Lors du Conseil National du Modem du samedi 26 juin 2010, la question de la réforme des retraites a été abordée. Thierry Robert, membre du bureau exécutif national du Modem, estime qu'il faut privilégier une "approche pragmatique" sur ce débat. Il ne conteste pas la nécessité "vitale" de réformer ce systÚme et il qualifie de "raisonnable" le projet annoncé de "faire glisser progressivement l'ùge légal à partir duquel on peut faire valoir ses droits à la retraite de 60 à 62 ans. Néanmoins, le Modem "refuse de signer un chÚque en blanc au gouvernement" et demande la prise en compte d'amendements "pour que la réforme soit acceptable".
Le Modem estime d'abord que "l'ouverture d'une retraite plus prĂ©coce pour les salariĂ©s entrĂ©s dans la vie professionnelle trĂšs tĂŽt doit s'opĂ©rer". Thierry Robert fait ici rĂ©fĂ©rence Ă ceux qui sont entrĂ©s dans la vie professionnelle avant l'Ăąge de 18 ans. "Sous rĂ©serve d'expertise, la proposition de maintenir l'Ăąge de 60 ans pour les carriĂšres longues nous paraĂźt raisonnable", prĂ©cise t-il.Par ailleurs, le parti de François Bayrou rejette "la proposition liant la reconnaissance de la pĂ©nibilitĂ© Ă une invaliditĂ© constatĂ©e de 20% donnant lieu de surcroĂźt au versement d'une rente pour maladie professionnelle ou accident du travail". "La pĂ©nibilitĂ© doit ĂȘtre prise en compte, Ă l'image des accidents du travail, par une caisse autonome, alimentĂ©e par les entreprises au prorata des risques qu'elles font encourir Ă leurs salariĂ©s ce qui entraĂźnera une Ă©volution vers des parcours professionnels diversifiĂ©s et les incitera Ă augmenter la prĂ©vention", indique Thierry Robert dans son communiquĂ©.
Enfin, le Modem s'oppose à "la volonté de déplacer de 65 à 67 ans l'ùge du départ à la retraite sans pénalisation pour les carriÚres incomplÚtes". "62 ans oui, 67 ans non ! Ce sont les salariés les plus fragiles, les femmes qui ont commencé ou recommencé à travailler aprÚs avoir élevé des enfants, les petits salaires qui ont " galéré " qui se trouvent ici en cause", explique le maire de Saint-Leu.
Thierry Robert tient Ă souligner "qu'il manque dans la proposition du gouvernement une orientation de justice trĂšs attendue, l'Ă©galitĂ© devant la retraite. L'unification des rĂ©gimes de retraite doit lever les injustices si profondĂ©ment ressenties par nos compatriotes : rĂ©gimes spĂ©ciaux ; fonctionnaires par rapport aux salariĂ©s du privĂ© ; travailleurs indĂ©pendants ; parlementaires ; retraites chapeau ". Ces avantages plus ou moins secrets ou discrets font rĂ©gner un sentiment de profonde injustice. Seule une unification, prenant en compte les droits acquis dans le passĂ© mais donnant Ă tous les mĂȘmes rĂšgles pour l'avenir permettra de corriger les injustices et mettre fin aux privilĂšges".
Le Modem se montre critique quant Ă l'augmentation de 1 % de la tranche la plus Ă©levĂ©e de l'impĂŽt sur le revenu. "C'est une dĂ©cision purement cosmĂ©tique", souligne Thierry Robert. "Les efforts doivent ĂȘtre demandĂ©s de maniĂšre durable et juste, proportionnĂ©e aux moyens rĂ©els de chacun. Il faut mettre Ă contribution des revenus, en particulier financiers, aujourd'hui en grande partie exonĂ©rĂ©s", poursuit-il.
L'élu termine son communiqué en signalant qu' "à La Réunion, plus encore, cette question de la réforme des retraites est majeure car beaucoup ici de nos grands-parents, de nos parents n'ont peu ou pas cotisé jusqu'alors et l'on voit au quotidien les problÚmes que cela génÚre. D'autre part, malgré une démographie favorable dans l'ßle, le nombre d'actifs est largement inférieur au taux métropolitain ce qui va immanquablement pénaliser nos retraités".
