Les policiers municipaux rĂ©clament les mĂȘmes avantages que les agents de la police nationale. C'est en substance le message que voulait faire passer la quarantaine d'agents rassemblĂ©s devant la prĂ©fecture vers 10 heures ce mardi 1er juin 2010. Les manifestants rĂ©pondent Ă l'appel de l'Intersyndicale (FO, CGT, UNSA territoriaux, FAFPT- fĂ©dĂ©ration autonome de la fonction publique territoriale) qui relaie localement le mouvement national des policiers municipaux. L'USPPM (union syndicale professionnelle des policiers municipaux) Ă©tait Ă©galement prĂ©sente au rassemblement.
Revalorisation des carriÚres, reconnaissance de la pénibilité et de la dangerosité du travail, intégration du régime indemnitaire au calcul des retraites, les revendications des policiers municipaux sont d'ordre salarial et social. "Le métier devient de plus en plus dangereux. Nous avons des missions de proximité, de prévention. Nous souhaitons obtenir une reconnaissance de notre profession" lance Patrick Jayme, secrétaire général adjoint de l'UNSA territoriaux.Les grilles de salaires de la collectivité territoriale ne permettent pas aux agents de prétendre à des revenus équivalents à ceux de la police nationale. "Nous sommes dépendants du budget alloué par les mairies. Des différences de traitement existent parfois entre les municipalités. Et quand on parle de la revalorisation des salaires, on nous répond qu'il n'y a pas les crédits suffisants pour satisfaire nos demandes" rapporte Patrick Jayme. Une délégation syndicale a été reçue ce mardi à 10 heures en préfecture pour exposer le "malaise" des policiers. Une motion a également été déposée.
L'utilisation des pistolets à impulsions électriques (PIE) de type Taser a été évoquée ce mardi matin. Le Taser est autorisé aux policiers municipaux par un décret paru ce jeudi 27 mai au Journal officiel. "Mais ce n'est pas le Taser qui va régler la pénibilité de notre travail" lance Lucas Gobalou, secrétaire général du syndicat FO police municipale.
La fédération autonome de la fonction publique territoriale (FAFPT) précise qu'elle est favorable au port du Taser par les policiers municipaux. "Une formation spécifique préalable à l'autorisation de port du Tasser et une formation d'entraßnement sont nécessaires. Trois policiers réunionnais sont habilités à porter cette arme aujourd'hui et à en dispenser la formation. Tout cela est réalisé dans un cadre réglementaire. Ce type d'arme ne doit pas faire oublier le problÚme de la sécurité dans notre métier, mais nous reconnaissons que le Taser va nous conforter dans nos missions de prévention. Il s'agira de montrer la force pour ne pas avoir à l'utiliser" estime Jean-Noël Ellaya du FAFPT.
Les syndicalistes ajoutent : "il arrive frĂ©quemment que l'on fasse les mĂȘmes missions que la police nationale". Ce fut le cas d'AurĂ©lie Fouquet, un agent de la police municipale du Val de Marne en mĂ©tropole qui a Ă©tĂ© tuĂ©e dans une fusillade aprĂšs une interpellation. Les policiers municipaux rĂ©unionnais ont observĂ© une minute de silence en son hommage.
L'Intersyndicale demande qu'une rĂ©flexion sur les orientations du mĂ©tier de policier municipal soit menĂ©e dans les semaines Ă venir. L'association des maires de la RĂ©union devrait ĂȘtre contactĂ©e par les syndicats qui n'excluent pas d'autres manifestations dans les mois Ă venir.
PrÚs de 200 policiers municipaux sont en service actuellement à la Réunion.

