Saint-Pierre : le baskin fait rimer basket et inclusion

  • PubliĂ© le 31 juillet 2026 Ă  02:57
  • ActualisĂ© le 31 juillet 2026 Ă  05:21
Handibasket

Le Saint-Pierre basket-ball club, SPBB, a ouvert ses portes à des jeunes en situation de handicap ce jeudi 30 juillet 2026. Au programme, une séance de baskin, un sport adapté du basket-ball, une version inclusive qui permet à des jeunes porteurs de handicap moteur ou intellectuel avec des compétences hétérogènes, de jouer ensemble. (Photos : Élodie Escande/www.imazpress.com)

Dans le gymnase Nelson Mandela, des jeunes accompagnés par l’association Autisme et sport 974 découvrent le baskin, une nouvelle activité qui sera proposée de façon plus régulière par le club de basket-ball saint-pierrois.

Éric Raby directeur technique de la ville de Saint-Pierre explique: "Avec ce stage, ouvert aux joueurs de notre club on sensibilise nos jeunes à nos valeurs : l'entraide, le respect et l'amour de l'autre. Le Baskin c'est une activité qui n'existe pas encore à La Réunion, on aura une section qui se mettra en marche afin de former nos entraineurs à ces disciplines. On a été étonné, on a de la demande, 16 jeunes en situation de handicap déjà. Si on peut faire plus, on fera bien évidemment plus".

Les rires et les cris de joie résonnent dans le gymnase, les jeunes du club et les visiteurs du jour semblent bien s'entendre. 

- Des activités gratuites et inclusives "une chance" selon les parents - 

Enfants et adultes porteurs de trouble du spectre autistique (TSA) diagnostiqué, participent pendant les vacances scolaires à une série d’activités sportives gratuites, sous forme d’initiation. Un projet mené par l’association Autisme et sport 974 qui permet aux jeunes et à leur famille de sortir d’une forme d’isolement et de solitude qui tend à peser sur les parents et les enfants. 

Pour la famille de Loïc, 13 ans, originaire de Bois d'Olive, ces activités sont une "chance" pour leur enfant :  "Je suis tombée sur autisme et sport 974 l’an dernier" déclare Marie-Pierre Endoulma, la maman de Loïc. 

"Ce stage le fait sortir un peu de sa chambre, ça lui permet de rencontrer des gens. Il parle et discute, il est content de venir. Je trouve que c’est bien, il a fait du sport quand il était petit, mais quand il a voulu faire d’autres sports, les portes se sont fermées complètement. Dès qu’on parle d’autisme, on ne nous accepte pas".

La maman ajoute : "Avant j’avais honte de sortir car on vivait des situations difficiles, aujourd’hui j’ose, on va partout et il va partout. Il faudrait que les autres clubs de sport aient un peu plus d’ouverture d’esprit. Avec un autisme et sport, je vois que certains clubs jouent le jeu, c’est une chance. Même les joueurs de basket, quand on les voit là, ils ne sont pas dans les apprioris ni dans le jugement, c’est bien, c'est une chance."

À la fin de sa séance, Loïc se dirige vers les adolescents du club avec qui il a joué, il les remercie avant de quitter le gymnase avec ses parents. 

Parmi les jeunes joueurs à qui Loïc dit aurevoir, Clement Thiong - Ly, 16 ans : "Je trouve que c’est une excellente initiative, ça leur permet de découvrir un sport qu’ils n’ont jamais pratiqué, même nous on a un contact extérieur. Les échanges se passent très bien, ils sont gentils, souriants à l’écoute des règles et des coachs. On a un coach qui vient de métropole. C’est bien de travailler avec lui, il est très pédagogue et sait nous dire quand on fait des erreurs. C’est très bien de travailler avec lui."

Dans le rang des coachs donc, Dounia Isa, entraîneur de basket et joueur de renom. "L'intérêt d'être ici, c'est de transmettre mes valeurs, l'expérience et de revenir aux bases du jeu, à la simplicité, à la joie et au plaisir de s'entraîner. Revenir au monde amateur et associatif, ça fait du bien. Avoir des enfants porteurs de handicap aujourd'hui, ça oblige à encore plus de patience et de pédagogie dans les enseignements." 

Ce jeudi, les familles viennent de Saint-André, du Tampon ou encore de Saint-Denis, preuve pour l’association que les familles ont des difficultés à accéder à la pratique sportive pour leur enfant qui se trouve sur le spectre de l'autisme.

Au programme :  6 semaines d’activités, 29 jours d’animation, près de 50 créneaux sportifs et 33 disciplines à découvrir lors de ces vacances scolaires. 

- "Dans le sport, on est là pour lever ces barrières" - 

Autisme et Sport est un dispositif qui favorise l'inclusion des personnes autistes et déficientes intellectuelles à travers les clubs sportifs de l'île.

Gabriel Giambertone, coordinateur autisme et sport 974, explique : "L'objectif c'est de permettre à ces enfants et à ces adultes de découvrir des activités physiques et sportives un peu partout sur l'île.  Donc on a fait de l'escrime, on a fait du judo, on a fait du basket et aujourd'hui on se voit pour du basking. On est agréablement surpris parce qu'on a très souvent des bonnes réactions des clubs, ils sont très ouverts. On vient les rassurer, les accompagner, leur dire qu'on sera là avec eux et très souvent ça se passe très très bien".

Chez Autisme et sport 974, les bénévoles ont bien conscience de la difficulté à intégrer un club sportif que décrit la maman de Loïc. En passant par une initiation proposée à chaque vacances scolaires, les enfants ont un premier contact avec un club. 

Gabriel Giambertone ajoute : "Ce qui est compliqué, c'est que tout le monde ne connaît pas ce que c'est que le champ du handicap. Parfois quand on arrive et qu'on dit mon enfant est autiste, ça fait peur.  Et avant même de le rencontrer, avant même d'essayer de voir qui est cet enfant, on se dit ben non le handicap je ne sais pas faire. Souvent quand les clubs rencontrent les personnes, on se dit peut-être qu'il ne fera pas comme tout le monde mais il est en capacité de faire quand même des choses et moi je suis en capacité de l'accompagner". 

Ce qu'il faut, selon Autisme et sport 974, c'est de la formation, de la sensibilisation : "Plus on rassure les acteurs, plus on les met en confiance et plus ils sont ouverts à pouvoir rencontrer ce public là. Le message c'est de se dire ne nous mettons pas de barrières quand il n'y en a pas besoin. Dans le sport, on est là pour lever ces barrières et de se dire allons jouer ensemble, allons faire un tour, allons essayer le basket, le judo, l'escrime, le golf, l'escalade et après on verra."

Gabriel Giambertone en est persuadé : "Que ce soit les enfants, les adultes, les parents, les entraîneurs, c'est positif pour tout le monde, c'est positif pour la société.  Parce que plus on sera dans l'inclusion dans le sport, plus on fera évoluer l'inclusion dans la société et c'est ça qui est important pour nous aussi".

Pour les familles qui le souhaitent, Autisme et Sport 974 est disponible via ce numéro 0692 88.07.97 ou via leur page facebook.

ee/www.imazpress.com/[email protected]

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