Toute la journĂ©e du jeudi 1er fĂ©vrier 2007, les reprĂ©sentants des gĂ©rants de stations services ont nĂ©gociĂ© avec les services de la prĂ©fecture suite Ă l'appel Ă la grĂšve lancĂ© la veille et largement suivi dans l'Ăźle. Une nouvelle rencontre est prĂ©vue ce vendredi, mais la prĂ©fecture a d'ores et dĂ©jĂ demandĂ© aux grĂ©vistes de rouvrir sous peine "d'un arrĂȘt des nĂ©gociations". Toute la journĂ©e de jeudi, les automobilistes ont assailli les rares stations ouvertes.
Jeudi 1er fĂ©vrier au matin, une cinquantaine de pompistes Ă©taient rĂ©unis devant la prĂ©fecture suite Ă l'appel Ă la grĂšve lancĂ© mercredi dans la nuit et largement suivi dans l'Ăźle. Ils souhaitent obtenir une revalorisation de leur marge sur le litre de carburant vendu. Les nĂ©gociations entre les services de l'Ă©tat et des reprĂ©sentants de la profession se sont dĂ©roulĂ©es tout au long de la journĂ©e. Dans la soirĂ©e, la prĂ©fecture a fait parvenir un communiquĂ© stipulant que "l'arrĂȘtĂ© de dĂ©termination des prix maximum de vente des carburants applicables au 1er fĂ©vrier 2007 ne sera pas remis en cause". MalgrĂ© tout, "il reste Ă dĂ©terminer le "chiffre-cible" en matiĂšre de marge des distributeurs de carburants, et Ă dĂ©finir le calendrier de progression entre le 1er mai 2007 et le 1er fĂ©vrier 2008".Une nouvelle rencontre est prĂ©vue ce vendredi 2 fĂ©vrier mais la prĂ©fecture demandait quand mĂȘme aux gĂ©rants de stations-service de reprendre leurs activitĂ©s. Car "la persistance d'un blocage conduirait inĂ©vitablement Ă un nouvel arrĂȘt des nĂ©gociations et Ă la mise en oeuvre de rĂ©quisitions". En milieu de soirĂ©e, les reprĂ©sentants des gĂ©rants de stations services Ă©taient toujours en rĂ©union pour dĂ©cider de la suite Ă donner au mouvement de grĂšve.
Files d'attente interminables
La rumeur de grÚve s'était répandue comme une traßnée de poudre mercredi 30 février au soir. Mais ce n'est que le lendemain matin que le mouvement a effectivement commencé, avec son lot de bouchons et de klaxons dans toute le département. Ainsi, environ 95% des stations de l'ßle avaient baissé leurs rideaux. Celles ouvertes ont été prises d'assaut tandis que guettait la rupture de stock. La marge des gérants de stations service est actuellement de 9 centimes d'euro par litre et l'augmentation annuelle décidée pour 2007 n'a été que de 0,3 centime par litre (4%). Insuffisant, selon les représentants de la profession réunis en syndicat, le SRES (syndicat réunionnais des exploitants de stations service), qui regroupe la majorité d'une activité exploitant 144 stations et employant 1 500 salariés.
Un contentieux ancien
"Nous n'avons jamais demandé que l'augmentation de la marge bénéficiaire pour les stations service se fasse au détriment d'une baisse du prix des carburants pour les usagers", tenait à préciser Pascal Plante, président du SRES (syndicat réunionnais des exploitants de stations services), qui se dit "trÚs déterminé".
Du cÎté de la préfecture, on explique que "l'évolution des cours mondiaux du pétrole au cours des trois derniers mois rendait possible une baisse des prix des carburants pour les consommateurs réunionnais. Cette baisse aurait été moins forte si une augmentation plus importante encore de la marge des gérants de stations services avait été accordée".
Les prix applicables au premier fĂ©vrier 2007 sont effectivement Ă la baisse (1,44 le litre de super et 1,07 euro pour le gazole). Mais les gĂ©rants de stations services souhaitent que soient appliquĂ©es Ă la RĂ©union les mĂȘmes rĂšgles qu'en mĂ©tropole, Ă savoir que les gĂ©rants fixent leurs marges eux-mĂȘmes. Dans l'Ăźle, indĂ©pendante de l'Ă©volution des prix des carburants, elle est réévaluĂ©e tous les ans et arrĂȘtĂ©e par le prĂ©fet. En fĂ©vrier 2006 dĂ©jĂ , la menace d'une grĂšve planait tandis que l'augmentation consentie avait Ă©tĂ© de 5,1%. La derniĂšre grĂšve de ce type date de 2000 et avait durĂ© deux jours.







