Centre pénitentiaire du Port

La colĂšre des surveillants

  • PubliĂ© le 29 mai 2006 Ă  00:00
Lundi 29 mai 2006 -

Les surveillants de la prison du Port ne veulent pas d'un allongement de elur temps de service

Coup de chauffe ce lundi matin 29 mai 2006 devant le centre pĂ©nitentiaire du Port. À l'appel de l'intersyndicale CGT - UFAP/UNSA et FO, le personnel pĂ©nitentiaire a dĂ©clenchĂ© "un mouvement de protestation". C'est le manque d'effectif et l'allongement des durĂ©es de services qui ont provoquĂ© la colĂšre du personnel. Les issues de la prison ont Ă©tĂ© bloquĂ©es pendant un peu plus de trois heures. Le mouvement est reconduit pour ce mardi, jour de parloir

"Nous demandons simplement le respect de nos droits. Il faudra bien que la direction nous entende" espĂšre un surveillant. Alors avec plusieurs dizaines de ses collĂšgues, il est arrivĂ© devant l'Ă©tablissement pĂ©nitentiaire Ă  6 heures 30. Les agents ont garĂ© leurs vĂ©hicules en double et mĂȘme triple file dans la rue donnant accĂšs Ă  la prison du Port. Toute circulation est rapidement devenue impossible. Le camion benne venu collecter les poubelles de l'Ă©tablissement a pu entrer mais pas ressortir. Il stationne Ă  l'entrĂ©e, cĂŽtĂ© intĂ©rieur de la prison.

"Respectez-nous"

Un fourgon de police est garĂ© en pleine rue. Les policiers discutent avec les surveillants. Il est question de manque d'effectif, de services interminables et d'heures supplĂ©mentaires effectuĂ©es Ă  la chaĂźne. "Chez nous aussi c'est la mĂȘme chose" commente l'un des agents de police. "De toute façon c'est partout pareil dans l'ensemble des administrations" lui rĂ©pond un surveillant.
"L'esclavage est fini, on ne veut pas travailler 12 heures". La banderole, peinte à la hùte, est déployée devant les grilles grand ouvertes du centre pénitentiaire du Port. Quelques pancartes posées en équilibre sur des portiÚres et des toits de voitures lancent: "respectez-nous", et "le manque d'effectif nuit à la sécurité". C'est d'ailleurs la principale raison du mouvement de mécontentement de ce lundi matin. "Nous ne sommes pas en grÚve puisque nous n'avons pas ce droit. Tous les gens qui sont là ce matin sont tous de repos ou en dehors de leurs heures de service" précise Dany Singama, secrétaire de la section locale de l'UFAP/UNSA.

Loin du compte

Il explique qu'Ă  partir du 1er juin, 10 agents travaillant sur 5 postes de sĂ©curitĂ© (2 agents par poste) vont travailler 12 heures d'affilĂ©e et non plus 6 heures. "C'est pour pallier le manque d'effectif que la direction a pris cette dĂ©cision. À notre sens, il faut crĂ©er des emplois et non pas augmenter les durĂ©es de service" commente Dany Singama. commente Robert Moutalou, dirigeant syndical CGT, affirme q'une Ă©tude rĂ©cente menĂ©e en concertation avec la direction et les syndicats a Ă©tabli que la crĂ©ation d'une soixantaine de postes supplĂ©mentaires est nĂ©cessaire pour assurer "un fonctionnement, normal et donc efficace" de l'Ă©tablissement. "Nous sommes loin compte" note-t-il en indiquant qu'au 1er janvier 2006, la prison portoise comptait 155 surveillants pour 677 dĂ©tenus (133 prĂ©venus et 544 condamnĂ©s). "C'est nettement insuffisant. Pour arriver Ă  atteindre un fonctionnement rĂ©glementaire, les surveillants effectuent une moyenne de 25 heures supplĂ©mentaires par mois et maintenant la direction veut nous imposer des services de 12 heures. Nous ne pouvons pas l'accepter" tempĂȘte Robert Moutalou.

Trois jours de repos

En l'absence du directeur de l'Ă©tablissement, Raymond Marco, actuellement hors de La RĂ©union, c'est le directeur adjoint Jean-Yves LapinsonniĂšre qui a nĂ©gociĂ© avec le personnel. Si le ton a Ă©tĂ© vif en tout dĂ©but de matinĂ©e, les choses se sont calmĂ©es un peu plus tard. Sans pour autant qu'une solution ne soit trouvĂ©e. "Les services de 12 heures sont rĂ©glementaires. Ici comme ailleurs en France la directive devra ĂȘtre appliquĂ©e" indique Jean-Yves LapinsonniĂšre. Il remarque aussi qu'Ă  la fin de chacun de ces services "le personnel a 3 jours de repos d'affilĂ©e". Il ajoute que les agents ont un total de 11 jours de repos par mois "et que toute heure effectuĂ©e au-delĂ  des 35 heures lĂ©gales par semaine "sont des heures supplĂ©mentaires payĂ©es en tant que tel". Il ne nie pas qu'il y a un manque d'effectif, mais "estime que "le problĂšme ne peut pas ĂȘtre rĂ©glĂ© de la sorte".
En demandant que "le piquet de mécontents" soit levé, il propose qu'une réunion de négociations ait lieu le 19 juin prochain entre la direction et les syndicats. "Nous ferons le bilan des services à 12 heures" dit-il. Les syndicalistes ne sont pas d'accord et demandent la suspension de la mesure d'allongement des services jusqu'au 19 juin.
Les deux parties finiront par convenir d'une rencontre pour 17 heures. Il est alors presque 10 heures. Le piquet est levé. Les surveillants de service regagnent leur postes de travail.

Jour de parloir

Les deux parties finiront par convenir d'une rencontre pour 12 heures. Il est alors presque 10 heures. Le piquet est levĂ©. Mais la nĂ©gociation ne donnera rien. L'intersyndicale a donc dĂ©cidĂ© de reconduire et mĂȘme de durcir le mouvement de protestation. Le mardi est en effet jour de parloir. Le personnel a prĂ©vu de se rĂ©unir Ă  nouveau devant la prison Ă  partir de 6 heures 30. "Les parloirs commencent vers 12 heures 30. Tout se passera bien si la direction accepte de suspendre le passage au service de 12 heures. Sinon on verra bien" note un syndicaliste.
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