Le 2 aoĂ»t dernier, les entreprises en difficultĂ© obtenaient un gel de leurs dettes sociales et fiscales, le temps que soit Ă©tabli durant ce mois d'aoĂ»t un diagnostic prĂ©cis de leur situation, afin d'envisager des solutions plus pĂ©rennes. Le mois d'aoĂ»t touche Ă sa fin, et le dossier n'a semble-t-il pas beaucoup avancĂ©. Les quelque 6 000 entreprises concernĂ©es, si elles ont pu souffler durant un mois, sont loin d'avoir sorti la tĂȘte de l'eau. Et 6 000 entreprises en grande difficultĂ©, cela signifie des milliers d'emplois menacĂ©s, alors que le taux de chĂŽmage Ă La RĂ©union est toujours aussi important.
Cela fait presque un mois quâun protocole dâaccord a Ă©tĂ© signĂ© accordant le "gel immĂ©diat de toutes procĂ©dures de recouvrement forcĂ©es des dettes sociales et fiscales afin de sauvegarder les entreprises et les milliers dâemplois quâelles reprĂ©sentent". Cette mesure a Ă©tĂ© prise provisoirement, le temps dâĂ©tablir un diagnostic des difficultĂ©s rencontrĂ©es pour le paiement des charges sociales et fiscales.
Le diagnostic devait ĂȘtre Ă©tabli dâici la fin du mois dâaoĂ»t. Mais en ce vendredi 31 aoĂ»t 2012, les choses nâont semble-t-il pas beaucoup Ă©voluĂ©, laissant les petites entreprises concernĂ©es dans le dĂ©sarroi. "On est plusieurs Ă ne plus savoir comment faire pour joindre les deux bouts. Personnellement, je suis dans une situation impossible, je nâai plus rien sur mon compte, jâai mĂȘme Ă©tĂ© obligĂ© dâhypothĂ©quer ma maison", tĂ©moigne lâun des chefs dâentreprise en difficultĂ©.
"Dans le BTP par exemple, ça fait longtemps quâon tire la sonnette dâalarme sur notre situation, mais plus ça va, plus ça empire", poursuit-il. "Depuis un mois quâon a signĂ© ce protocole dâaccord, il nây a rien de nouveau, les choses nâont pas bougĂ©. Au final, on est toujours dans la mĂȘme situation, et on a lâimpression que personne ne se soucie de nous", dit encore ce chef dâentreprise, ajoutant que cette situation de dĂ©sespoir "conduit certains Ă avoir des idĂ©es trĂšs noires".
Selon le collectif Sauvons nos entreprises, ce sont quelque 6 000 entreprises rĂ©unionnaises qui sont dans lâincapacitĂ© dâhonorer leurs dettes fiscales et sociales. Plusieurs milliers de personnes vivent ainsi dans la crainte de devoir mettre la clĂ© Ă la porte et de se retrouver du jour au lendemain sans travail, dans un dĂ©partement oĂč le taux de chĂŽmage atteint les 30%. 6 000 entreprises en danger, cela reprĂ©sente aussi plusieurs milliers de familles rĂ©unionnaises dans le besoin.
Par ailleurs, les derniers chiffres du marchĂ© du travail communiquĂ©s par lâInsee ne sont pas trĂšs rassurants. En effet, en juillet 2012, le nombre de demandeurs dâemploi a encore augmentĂ©, il sâĂ©lĂšve Ă 124 770.
Le collectif Sauvons nos entreprises a prĂ©vu de donner une confĂ©rence de presse ce vendredi. Peut-ĂȘtre en saura-t-on davantage sur lâavancĂ©e du dossier concernant les dettes des entreprises. Si les choses nâont rĂ©ellement pas avancĂ©, de nouveaux blocages des organismes fiscaux et sociaux ne sont peut-ĂȘtre pas Ă exclure. Rappelons en effet que le collectif avait menĂ© des actions "coup de poing" le 1er aoĂ»t pour faire entendre leurs revendications.
Le collectif rĂ©clame l'abandon des dettes sociales et fiscales avec l'effacement des inscriptions de privilĂšges, l'arrĂȘt immĂ©diat de toutes les poursuites judiciaires en cours, la dĂ©livrance des attestations de rĂ©gularitĂ© pour pouvoir rĂ©pondre aux appels d'offre ainsi que d'autres mesures pour assainir de maniĂšre pĂ©renne la situation Ă©conomique de La RĂ©union.
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