Les ex-salariés de l'ARAST (association régionale d'accompagnement social territorialisé) manifesteront à Saint-Denis le mercredi 17 février, jour de l'assemblée pléniÚre du conseil général. L'annonce a été faite ce jeudi 11 février 2010, par Valérie Bénard, porte-parole des anciens employés. "Il n'est pas question de relùcher la pression. Nous continuerons notre combat tant que nous n'aurons pas obtenu gain de cause," souligne Valérie Bénard. Les ex-salariés de l'ARAST ont par contre renoncé à présenter une liste aux régionales "faute de moyens financiers".
" Lorsque nous avons annoncĂ© notre intention de monter une liste, nous pensions que nos indemnitĂ©s allaient ĂȘtre versĂ©es. Nous nous en serions servies pour financer la campagne Ă©lectorale et les autres frais " note ValĂ©rie BĂ©nard. " Nos indemnitĂ©s n'ont pas Ă©tĂ© versĂ©es, nous n'avons donc pas les moyens de nous lancer dans la bataille, " annonce-t-elle. L'ARAST qui a Ă©tĂ© approchĂ©e " en tant que groupe par quasiment toutes les tendances politiques " ne sera pas prĂ©sente en tant que tel sur une liste. " Mais chacun d'entre-nous est libre de se dĂ©terminer en fonction de ses affinitĂ©s politiques et d'accepter d'ĂȘtre sur une liste, " prĂ©cise Patricia Fimar, technicienne d'intervention sociale et familiale (TISF).En attendant les Ă©lections, c'est donc dans la rue que les travailleurs sociaux ont dĂ©cidĂ© une nouvelle fois de se faire entendre. Le mercredi 17 fĂ©vrier, ils se rassembleront Ă partir de 9 heures devant le jardin de l'Ătat Ă Saint-Denis. Ă quelques pas du palais de la Source, siĂšge du conseil gĂ©nĂ©ral, oĂč les Ă©lus seront rĂ©unis en assemblĂ©e plĂ©niĂšre. " Nous n'avons pas encore dĂ©cidĂ© de notre itinĂ©raire ni du dĂ©tail de nos actions. Mais ce qui est certain, c'est que l'on entendra parler de nous " ne cache pas ValĂ©rie BĂ©nard. " L'expĂ©rience a montrĂ© que la mobilisation paye " commente-t-elle. Patricia Fimar surenchĂ©rit : " c'est grĂące Ă nos 28 jours d'occupation du conseil gĂ©nĂ©ral que nous avons pu obtenir le versement des salaires de dĂ©cembre, des aides d'urgence et de certains prĂ©avis. "
Les indemnités de licenciement par contre n'ont toujours pas été versées. Surtout le payeur n'a pas été identifié. L'AGS (assurance garantie des salaires) estime en effet que le Département a l'obligation légale d'intégrer les travailleurs sociaux. Elle ajoute que cette intégration entraßnerait automatiquement une continuité d'activité et qu'il n'y aurait donc pas de licenciement... Ni d'indemnités à verser. Le conseil général affirme au contraire que les salariés ont été licenciés de fait par la décision du tribunal de commerce de liquider l'association d'aide à domicile. La question n'a toujours pas été tranchée.
Les anciens de l'ARAST comptent donc sur leur nouvelle mobilisation pour faire avancer le dossier. Ils espÚrent aussi que les prud'hommes leur donneront raison. Plus de 700 ex-salariés ont déposé un recours devant le tribunal prud'hommal. Ils demandent leur intégration au conseil général en tant qu'agent de la fonction publique territoriale au titre de la continuité de service public. à noter qu'une décision de l'Inspection du travail semble abonder dans ce sens. 12 des 53 salariés protégés de l'ARAST se sont vus refuser leurs licenciements. " Ces 12 personnes exerçaient dans le domaine de l'aide à domicile, à l'enfance et de l'action éducative. Ce sont des compétences du conseil régional, l'Inspection du travail a refusé le licenciement en estimant que le Département devait les embaucher " explique Valérie Bénard.
Reste à connaßtre l'appréciation des prud'hommes qui examineront les dossiers des 700 ex de l'ARAST le mercredi 17 mars. à noter qu'une cinquantaine de travailleurs sociaux ont finalement décidé de se désister de leur recours. " Ils ont fait l'objet de pressions, " affirment Valérie Bénard et Patricia Fimar.
Les anciens de l'ARAST ont tenu leur confĂ©rence de presse dans le local de la rue Jules Auber mis Ă leur disposition par la mairie de Saint-Denis. " Nous y avons installĂ© notre cellule de crise, " explique ValĂ©rie BĂ©nard. " Il y a aura une permanence tous les lundis, mercredis et vendredis. Nous accueillerons les collĂšgues qui ont besoins d'ĂȘtre assistĂ©s dans leurs diffĂ©rentes dĂ©marches administratives " ajoute la porte-parole.

