90% des collÚges et lycées de l'ßle ne fonctionnent plus depuis ce jeudi 10 avril 2003. Les écoles sont à leur tour touchées par la grÚve. L'IUFM a cessé le travail mercredi. AprÚs l'évacuation des grévistes par la police, jeudi matin , le rectorat a été fermé. L'intersyndicale a appelé à la manifestation le mardi 15 avril. En attendant, le mouvement de grÚve a été reconduit
"Luc Ferry (ministre de l'Ăducation nationale - ndlr) veut tuer le corps en saignant l'Ă©cole de vos enfants". Le slogan - calambour peint sur une pancarte posĂ©e devant le rectorat, rĂ©sume assez bien le sentiment des personnels de l'Ăducation nationale qui ont bouclĂ© jeudi leur troisiĂšme jour de grĂšve. Sans faiblir. Selon les syndicalistes 90% des Ă©tablissements du second degrĂ© sont en grĂšve. Les Ă©coles primaires sont peu Ă peu gagnĂ©es par le mouvement. Les Ă©tudiants de l'IUFM sont dans l'action depuis mercredi. Les syndicats ont annoncĂ© que l'UniversitĂ© se mettrait en grĂšve dĂšs ce vendredi.Tous protestent contre le projet du gouvernement de transfĂ©rer les personnels ATOS (agents techniciens et ouvriers de service) de la fonction publique d'Ătat Ă la fonction publique territoriale. Ils refusent Ă©galement le projet d'alignement des rĂ©gimes de retraite du public sur ceux du privĂ© (ce qui aurait notamment pour effet de faire passer la durĂ©e de cotisation pour l'obtention d'une retraite Ă taux plein de 37,5 ans Ă 40 ans). Ă noter que le conseil rĂ©gional et le conseil gĂ©nĂ©ral, entre qui serait rĂ©partis les personnels ATOS, ont tenu Ă faire savoir qu'ils n'Ă©taient absolument pas demandeurs de cette rĂ©forme.
ĂvacuĂ©s Ă 6 heures
La journée de jeudi a commencé trÚs tÎt pour les grévistes. Et pour cause. à 6 heures du matin, les policiers ont fait évacuer les locaux du rectorat occupés depuis mardi par les grévistes. Une cinquantaine de personnes se trouvaient à l'intérieur du bùtiment lorsque la police est intervenue. L'évacuation s'est faite sans heurts, mais les grévistes ont visiblement trÚs mal vécu l'intervention policiÚre. "Nous n'avons pas dégradé les locaux, nous n'avons pas menacé le personnel non - gréviste, le recteur a dit mardi qu'il comprenait notre action, alors je ne vois pas pourquoi on nous traite de cette façon" lançait, amer, un syndicaliste.
L'intersyndicale lançait immĂ©diatement un appel un durcissement du mouvement. Tous les grĂ©vistes de l'Ăźle Ă©taient appelĂ©s Ă se regrouper devant le rectorat. "Nous allons de nous nouveau occuper les lieux et nous le ferons tant que le gouvernement n'aura pas retirĂ© son projet de transfert d'une partie des agents vers les collectivitĂ©s locales" notaient les syndicats. "On a demandĂ© Ă d'autres fonctionnaires, les policiers, de se dresser contre nous et de nous faire sortir, nous personnels de l'Ăducation nationale, de la maison qui est la nĂŽtre, en l'occurrence le rectorat, c'est inadmissible" protestait l'un des porte - paroles de l'intersyndicale, Gilbert Romain.
Manifestation mardi 15 avril
Peu de temps aprĂšs plusieurs centaines de manifestants se rassemblaient devant le rectorat. Ils y sont restĂ©s jusqu'en fin d'aprĂšs-midi sous un soleil de plomb Ă peine ternir par une brĂšve averse. L'ambiance plutĂŽt dĂ©tendue a mĂȘme presque tournĂ© Ă la fĂȘte lorsque, tambours et kayamb en tĂȘte, les Ă©tudiants de l'IUFM, en grĂšve depuis mercredi, ont rejoint les manifestants
En milieu de journĂ©e Vincent Cellier de la FSU annonçait qu'Ă la demande du gouvernement, le prĂ©fet avait proposĂ© qu'une dĂ©lĂ©gation de l'intersyndicale se rende Ă Paris pour rencontrer le ministre de l'Ăducation nationale, Luc Ferry. "Cette proposition relĂšve du mĂ©pris. Nous ne pouvons pas accepter que des dĂ©lĂ©guĂ©s rĂ©gionaux aillent traiter de problĂšmes nationaux. C'est avec nos dĂ©lĂ©guĂ©s nationaux que la nĂ©gociation doit avoir car il ne s'agit pas de discuter d'un problĂšme rĂ©gional, mais bel et bien du dĂ©mantĂšlement du service public d'Ăducation. Cela concerne toute la nation et pas seulement une rĂ©gion".
C'est ce mĂȘme langage que l'intersyndicale a tenu dans l'aprĂšs-midi lors de sa rencontre avec le recteur Christian Duverger. "Nous lui avons Ă©galement fait remarquer que lui non plus n'avait pas le pouvoir d'apporter de rĂ©ponse au problĂšme" commentait Vincent Cellier.
La manifestation s'est dispersée en fin d'aprÚs-midi. Aujourd'hui des motions seront remises dans les 4 sous préfectures de l'ßle.
L'intersyndicale a appelé à une grande manifestation pour le mardi 15 avril. Le rassemblement aura lieu à partir de 9 heures. Les grévistes défileront ensuite jusqu'au Barachois.












