L'annonce de la modification de la rĂ©glementation de la rĂ©serve marine pour favoriser la pĂȘche des squales et le dĂ©ploiement du programme Cap Requins 2 sur une grande partie du littoral ouest inquiĂštent certains scientifiques. Comme depuis le dĂ©but de la "crise" requin, se pose le dilemme de l'articulation entre le besoin urgent de sĂ©curisation et le temps nĂ©cessaire aux Ă©tudes pour proposer une gestion "durable" du risque.
Chercheur Ă lâIRD (Institut de recherche et de dĂ©veloppement) et responsable du programme CHARC, Marc Soria se dit "dĂ©sespĂ©rĂ©". Alors que son Ă©quipe de scientifiques a rendu en fĂ©vrier dernier les conclusions de deux annĂ©es de recherche sur le comportement des requins tigres et bouledogues, il assiste avec une certaine amertume aux orientations qui se dessinent en matiĂšre de gestion du risque, notamment lâassouplissement envisagĂ© de la rĂ©glementation de la rĂ©serve marine.
"Tout ça nâa rien Ă voir avec la rĂ©serve, rien ne dĂ©montre son attractivitĂ©", souligne-t-il, rejoignant la position et les inquiĂ©tudes des scientifiques du parc marin, exprimĂ©e dans une lettre ouverte adressĂ©e Ă la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin. Selon le scientifique de lâIRD, une intensification de la pĂȘche des squales dans le pĂ©rimĂštre de la rĂ©serve irait dâailleurs Ă lâencontre des rĂ©sultats de CHARC.
Des rĂ©sultats qui, dâaprĂšs Marc Soria, nâont pas Ă©tĂ© apprĂ©ciĂ©s Ă leur juste valeur. "Ă partir du moment oĂč on a rendu nos conclusions alors que certaines mesures avaient dĂ©jĂ Ă©tĂ© prises, nos rĂ©sultats ont Ă©tĂ© un peu dĂ©nigrĂ©s. Ils nâont pas Ă©tĂ© pris en compte comme Ă©tant sĂ©rieux...", dĂ©plore-t-il.
Marc Soria : "Si ce qu'on dit est faux, alors autant arrĂȘter les recherches"
Parmi les questions laissĂ©es en suspens par lâĂ©tude CHARC demeurait notamment celle de la taille de la population de requins bouledogues et tigres, prĂ©alable Ă la mise en place dâune campagne de prĂ©lĂšvements efficaces selon les scientifiques. "Je ne suis pas contre tuer des requins, mais il faut que ce soit utile", souligne Marc Soria, qui sâexplique : "Aujourdâhui on a dĂ©jĂ tuĂ© prĂšs dâune centaine de requins, en trĂšs grande majoritĂ© sur le seul pĂ©rimĂštre allant du Cap Lahoussaye Ă Saint-Leu, or câest la zone oĂč il y a encore des accidents. Soit cela veut dire quâil y a 10 requins au kilomĂštre et alors on est incapables de les dĂ©celer, soit ils viennent dâailleurs. Or on sait maintenant que les requins bougent Ă©normĂ©ment et quâils peuvent venir dâailleurs, câest un milieu ouvert."
Mais les autoritĂ©s ont choisi de passer outre cet Ă©lĂ©ment en amplifiant lâeffort de pĂȘche, dâabord dans le cadre de Cap Requins 2, qui prĂ©voit le dĂ©ploiement de drumlines supplĂ©mentaires au large de Trois-Bassins, Saint-Leu, Ătang-SalĂ© et Saint-Pierre, mais aussi de par cette Ă©volution de la rĂ©glementation de la rĂ©serve marine que devrait annoncer la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin vendredi.
Et ce au grand dĂ©sespoir des scientifiques, partisans de la poursuite des recherches, ce qui nâest pour le moment pas prĂ©vu. "Nous nâavons plus aucun financement pour poursuivre les Ă©tudes, jâai compris que ce nâĂ©tait pas la volontĂ© de lâĂtat, de la RĂ©gion et des communes. Ăa me chagrine de ne pas pouvoir faire plus, mais si on considĂšre que ce quâon dit est faux, alors autant arrĂȘter la science et les recherches...", se dĂ©sole Marc Soria, fataliste.
Cap Requins : l'avis ignoré du comité scientifique
Câest que la place des scientifiques dans la gestion du risque requin sâest avĂ©rĂ©e la plupart du temps ambiguĂ«. PlacĂ©s en premiĂšre ligne lors du lancement de lâĂ©tude CHARC, ils ont Ă©tĂ© la cible de nombreuses critiques, lâutilitĂ© de leurs recherches Ă©tant souvent remise en cause.
Câest dâailleurs ce qui avait conduit lâIRD Ă se mettre en retrait du programme Cap Requins, auquel lâinstitut Ă©tait pourtant Ă©troitement associĂ© Ă lâorigine. "On a Ă©tĂ© beaucoup impliquĂ© dans la gestion du risque requin, mais on nâest pas lĂ pour ça. On doit se recentrer sur la recherche scientifique", expliquait Ă lâĂ©poque Marc Soria, qui est toutefois restĂ© membre du comitĂ© scientifique de Cap Requins.
Mais lĂ encore, le rĂŽle de ce comitĂ© scientifique est sujet Ă pas mal de cautions. Dans un bilan datant de septembre 2014, quâImaz Press a pu consulter, ce comitĂ© Ă©crivait que "le dĂ©ploiement de smart drumlines dans des zones dâactivitĂ© nautique ou de baignade est actuellement prĂ©maturĂ©". Une mise en garde totalement ignorĂ©e, puisque le dĂ©ploiement de Cap Requins en zone rĂ©cifale, au large des Roches Noires, Ă©tait effectif quelques semaines plus tard...
Une dĂ©cision qui a notamment fait bondir Jean-Bernard GalvĂšs, prĂ©sident de Requin IntĂ©gration RĂ©union et porte-parole dâun collectif dâassociations environnementales, qui ne cesse de mettre en cause les drumlines, Ă coup de tribunes parues dans la presse, de pĂ©titions ou de courriers adressĂ©s aux diffĂ©rents maires concernĂ©s. Il estime que ces engins de pĂȘche constituent un "danger" pour les usagers en appĂątant les requins, ce que conteste fermement le comitĂ© des pĂȘches. Ce dernier sâappuie sur lâĂ©valuation finale de Cap Requins 1, dont les rĂ©sultats "suggĂšrent que les smart drumlines nâont pas modifiĂ© la prĂ©sence de requins dans la zone dâĂ©tude".
Le temps de la science n'est pas celui des décision politiques
Concernant ce dĂ©ploiement des drumlines en zone rĂ©cifale, "câest une dĂ©cision dâune autre nature, il sâagit dâune dĂ©cision politique", justifie de son cĂŽtĂ© Nicolas Le Bianic, chargĂ© de mission auprĂšs de la prĂ©fecture pour la gestion du risque requin, qui considĂšre que "lier les drumlines Ă la prĂ©sence de requins est malhonnĂȘte".
Comme pour lâIRD et son Ă©tude CHARC, le comitĂ© scientifique de Cap Requins sâest en fait heurtĂ© Ă une rĂ©alité : le temps de la science nâest pas celui des dĂ©cisions politiques. Lâurgence de la situation et le besoin de sĂ©curisation ont conduit les autoritĂ©s Ă passer outre les recommandations des chercheurs.
Pour Marc Soria, "on est sous lâemprise de la peur et dans une rĂ©action Ă©motionnelle et irrationnelle ; or la peur est rarement de bon conseil, cela nous fait faire des choses qui nâont pas de sens..."
Pour Nicolas Le Bianic, "lâenjeu, câest de limiter la frĂ©quentation des requins aux abords des zones dâactivitĂ©s nautiques ; et chaque fois quâon prĂ©lĂšve un requin, on rĂ©duit les risques. On est dans une dĂ©marche de prĂ©caution. LâidĂ©e, câest quâune pression rĂ©guliĂšre vienne limiter la frĂ©quentation des requins."
On voit bien lĂ lâincompatibilitĂ© des deux discours, qui risque de sâaccroĂźtre en cas dâouverture de la chasse sous-marine et de lâextension de la pĂȘche des squales au sein de la rĂ©serve marine. "Ăa va nous couper lâherbe sous le pied pour tout ce qui concerne les Ă©tudes sur les requins. Ils vont modifier toute la configuration", estime notamment MichaĂ«l Rard, directeur de lâObservatoire marin de La RĂ©union (OMAR). "On va ouvrir la boĂźte de Pandore... mĂȘme si elle est dĂ©jĂ ouverte car il y a dĂ©jĂ des zones de pĂȘche dans la rĂ©serve", ajoute-t-il.
Nicolas Le Bianic : "Il n'y a aucune volonté de lùcher la réserve marine"
En effet, "pour ce qui est de la partie requins, on est dĂ©jĂ dans une pĂȘche ciblĂ©e, puisque la rĂ©glementation le permet dans des zonages Ă respecter", prĂ©cise Nicolas Le Bianic. "Mais il nây a aucune volontĂ© de lĂącher la rĂ©serve marine. Nous ne sommes pas dans cette dĂ©marche. Lâobjectif est de chercher des solutions Ă lâintĂ©rieur de la rĂ©serve", assure-t-il.
Si les recommandations ou Ă©tudes des chercheurs ne sont pas toujours suivies dâeffets, "on a besoin dâun comitĂ© scientifique pour Ă©valuer notre outil", affirme le chargĂ© de mission auprĂšs de la prĂ©fecture. Cap Requins demeure donc un programme "mesurĂ©, Ă©quilibrĂ© et pesĂ©" selon lui et "ce nâest pas de but en blanc quâon a dĂ©cidĂ© dâaller pĂȘcher des requins", insiste-t-il.
Reste quâaprĂšs avoir tardĂ© Ă prendre la mesure du problĂšme, aprĂšs avoir financĂ© un programme CHARC dont les rĂ©sultats ne sont pas pris en considĂ©ration, aprĂšs avoir lancĂ© une Ă©tude sur la ciguatera suscitant maintes et maintes interrogations, les autoritĂ©s semblent bien avoir laissĂ© de cĂŽtĂ© le volet scientifique pour accĂ©lĂ©rer le volet opĂ©rationnel, sans avoir trouvĂ© lâarticulation entre les deux.
Certains le dĂ©plorent tandis que dâautres lâapprouvent, mais tous sâaccorderont sans doute sur un Ă©lĂ©ment : le temps perdu depuis 2011...
Guilhem George pour www.ipreunion.com

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VoilĂ encore une fois la preuve que les politiques n'en font qu'Ă leur tĂȘtes.. Ils sont les premiers Ă pointer les scientifiques du doigt mais lorsque ces derniers vont des Ă©tudes et des recherches poussĂ©es sur ces squales et leurs comportements ils ne prennent absolument pas en considĂ©ration leurs propos.
Etant moi mĂȘme Ă©tudiante en biologie, je me sens complĂštement concernĂ©e par cette "crise requin" parce que les politiques encore une fois cherchent Ă faire les choses en grand dans la prĂ©cipitation et le rĂ©sultat ?
Une pĂȘche intensifiĂ©e scandaleuse des squales et ce mĂȘme au sein de la rĂ©serve marine. Quand on connait tout les efforts de prĂ©servation qui ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© afin de crĂ©er cette rĂ©serve et de conserver le peu de biodiversitĂ© qu'il reste Ă la RĂ©union, c'est dĂ©solant..
Je suis horrifiée, par ce que devient notre ßle!
Zot i comprend pas que c l'homme la pou dérÚgle toute? Kansa i sa roder band vraies solutions au lieu cache a zot derniÚre des massacres que néna point aucun sens?
il faut mesurer l'évolution des discours pour prendre la mesure de la sincérité de chacun.
au départ, en 2011, les scientifiques ont dit que le requin n'attaque pas l'homme, que ces accidents sont des erreurs alimentaires.
dĂ©sormais, ils nous prĂ©viennent qu'il est vain de pĂȘcher parce que tous les requins de l'ocĂ©an passant par ici auront le mĂȘme comportement et attaqueront.
et ils s'étonnent qu'on puisse douter..............
Jean ba...kossa ou voie comme propos faciste dans le post kamaradana?????lé pas criant de vérité ce ke li la dit....kossa lé faciste en dans là ????développé souple!!!!
Kamaradana gard zot discour faciste ,deja 10 ans avant il y avait autant de creole et de zoreil a surfer ,zot argumentation est RIDICULE !!Zot y crois quoi que l argent il viens tous seul a la reunion ,40 % de touristes en moins par an ,et vous vous demandez pourqyoi kes gens ont plus de boulot ....
La "Pseudo-Crise requin" n'intéresse pas les réunionnais les plus démunis qui souffrent quotidiennement de la pauvreté, du mal-vivre, du chÎmage, de la précarité institutionnalisée, des logement insalubres et du mépris et du refus de la RCF (République Coloniale Française) à satisfaire leurs justes et légitimes revendications.
Satisfaire en priorité les demandes inappropriées d'une "minorité" de membres de la "Communauté ZorÚy" non-intégrée à la société réunionnaise pour leur permettre de pratiquer une "activité nautique importée" au détriment de la grande majorité des autochtones est une insulte aux peuples réunionnais...
"...Nou lé pas plis, nou lé pa mwin, respÚkt anou..! "
oui en 2015, chez nous, c'est le retour à l'obscurantisme. Ce Bianic se prend pour un mini rambo; c'est pathetique. (supprimé pour prise à partie - webmaster ipreunon.com)