politiques" dans les médias qui m'apparaßt des plus dangereuses pour la démocratie
certes, certains plutĂŽt en vue, ne brillent pas par leur honnĂȘtetĂ© ; mais je pense que la majoritĂ© fait plutĂŽt bien son travail et de maniĂšre dĂ©vouĂ©e et dĂ©sintĂ©ressĂ©e; est-ce que les mĂ©dias ne pourraient pas faire des documentaires sur ces "petits "maires par exemple, qui donnent beaucoup d'eux-mĂȘmes sans compter? parce que, le danger pour notre dĂ©mocratie, serait que les citoyens, tellement Ă©coeurĂ©s, n'aillent plus aux urnes; et lĂ , les mĂ©dias devraient se poser la question de savoir quelle part ils ont prise lĂ -dedans; je ne peux pas m'empĂȘcher de penser combien nos anciens et anciennes se sont battus pour que nous ayons le droit de vote; combien de pays aujourd'hui se battent encore pour l'obtenir
Au nom de l'information au plus grand nombre, il y a des limites à ne pas dépasser
Que la vie privée reste dans la sphÚre privée
ce que nous demandons aux politiques, c'est de remplir la mission que nous leur avons confiĂ©e et ce que nous attendons des mĂ©dias c'est qu'ils servent de garde-fous en ce qui concerne le respect des engagements pris, en toute honnĂȘtetĂ©
honte Ă vous madame Trierweiler !!!!!
merci Ă IPR de rester dans cette ligne de conduite!!!!
Extrapolation ,mais vous me faites rire tous.... dans ce que vous dites il y a du pour et du contre. Parce que vous ĂȘtes lĂ vous tous pour rehausser le dĂ©bat quand il le faut? Qui construit la France ? nous, qui vote pour des cons qui nous enfument et font Ă©ventuellement de la prison et recommencent? nous encore. Quand t'es prĂ©sident de la rĂ©publique, t'es pas le français lambda qui trompe sa femme. Il l a mise sous les feux de la rampe. Il assume. Elle a envie d'Ă©crire un livre elle l'Ă©crit. C'est bien la presse qui dĂ©cide de ce qui est important ou pas ensuite. A nous de faire le tri.On est pas les gendarmes du monde non plus. Ca fait des annĂ©es qu'on fait du nivellement par le bas, on rĂ©colte ce que l'on sĂšme. Vous avez voulu l'Ă©tat providence , passez lui un coup de file.Cqfd.
exactement la mĂȘme chose, et merci de remettre en place les prioritĂ©s.
Oui je dis bravo pour cet article qui pointe du doigt le niveau intellectuel d'une certaine France liberté, égalité, fraternité...et patati et patatra!
Tout Ă fait d'accord.
EXACTEMENT. Tout à fait d'accord. Rien que sur notre ßle il se passe des choses autrement graves : la misÚre sociale, les élus corrompus, l'inégalité des chances (hé oui) dans les écoles de la République, la violence la délinquance (ce soir par exemple, nuit des soldes à Saint-Pierre, regardez donc les faits divers demain matin)
Je suis une femme et je trouve ce livre répugnant. Je ne suis pas pour l'étalage du linge sale, que l'on soit un simple citoyen ou non...
Juste mon opinion.
(PS J'ai lu quelque part que l'ßle Maurice avait dÚjà annulé toute importation de fruits et légumes d'Afrique afin d'éviter tout risque sanitaire, ce qui est déjà un début... Ici ? quelqu'un s'inquiÚte t-il ou pépÚre regarde t-on les aiguilles de l'horloge tourner en attendant l'heure de rentrer à la case ? enfin bref...) Merci pour cet article, et bonne journée à tous.
Enfin ! Je pensais ĂȘtre le seul Ă remarquer que le monde marche Ă l'envers. Merci Ă Imaz Press pour cet article pertinent et mettant le doigt sur l'indĂ©cence de notre sociĂ©tĂ©