Toujours pas d'avancées ce mardi 13 juillet 2010 dans le conflit social qui oppose les salariés du Quotidien à la direction. "Les négociations sont au point mort", constate Edouard Marchal, journaliste et délégué du personnel, à l'issue d'une rencontre avec le directeur général de la société, Thierry Benbassat. "Il nous a une nouvelle fois opposé une fin de non recevoir", note le délégué du personnel. Les journalistes, à l'unanimité, ont donc décidé de reconduire la grÚve ce mardi aprÚs-midi. Selon l'intersyndicale CFDT-CFE, CGC, CGTR et SNJ, 98% des journalistes, 60% des salariés de la régie pub et 50% du personnel du services des petites annonces seraient en grÚve. AprÚs la non parution du journal ce mardi, c'est la parution de l'édition de ce mercredi 14 juillet qui est menacée. Le mouvement de protestation porte sur des revendications salariales.
Le personnel rĂ©clame une augmentation mensuelle de 150 euros et l'obtention d'une prime exceptionnelle. "La direction n'a jusque-lĂ consenti qu'une avance de 0,5% Ă valoir sur les nĂ©gociations de branche de la presse quotidienne dĂ©partementale, une proposition nettement insuffisante aux yeux des salariĂ©s" notent les grĂ©vistes dans un communiquĂ© rendu public en dĂ©but d'aprĂšs-midi ce mardi. "Nous ne sommes pas prĂȘts de lĂącher. Nous sommes soudĂ©s", confie un journaliste.La grĂšve a commencĂ© ce lundi 12 juillet. Le mouvement de mĂ©contentement a empĂȘchĂ© la parution de l'Ă©dition de ce mardi 13 juillet. Depuis 1982, le journal du Chaudron n'avait jamais Ă©tĂ© absent des kiosques. Des solutions aux conflits entre la direction et le personnel avaient toujours Ă©tĂ© trouvĂ©es dans la journĂ©e.
Mais cette fois "la direction est restée sourde à nos demandes" regrette Yannick Bernardeau, porte-parole des grévistes et délégué syndical SNJ (syndicat national des journalistes). Les réunions qui ont eu lieu dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) n'ont en effet débouché sur aucune avancée en matiÚre d'augmentation de salaires, notent les grévistes.
"Le prix de vente du Quotidien a sensiblement augmentĂ©, il est normal que le personnel puisse bĂ©nĂ©ficier de cette augmentation" a commentĂ©, en substance, Yannick Bernardeau ce mardi matin sur les ondes de Radio RĂ©union. En dĂ©plorant les consĂ©quences que cette grĂšve a sur le lectorat du journal, il a soulignĂ© que les grĂ©vistes Ă©taient prĂȘts Ă poursuivre leur mouvement jusqu'Ă la satisfaction de leurs revendications.
Dans un communiqué publié lundi soir, la section du SNJ-Réunion souligne que cette grÚve "n'est qu'une facette de la scandaleuse exploitation de la matiÚre grise dans de nombreuses entreprises de presse". Le syndicat s'insurge sur le fait que "les patrons de la presse quotidienne départementale refusent toute augmentation des salaires pour 2010, alors que ceux-ci sont déjà trÚs bas si l'on tient compte des exigences du métier de journaliste". Le Fédération CGTR Commerce et Services a également souhaité apporter son soutien aux salariés grévistes.
La direction du Quotidien n'a pas donné suite à notre demande d'interview sur le conflit.
