Saint-Paul - Table ronde

Des ateliers pour faire face au risque requins

  • PubliĂ© le 26 juillet 2011 Ă  07:00
Vendredi 17 Juin 2011

Plage de Boucan

Une table ronde était organisée ce lundi 25 juillet 2011 à la mairie de Saint-Paul. L'objectif : réunir institutionnels et professionnels de la mer afin de trouver des solutions pour faire face au risque requins, aprÚs les quatre attaques qui ont eu lieu sur la cÎte Ouest depuis le début de l'année 2011. AprÚs une aprÚs-midi de discussions, les interventions ont finalement débouché sur des ateliers de travail organisés selon trois axes : connaissance du risque, prévention et gestion (Voir aussi article "Huguette Bello : nous n'allons pas fermer Boucan").

Une vingtaine d'intervenants Ă©tait prĂ©sent Ă  la mairie de Saint-Paul ce lundi aprĂšs-midi. "Surfeur, plongeur, pĂȘcheur, chercheur, commerçant, chacun a pu donner son avis sur ce qu'il fallait faire face au risque que reprĂ©sente le requin dans les eaux rĂ©unionnaises", indique Thomas Campeaux, sous-prĂ©fet de Saint-Paul. "C'est normal, c'est un risque qui concerne toute la population, et qui relĂšve donc de la responsabilitĂ© collective : les institutionnels comme les professionnels de la mer ont leur mot Ă  dire", ajoute-t-il.

Le sous-préfet note par ailleurs : "Certains ont fait des suggestions intéressantes, d'autres ont fait des propositions un peu plus farfelues. Au final, nous avons opté pour la mise en place de trois groupes de travail". Le premier concerne la connaissance du risque : "Nous devons établir une liste des espÚces qui circulent dans les eaux réunionnaises, les quantifier, mais aussi étudier sérieusement les facteurs environnementaux. Ce qui nous permettra d'améliorer la réglementation et les procédures d'alerte".

En effet, comme le souligne Huguette Bello, maire de Saint-Paul, "aujourd'hui, nous avons besoin de certitude, et il nous est nécessaire d'avoir une base de données sur les requins. Plus nous les connaßtrons, plus nous serons fixés sur les mesures que nous devrons prendre", indique la députée-maire.

Le deuxiĂšme axe concerne la prĂ©vention du risque. "Pour cela, nous allons tenter de sensibiliser la population sur les comportements individuels en mer", explique Thomas Campeaux. "Notre objectif est de produire une plaquette objective et informative", assure Huguette Bello. "Cessons d'ĂȘtre subjectif. Nous devons estimer quel est le risque existant, et oĂč il se situe, c'est pour cela que nous devons entreprendre un vrai travail de recherche, qui sera animĂ© par des scientifiques", affirme la dĂ©putĂ©e-maire.

L'accent est aussi mis sur la responsabilitĂ© individuelle de chacun. "On ne peut pas mettre un gendarme derriĂšre tous les baigneurs. Chacun doit se protĂ©ger et tenir compte des dispositifs qui existent dĂ©jĂ . Quand un drapeau est rouge, la baignade est interdite, mĂȘme s'il est vrai que ce dispositif ne concerne pas seulement les requins", concĂšde le sous-prĂ©fet de Saint-Paul. "Il y aura certainement une nouvelle signalĂ©tique Ă  mettre en place", ajoute-t-il.

Il a également été demandé aux écoles de surf de participer à l'élaboration de la plaquette d'information afin de sensibiliser les citoyens. Il est par ailleurs recommandé aux baigneurs d'éviter les eaux troubles, d'éviter les activités nautiques aprÚs les épisodes pluvieux ou encore de se rendre en mer à l'aube ou au crépuscule.

Le troisiÚme axe concerne la gestion du risque, et notamment la diffusion de l'alerte. Cependant, difficile de vérifier si un requin est bien présent en mer. Dans cette période d'attaque, certains croient voir un requin alors qu'il n'y en a pas. "Mais nous devons sécuriser la population", déclare Huguette Bello. "La vie humaine est précieuse. S'il y a un potentiel risque, nous devons interdire l'accÚs aux plages pour éviter de perdre des gens", signale-t-elle, avant d'ajouter qu'il y a "un vrai travail à faire concernant la gestion du risque".

C'est donc davantage un plan de rĂ©flexion qu'un plan d'actions qui a Ă©tĂ© Ă©tabli. Une prochaine rĂ©union de travail est prĂ©vue d'ici deux Ă  trois semaines. En attendant, les institutionnels et professionnels de la mer appellent Ă  la prudence des baigneurs, mais ont tenu Ă  les rassurer quand mĂȘme. Selon Fabienne Couapel-Sauret, conseillĂšre rĂ©gionale, "il y a eu environ 26 signalements de requins cette annĂ©e. Un chiffre qui reste dans la moyenne par rapport aux annĂ©es prĂ©cĂ©dentes". Le risque ne semble donc pas plus accru.

Samia Omarjee pour
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