Fin du conflit du Cinépalmes

"Contents mais pas sereins"

  • PubliĂ© le 24 octobre 2009 Ă  12:45
Lundi 19 Octobre 2009

Les salariés du Cinépalmes

Les grévistes et la direction du Cinépalmes de Sainte-Marie se sont enfin entendus sur un protocole d'accord, ce vendredi 23 octobre 2009, à 17h45. AprÚs deux semaines de mobilisation, le travail a repris pour les grévistes ce samedi 24 octobre, mais la sérénité n'est pas au rendez-vous. La satisfaction des victoires obtenues est altérée par la crainte de " retombées " de la part de la direction. Les délégués syndicaux et salariés déclarent rester "sur le pied de guerre" pour les jours et les mois à venir.

"Tout ça pour ça! Il était temps que nous aboutissions. AprÚs l'échange de cinq protocoles d'accord, nous sommes finalement arrivés à ce que nous voulions. En faisant durer le conflit, la direction a essayé de nous démobiliser, mais sans succÚs", déclare Dominique Derancy, délégué syndical du Cinépalmes de Sainte-Marie.

Le protocole d'accord prévoit la mise en place de cinq des 7 points de revendication des salariés. Pour commencer, le paiement d'un 13e mois sera effectif dÚs cette année 2009 mais par échelonnement. A la fin de l'année, les salariés percevront 1/3 du 13e mois, les 2/3 en 2010 et la totalité à partir de 2011.

Les repos perdus (l'absence de pause dans la journée, l'amplitude non respectée des 11 heures de repos entre la débauche et l'embauche, les 35h de repos par semaine souvent grignotés) seront régularisés soit financiÚrement soit par des congés payés selon l'entente qui se fera, au cas par cas, entre le salarié et la direction, avec l'application du principe de rétroactivité depuis la date d'embauche du salarié.

Pour gérer ces régularisations, les délégués du personnel prépareront un tableau qui résume la situation de chaque salarié, ainsi que leur volonté. Charge ensuite à la direction de le valider. Le cas échéant, les délégués syndicaux annoncent d'ores et déjà qu'ils ne laisseront rien passer. " Je saisirais immédiatement les syndicats qui nous soutiennent et gardent un ?il averti sur l'évolution de notre situation", déclare Dominique Derancy, délégué du personnel du Cinépalmes. La confiance n'est pas au rendez-vous.

Par ailleurs, de nouveaux plannings intĂ©grant un roulement par dimanche (lĂ©galement imposĂ© par le code du travail) ainsi qu'un jour de repos supplĂ©mentaire doivent ĂȘtre mis en place dans les semaines Ă  venir.

L'arrĂȘt de l'embauche d'intĂ©rimaires est Ă©galement prĂ©vu. Le quota de 800 Ă  1.000 heures effectuĂ©s par des intĂ©rimaires depuis la crĂ©ation du complexe, il y a 4 ans, sera remplacĂ© soit par l'augmentation des temps partiels pour les employĂ©s concernĂ©s qui le dĂ©sire, soit par la crĂ©ation de postes.

Pour ces derniers points relatifs à l'organisation du temps de travail, l'Arvise, organisme indépendant qui s'occupe de la gestion des plannings des sociétés a été mandaté.

Le dernier point qui opposait les grévistes aux salariés, soit la mise en place de tickets restaurant pour les déjeuners et dßners a également obtenu gain de cause. Huits tickets restaurants seront distribués à chaque employé tous les mois.

Seuls leurs espoirs d'obtenir 5% d'augmentation de leur salaire ainsi que des compensations financiÚres pour les dimanches et les heures de nuits travaillés n'ont pas été satisfaits.

NĂ©anmoins, les salariĂ©s se disent encore inquiets et tendus quant Ă  leur avenir. "On s'attend Ă  des reprĂ©sailles de la part de la direction", affirme Dominique Derancy. Selon le dĂ©lĂ©guĂ© syndical, le jour oĂč les salariĂ©s ont dĂ©posĂ© leur prĂ©avis de grĂšve, le directeur gĂ©nĂ©ral d'exploitation du CinĂ©palmes les aurait menacĂ© de "retombĂ©es" Ă  l'issu de la mobilisation. " Nous restons tous, salariĂ©s et syndicats, trĂšs vigilants. Nous nous attendons Ă  ce que ces prochains jours se rĂ©vĂšlent un peu chaotiques", continue-t-il.

Cela faisait 14 jours que les salariĂ©s avaient entamĂ© leur grĂšve. Quelques tensions ont Ă©maillĂ© la mobilisation avec notamment une plainte dĂ©posĂ©e par la direction pour vol de bobines, qui avait valu Ă  la justice d'ĂȘtre Ă©galement saisie par les grĂ©vistes pour diffamation.

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