Social - Anciens de l'ARAST

Jour de jugement

  • PubliĂ© le 2 fĂ©vrier 2010 Ă  02:00
Jeudi 28 Janvier 2010

Paul Junot au tribunal de Saint-Denis

Paul Junot, dirigeant de la CFTC, les anciens salariĂ©s de l'ARAST (association rĂ©gionale d'accompagnement social territorialisĂ©) sauront ce mardi 2 fĂ©vrier 2010 Ă  14 heures si le tribunal de grande instance de Saint-Denis interdit, "sous peine d'astreinte, l'occupation du conseil gĂ©nĂ©ral pour l'avenir et d'ordonner l'expulsion de M. Paul Junot et de toutes les personnes qui s'y trouvent". ExaminĂ©e par les magistrats ce jeudi 28 janvier, cette requĂȘte en expulsion a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e par le DĂ©partement. La dizaine de travailleurs sociaux qui campe toujours au Palais de la Source, attend le prononcĂ© du jugement pour dĂ©cider de la nouvelle orientation de leur action revendicative. Rappelons que les anciens de l'ARAST rĂ©clament le versement de leurs indemnitĂ©s de licenciement.

Ce jeudi, l'audience au tribunal de grande instance a durĂ© moins d'une heure. Les avocats du DĂ©partement, MaĂźtres Bellot et CrĂ©gut avaient accusĂ© les anciens salariĂ©s de l'ARAST prĂ©sents au Palais de la Source de "voies de fait". Ils occuperaient une propriĂ©tĂ© privĂ©e et seraient responsables "d'atteinte Ă  la libertĂ© du travail". ‹‹

Face Ă  ces arguments, l'avocat de Paul Junot avait opposĂ© trois motifs de rejet de la demande d'expulsion. Il avait d'abord plaidĂ© l'incompĂ©tence juridique du tribunal de grande instance Ă  juger ce dossier. "Si les bureaux du conseil gĂ©nĂ©ral relĂšvent du domaine privĂ©, il y a Ă©galement des jardins. Or toute libĂ©ration pour occupation d'un domaine public relĂšve du tribunal administratif" avait soulignĂ© MaĂźtre Armoudom.‹‹

L'avocat avait aussi estimĂ© irrecevable l'assignation de Paul Junot : "Paul Junot n'est pas salariĂ© de l'Arast mais prĂ©sident de la CFTC. Il n'a pas la qualitĂ© de reprĂ©sentant du personnel. Peut-il alors rĂ©pondre de cette demande d'expulsion ?", s'Ă©tait-il interrogĂ© en soulignant que d'autres responsables de syndicats ou encore la reprĂ©sentante du personnel auraient Ă©galement pu ĂȘtre assignĂ©s.‹‹

Pour terminer, MaĂźtre Armoudom avait rĂ©futĂ© l'argument d'entrave Ă  la libertĂ© de travail. En conclusion, la dĂ©fense, dont le plaidoyer aura durĂ© beaucoup plus longtemps que celui de l'accusation avait qualifiĂ© cette assignation de triple "erreur". "Cette demande d'expulsion est une erreur humaine, une erreur politique, mais on n'est pas lĂ  pour en dĂ©battre, une erreur enfin juridique. (...)". MaĂźtre Armoudom avait invitĂ© le juge Ă  dĂ©clarer l'incompĂ©tence de son tribunal, l'irrecevabilitĂ© de la personne assignĂ©e ou encore l'absence de preuves de voies de fait. Il avait aussi demandĂ© la nomination d'un mĂ©diateur "pour dĂ©terminer la bonne foi des parties", afin d'Ă©viter "d'envenimer les choses en continuant l'escalade de l'affrontement".‹‹

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