Sans aucune communication officielle, le GIHP (Groupement pour l'Insertion des personnes Handicapées Physiques) a cessé de transporter ses bénéficiaires et autres handicapés qui en faisaient la demande pour des trajets de vie quotidienne, entre le 1er et le 8 janvier 2010. Cette interruption de service a finalement été suspendue ce vendredi 8 janvier mais il apparaßt que le prix du transport soit excessivement plus cher qu'en 2009. "A défaut de refuser catégoriquement le transport, le GIHP a instauré des prix exorbitants que la plupart des handicapés ne peuvent pas payer. Je pense que l'association veut se débarrasser de cette mission peu rentable" s'insurge Noël Thomas, président de l'association Saint-Paul Handisports. Le GIHP est le seul à assurer ce service sur toute l'ßle.
L'absence de communication relative Ă l'interruption du service de transport a particuliĂšrement choquĂ© ses usagers. "Nous nous sommes rendus compte que les handicapĂ©s ne seraient plus transportĂ©s en appelant pour demander un transport comme nous le faisons depuis des annĂ©es" dĂ©clare le prĂ©sident de l'association Saint-Paul Handisports. Sans transport de vie quotidienne, les personnes handicapĂ©es ne peuvent plus faire leurs courses, s'aĂ©rer l'esprit ou aller chez le mĂ©decin."Deux adhĂ©rents se sont vus demander 45 euros par trajet et par personne pour ĂȘtre transportĂ© du Guillaume (Saint-Paul) Ă Saint-Denis" tĂ©moigne encore NoĂ«l Thomas. Une course qui coĂ»tait 30 euros aller/retour en dĂ©cembre dernier. Une autre personne s'est vue rĂ©clamer 22 euros pour aller de la Plaine-Saint-Paul Ă l'Ermitage contre 1,30 en 2009. "De nombreux handicapĂ©s sont des proies faciles. Ils n'ont pas tous la notion de l'argent et j'en connais plusieurs qui voulaient payer. Mais ils n'ont pas les moyens de dĂ©penser autant pour sortir", explique le prĂ©sident de l'association Saint-Paul Handisports.
Ce groupement pour l'insertion des personnes handicapĂ©es physiques rayonne sur toute l'Ăźle. C'est la seule association dotĂ©e de vĂ©hicules adaptĂ©s au transport de personnes handicapĂ©es. "L'interruption de ce service, mĂȘme une semaine, Ă©quivaut Ă la remise en question par le GIHP de sa mission. Le groupement espĂšre probablement que le conseil gĂ©nĂ©ral reprendra cette activitĂ©", analyse NoĂ«l Thomas. Le GIHP est subventionnĂ© par le DĂ©partement et les mairies. Cette reprise d'activitĂ© d'utilitĂ© publique pourrait donc ĂȘtre potentiellement envisageable au sein d'un GIP (groupement d'intĂ©rĂȘt public), comme c'est le cas pour l'Arast (association rĂ©gionale d'accompagnement social territorialisĂ©) rĂ©cemment liquidĂ©e.
En dépit de nombreuses sollicitations, la direction du GIHP n'a pas souhaité s'exprimer sur la question.
