Une bonne partie des collÚges et des lycées de La Réunion a été paralysée ce mardi 8 avril 2003 par un mouvement de grÚve. Les grévistes protestent contre le projet du gouvernement de transférer certains agents dans les collectivités territoriales et de réformer les retraites du secteur public. Une partie des grévistes a passé la nuit dans les locaux du rectorat à Saint-Denis
Selon le rectorat, une quarantaine d'Ă©tablissements sur la centaine que compte l'Ăźle Ă©taient fermĂ©s mardi. Les syndicats annonçaient, eux, que les deux tiers des collĂšges et lycĂ©es Ă©taient paralysĂ©s.Le mot d'ordre de grĂšve a Ă©tĂ© lancĂ© lundi par l'intersyndicale CGC, CGTR, SGEN-CFDT, UNSA, FO, FSU. Le jour mĂȘme les personnels ATOS (agents techniciens et ouvriers de service) de plusieurs Ă©tablissements du second degrĂ© ont cessĂ© le travail, souvent soutenu par les enseignants.
Mais c'est mardi que le mouvement a pris toute son ampleur. DÚs 9 heures, les grévistes se sont rassemblés à Champ Fleuri à Saint-Denis. En fin de matinée, ils sont rendus au rectorat et ont immédiatement occupé les locaux dans une ambiance plutÎt bon enfant.
"Nous ne sommes pas lĂ pour dĂ©fendre notre statut, mais nos missions" soulignait Gilbert Romain, porte-parole de l'intersyndicale. Il faisait rĂ©fĂ©rence Ă l'annonce faite le 28 fĂ©vrier dernier par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, "sans concertation et sans dialogue", du projet du gouvernement de transfĂ©rer les personnels ATOS de la fonction publique d'Ătat Ă la fonction publique territoriale.Ces agents, selon qu'ils travaillent dans les collĂšges ou dans les lycĂ©es, relĂšveront alors de la compĂ©tence du conseil gĂ©nĂ©ral ou du conseil rĂ©gional.
"DémantÚlement"
"Cela s'apparente Ă un dĂ©mantĂšlement du service public de l'Education nationale et ce n'est que le dĂ©but puisque'Ă terme ce sont les enseignants eux-mĂȘmes qui seront transfĂ©rĂ©s vers les collectivitĂ©s territoriales" affirmait Gilbert Romain.
De plus en cas de transfert, les agents en poste continueraient Ă percevoir des salaires indexĂ©s Ă la hausse par rapport Ă de mĂ©tropole, mais ce "plus" disparaĂźtrait Ă leur dĂ©part Ă la retraite. Ce qui n'est pas le cas pour les agents de la fonction publique d'Ătat qui, eux, perçoivent une pension indexĂ©e.
Les retraites de la fonction publique et le projet gouvernemental d'aligner leur régime sur celui du privé sont le second motif de mécontentement des grévistes. En effet, si la réforme est adoptée les fonctionnaires comme les salariés du secteur privé devraient cotiser 40 ans et non 37,5 ans pour avoir droit à une retraite à taux plein.
L'IUFM en grĂšve
En début d'aprÚs-midi, le recteur Christian Duverger, rencontrait les représentants de l'intersyndicale. à l'issue d'un entretien de trois quarts d'heure, il s'adressait briÚvement aux grévistes réunis dans le hall du bùtiment. "Le recteur que je suis ne peut rester insensible aux marques d'attachement que vous manifestez vis-à -vis du service public" disait-il avait de souligner "il est vrai que la situation est difficile dans la mesure ou l'absence de concertation avant l'annonce du projet de transfert nous a démunie de notre pratique habituelle de dialogue". DÚs lors, c'est devant un auditoire conquis qu'il poursuivait , "il y a un déficit évident de communication, nous avons à construire ensemble un dialogue pour faire bouger le dossier et je suis votre relais auprÚs du ministre pour protéger le service public".
Une partie des manifestants a passĂ© la nuit dans les locaux du rectorat. Les syndicalistes ont annoncĂ© qu'ils allaient durcir leur mouvement - "nous pourrons mĂȘme aller jusqu'au boycott des examens" -, et le poursuivre tant que le gouvernement n'aura pas retirĂ© le projet de transfert.
L'IUFM (institut universitaire de formation des maßtres) a déposé un préavis de grÚve illimitée à partir de mercredi











