Municipales de Sainte-Suzanne - Déchirement au PCR

Trois candidatures communistes pour un fauteuil

  • PubliĂ© le 26 dĂ©cembre 2011 Ă  19:30
Lundi 26 décembre 2011 - Maurice Gironcel, Elie Hoarau et Paul Vergès à Sainte-Suzanne

C'est désormais officiel. Trois candidats se réclamant du parti communiste réunionnais (PCR) se présentent aux élections municipales anticipées de Sainte-Suzanne. Maurice Gironcel, investi par la direction du parti, aura face à lui Yolande Pausé, l'actuelle maire, et Daniel Alamélou, premier adjoint sortant. Paul Vergès, fondateur et président du PCR, et Elie Hoarau, secrétaire général du PCR, condamnent ces deux dernières candidatures, non approuvées par le parti. "Yolande Pausé, comme Daniel Alamelou, ne sont plus du parti, car ils n'ont pas respecté les règles de fonctionnement du PCR. Ils se sont mis en dehors du parti d'eux-mêmes", précise Elie Hoarau.

Du jamais vu à Sainte-Suzanne, commune historiquement communiste. Trois candidats du PCR se présentent à l'élection municipale. Seul l'un d'eux est approuvé par la direction du parti communiste réunionnais, Maurice Gironcel. Sa candidature a été annoncée officiellement ce lundi 26 décembre 2011 suite à une assemblée générale des communistes qui s'est déroulée à Sainte-Suzanne. Plus d'une centaine de personnes était rassemblée pour écouter les discours de Maurice Gironcel, Paul Vergès et Elie Hoarau.

Les deux autres candidats communistes qui se présentent à l'élection municipale, Yolande Pausé et Daniel Alamelou, affichent également leur appartenance au PCR. Pourtant, ils sont dorénavant révoqués par la direction. "Ils se sont mis en dehors du parti de leur propre chef", signale Elie Hoarau, secrétaire général du PCR. "Notre candidat, c'est Maurice Gironcel. Yolande Pausé et Daniel Alamelou ont choisi de se présenter contre notre décision", précise-t-il. "Dès lors, ils ne font plus partie du PCR parce qu'ils n'ont pas respecté nos règles de fonctionnement", poursuit Elie Hoarau. Autrement dit, ils se sont exclus eux-mêmes du PCR.

Devant les militants sainte-suzannois, Paul Vergès a lui insisté dans son discours sur "ceux qui ont trahi leur parole". "Quand Maurice Gironcel a été condamné à l'inéligibilité, la section communiste s'est réunie. Il a été décidé que dès qu'il aurait retrouvé la capacité d'être maire, de nouvelles élections seraient organisées afin qu'il puisse récupérer son fauteuil si la population le désire", explique Paul Vergès. Une chose qui implique la démission d'une partie du conseil municipal. "Certains ont tenu parole, d'autres qui avaient prêté serment l'ont trahi", accuse Paul Vergès. "Trahir une parole, c'est un problème fondamental. Le peuple n'aime pas les traîtres", a-t-il ajouté. Sans les citer, on devine que les traîtrises pointées du doigt sont les candidatures de Yolande Pausé et de Daniel Alamelou.

Pour sa part, Maurice Gironcel a souligné que ce meeting s'est tenu pour "dire et réaffirmer à la population qu'il n'y a qu'une seule section communiste à Sainte-Suzanne". "Ceux qui se réclament communistes et qui agissent contre le fonctionnement du PCR n'appartiennent pas au parti. Yolande Pausé, Daniel Alamelou, et tous ceux qui renient leur serment et vont à l'encontre de la direction s'excluent eux-mêmes du parti", annonce-t-il.

Quant à des éventuelles alliances s'il y a second tour lors des élections municipales anticipées, Maurice Gironcel ne les imagine même pas. "Il me paraît difficile de faire alliance avec une personne qui a trahi sa parole. Mais de toute façon, les traîtres assumeront leur traîtrise devant le peuple. Ils seront laminés et il n'y aura pas de second tour", prévoit-il avec une grande confiance. "La population sanctionnera ceux qui ont renié leur serment", assure également Elie Hoarau, pour qui il n'y aura pas non plus de deuxième tour. Il garantit au contraire que "le PCR sortira renforcé de cette élection".

La situation est toutefois inédite pour le parti communiste, qui n'a jusque là jamais habitué les électeurs réunionnais à un tel déchirement, à l'inverse de la droite. Le premier tour des élections municipales anticipées de Sainte-Suzanne se déroulera le 29 janvier 2012. Si la droite ne remporte pas la commune, ce sera certainement à cause de sa faible audience dans cette commune historiquement communiste. Mais s'il y a un second tour, elle risque de peser dans la balance et de jouer les arbitres contre le candidat investi par la direction du PCR.

A noter que cette élection partielle est vue par le PCR comme une première étape capitale avant les présidentielles et les législatives de 2012. "C'est l'occasion d'envoyer un signal fort contre la politique de casse sociale de Nicolas Sarkozy", commente Paul Vergès. Les communistes de Sainte-Suzanne ont ainsi proposé la candidature de Maurice Gironcel à la députation dans la sixième circonscription de La Réunion, en vue des élections législatives.

Samia Omarjee pour
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