Pas d'alcool, pas d'armes, pas de carburants : le préfet attend la veille des violences pour interdire

  • Publié le 23 octobre 2026 à 05:11
émeutes au port en 2025

Ce samedi 24 octobre 2026, un nouvel à la mobilisation est lancé à La Réunion, laissant craindre des débordements dans certains quartiers du département, à l'image de la semaine passée. Pas étonnant dans ce contexte, que le préfet ait pris différents arrêtés, encadrant l'usage des artifices, des armes et la consommation d'alcool. Des mesures de restrictions effectives seulement la veille de cet appel. Pourquoi pas tout de suite, par anticipation ? (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Ces interdictions de dernière minute "Les mesures d’interdictions prises par le préfet reposent sur une analyse des risques réalisée en lien avec les forces de l’ordre, qui tient compte du contexte des évènements prévus. Les éléments recueillis font apparaître un risque accru de troubles à partir de vendredi soir, compte tenu notamment des événements et rassemblements prévus au cours du week-end" précise la préfecture de La Réunion à Imaz Press.

Les interdictions applicables à compter du vendredi 23 octobre, à 18 heures, "visent à prévenir les troubles à l’ordre public et à limiter les risques de violences, tout en respectant les principes de proportionnalité et les libertés publiques", précisent les services de l'État, tout en rappelant que "des mesures renforcées de surveillance et de contrôles sont déployées depuis plusieurs jours".

Des arrêtés qui, dès lors qu'ils sont publiés, donnent aux policiers et gendarmes le droit légal de contrôler, de saisir le matériel et d'interpeller immédiatement les individus suspects aux abords des zones sensibles.

Ici, ces arrêtés prendront effet dès ce vendredi soir, 18 heures, et jusqu'au lundi 26 octobre à 6 heures.

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- Pas de timing précis pour l'interdiction de la vente et du transport d'alcool - 

En droit administratif français, il n'existe aucun délai légal ou minimal imposé à une préfecture pour prendre un arrêté d'interdiction de transport ou de vente d'alcool.

Le préfet peut agir immédiatement et à tout moment dès lors que les circonstances l'exigent, notamment en cas de risque de troubles à l'ordre public.

La seule obligation de la préfecture pour que l'interdiction soit applicable est de rendre l'arrêté public. Pour cela, il doit être publié au Recueil des Actes Administratifs (RAA).

Ne pas respecter un arrêté préfectoral interdisant la consommation d'alcool sur la voie publique expose à une amende (pouvant aller jusqu'à 150 euros), tandis que les professionnels ne respectant pas les règles de vente encourent des amendes plus lourdes ou des fermetures administratives.

Ici, le préfet à décider d'interdite la consommation de boissons alcoolisées sur la voie publique est interdite, sans pour autant l'interdite "aux terrasses de café, bars et restaurants" note la préfecture.

- Des restrictions limitées par la loi -

Dans sa liste d'interdictions, le préfet a également évoqué "la vente, le port, le transport et l’utilisation d’artifices de divertissement et d’articles pyrotechniques sur la voie publique et la vente au détail, le port et le transport de carburant, de produits combustibles ou corrosifs, dans tout récipient transportable".

Dans les faits, il peut paraître absurde d'instaurer ces interdits seulement la veille des violences, alors que depuis plusieurs jours, les dégradations subsistent.

D'autant qu'il n’existe pas de délai minimal général imposant au préfet de déposer un arrêté plusieurs jours à l’avance pour interdire temporairement la vente et le transport d’artifices de divertissement, selon Légifrance.

Toutefois, l’arrêté doit faire l’objet des formalités de publicité applicables, notamment sa publication au recueil des actes administratifs lorsqu’elle est requise.

Le préfet doit en plus justifier les risques car dans la loi, l'interdiction ne peut pas être générale et absolue, cela serait jugé illégal par le juge administratif "car elle porte une atteinte disproportionnée à la liberté d'aller et venir et aux habitudes de vie", selon l'Observatoire Smacl des risques de la vie territoriale.

Si la situation le justifie, pourquoi limiter ces arrêtés dans le temps ? Ici, ces arrêtés prenant fin le lundi 26 octobre à 6 heures, alors que la soirée d'Halloween arrive. "Les arrêtés préfectoraux ne peuvent pas être indéfinis, il faut une date de début et de fin" justifie la préfecture.

- Patrice Latron interdit ce qui est déjà interdit… le port d'arme -

Pour les armes, le préfet de La Réunion n'a pas été très original dans son arrêté de restrictions. À l'image de son prédécesseur, Jérôme Filippini, il a fait le choix d'interdire "le port et le transport d'armes à feu, y compris factices, ainsi que tout objet pouvant constituer une arme par destination sont interdits". Mais n'étais-ce pas déjà interdit ?

Un de nos internautes n'a pas manqué de souligné : "Donc, en temps normal, le port et transport d'armes à feu est autorisé ?"

À l'époque, les services de l'État expliquaient : "Oui bien sûr le transport, le port d'armes est interdit par la loi. Cela relève du pénal. Le préfet a surtout voulu faire un rappel à la loi".

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- Des interdictions pour prévenir les violences urbaines à La Réunion -

Des interdictions nécessaires, alors que ces derniers jours, des violences urbaines ont éclaté dans plusieurs villes de La Réunion, notamment au Port et dans le quartier du Chaudron à Saint-Denis.

Vers 4h du matin dimanche 18, des personnes ont mis le feu au McDonald's de la Possession. Le fast-food a été totalement détruit par les flammes.

Dans le chef-lieu, du côté de la Jamaïque, à l'entrée du quartier du Chaudron, des personnes avaient installé des barrières sur les quatre voies. Dans la soirée, des feux de poubelles ont été allumés.

Suite aux violences du week-end du 17 et 18 octobre, 18 personnes ont été placées en garde à vue pour violences urbaines.

Trois mis en cause ont écopé de 4 mois de prison avec sursis pour délit d'entrave à la circulation. Le 4ème a lui été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour participation à un attroupement avec le visage dissimulé après les sommations de dispersion. Ces jeunes condamnés devront également réaliser un stage citoyen à leurs frais.

Un homme soupçonné d’avoir participé au pillage d’un supermarché dans le quartier de La Providence à Saint-Denis, a été interpellé ce mardi 20 octobre 2026 par les policiers de la BAC T. 

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Ce mercredi 21 octobre, deux autres personnes ont été interpellées pour violences urbaines. Un mineur de 15 ans été arrêté au Port pour avoir déclenché un feu de broussailles dans le quartier Rivière des Galets.

Au cours de cette même nuit, des feux de poubelles ont été allumés dans le quartier du Chaudron. Une personne a été interpellée et placée en garde à vue.

Pour limiter aux maximums ces violences urbaines et assurer la protection de la population, deux escadrons de gendarmerie mobile de Périgueux sont déployés sur l'île "pour appuyer les forces de l’ordre et densifier le maillage d’intervention sur les points les plus sensibles du territoire", informe la préfecture de La Réunion.

Face aux risques de nouvelles violences urbaines, le préfet n'exclut pas la mise en place d'un couvre-feu pour mineurs dans plusieurs communes de l’île.

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