Les ex salariĂ©s de l'ARAST sont rassemblĂ©s devant la prĂ©fecture depuis 12 heures 30 ce mardi 5 janvier 2010. Ils veulent demander au prĂ©fet de plaider leur cause auprĂšs des banquiers. Sans salaires depuis la fin novembre 2009, date de la liquidation de leur structure, ils sont en grave difficultĂ© financiĂšre - certains sont mĂȘme interdits bancaires. En dĂ©but de matinĂ©e, ils ont manifestĂ© au conseil gĂ©nĂ©ral oĂč ils ont dĂ©foncĂ© les portes vitrĂ©es donnant accĂšs aux Ă©tages. La police a pris position dans la cour du bĂątiment mais n'est pas intervenue.
Les manifestants, ils sont plus de 200, s'Ă©taient rassemblĂ©s au conseil gĂ©nĂ©ral vers 9 heures. Les esprits se sont rapidement Ă©chauffĂ©s. AprĂšs avoir escaladĂ© le portail du bĂątiment, ils ont dĂ©foncĂ© Ă coups de pied les portes vitrĂ©es donnant accĂšs aux Ă©tages. Les manifestants sont montĂ©s jusqu'au au 5Ăšme Ă©tage oĂč se trouvent les bureaux de la prĂ©sidente Nassimah Dindar et de son Cabinet. Constatant l'absence des Ă©lus, ils sont redescendus dans le hall du bĂątiment.En milieu de matinĂ©e, ils ont dĂ©cidĂ© de se rendre Ă la prĂ©fecture pour demander au prĂ©fet d'intervenir en leur faveur auprĂšs des banques concernant les dĂ©couverts engendrĂ©s par le non versement des salaires et des indemnitĂ©s de licenciement.
L'AGS (association de gestion des créances des salariés) et le conseil général se renvoient en effet, la responsabilité de cette problématique. à savoir, qui de l'association de gestion des créances des salariés ou du Département doit verser les indemnités des anciens salariés de l'ARAST?
Le premier affirme que le second est lĂ©galement dans l'obligation d'intĂ©grer l'ensemble du personnel du fait de leur activitĂ© d'utilitĂ© publique. Cette intĂ©gration, estime l'AGS, reviendrait Ă une continuitĂ© dans le travail et annulerait toute indemnisation de licenciement. Le conseil gĂ©nĂ©ral, de son cĂŽtĂ©, juge qu'il revient Ă l'AGS, auprĂšs duquel les patrons de l'ARAST ont cotisĂ©, de payer.âšâš
Outre cette question de droit, le directeur de l'AGS affirme ne pas ĂȘtre, pour l'heure, lĂ©galement concernĂ© par ce dossier complexe. "Tant que le liquidateur judiciaire ne nous aura pas envoyĂ© les crĂ©ances salariales de chaque personne concernĂ©e, aucune demande d'indemnitĂ©s ne nous est fait" dĂ©clarait-il le 29 dĂ©cembre. Les crĂ©ances salariales permettent de dĂ©terminer les droits aux indemnitĂ©s de chacun des travailleurs sociaux. Or, l'Ă©tude de Maitre Badat, chargĂ© des 1 196 dossiers concernĂ©s par ce problĂšme semble loin d'avoir terminer son travail. Les ex salariĂ©s vivent donc chaque jour un peu plus dans l'inquiĂ©tude de ne plus pouvoir payer leur loyer ou nourrir leurs enfants. L'indemnisation des 1 196 anciens salariĂ©s de l'ARAST est Ă©valuĂ©e Ă 28 millions d'euros. Une somme que l'AGS, en difficultĂ© financiĂšre, redoute. âšâš
Rappelons que le conseil gĂ©nĂ©ral a votĂ© le 16 dĂ©cembre le principe de crĂ©ation de 1 000 postes en CDD d'aides Ă domicile, l'une des principales activitĂ© exercĂ©e par la dĂ©funte ARAST. Craignant dĂ©jĂ que l'AGS refuse de leur verser des indemnitĂ©s de licenciement, les syndicats avaient demandĂ© aux ex salariĂ©s d'ĂȘtre "prudents" avant de signer ces contrats. âšâš
Le vendredi 27 novembre, le tribunal de commerce a prononcĂ© la liquidation de l'ARAST. La structure accusait un dĂ©ficit de 10 millions d'euros. 1 196 personnes se retrouvaient au chĂŽmage. âšâšL'ARAST Ă©tait spĂ©cialisĂ©e dans l'aide Ă domicile et le service Ă la personne. 8 000 personnes bĂ©nĂ©ficiaient de ses services.






