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130 millions d'euros pour "rafraîchir" les écoles : des travaux prévus dans plusieurs établissements de La Réunion

  • Publié le 31 juillet 2026 à 02:59
préparation des classes primaires

À l'heure de la canicule dans l'Hexagone, le ministère de l'Économie, Roland Lescure, a annoncé débloquer en urgence 130 millions d'euros pour financer des systèmes de rafraîchissement et des travaux dans 10.000 établissements scolaires d'ici fin septembre. La Réunion - dont les élèves et professeurs souffrent aussi de chaleur en été, contrairement à ce que l'on pourrait croire - est également éligible (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

La Caisse des dépôts - qui participe à hauteur de 50 millions d'euros - a confirmé l'information à Imaz Press. "Plusieurs écoles d'Outre-mer sont concernées par l'accompagnement des 10.000 établissements jusqu'à fin septembre", nous dit-on.

Mais impossible de savoir combien d'établissements et combien de crédits seront alloués pour le département. La Caisse des dépôts informe "ne pas avoir le détail par région" et "être en attente de la liste du ministère".

Contacté à plusieurs reprises, le ministère de l'Éducation nous a indiqué qu'"il y a tout un travail de consolidation qui doit être préalablement fait à partir des remontées académiques".

Du côté du Rectorat de La Réunion, pas de précisions avant la rentrée d'août.

- 130 millions pour "rafraîchir" les écoles de l'Hexagone et de La Réunion -

Concernant les travaux, "ils sont liés au confort d’été", précise la Caisse des dépôts. "Ils seront déterminés par l’audit flash confort d’été que nous", nous précise-t-on.

Pour financer ce défi de taille, l'État mobilise donc les moyens financiers des grands établissements publics : EDF à hauteur de 80 millions d'euros et la sphère de la Caisse des dépôts (CDC) pour 50 millions d'euros.

La moitié de l'enveloppe servira à financer plus de 100.000 équipements (ventilateurs, brumisateurs, climatiseurs mobiles et climatiseurs fixe).

Le reste servira pour des primes forfaitaires de 10.000 euros par établissement pour les "aider au financement de projets de rafraîchissement", et ce jusqu'à fin juin 2027.

Ce montant prend aussi en compte 60 millions mobilisables dans le Fonds vert, qui existe déjà, précisent l'institution et Bercy aux "Echos".

- Les travaux dans les établissements scolaires, responsabilité des collectivités -

Toutefois, il ne faut pas perdre de vue qu'à La Réunion, ce sont les collectivités territoriales qui sont propriétaires des bâtiments des écoles, des collèges et des lycées.

La Région, par le biais de Céline Sitouze, déléguée à l'éducation et aux lycées, a précisé "nous avons climatisé les salles de classes et installé des brasseurs d'air dans plusieurs établissements". La collectivité qui, sur 4 ans, compte élargir l'installation de ces dispositifs à plusieurs lycées, tout en développant les installations photovoltaïques et en verdissant les cours.

En charge des collèges, le Département précise que "une feuille de route baptisée "Plan Chaleur" est déployée dans les 78 collèges publics de l’île autour de l’amélioration du confort thermique".

Dans les salles de classe, la collectivité poursuit le déploiement de brasseurs d’air et mène un programme pluriannuel d’isolation thermique des toitures. "Ces opérations permettent de réduire de 2 à 4 °C la température ressentie dans les espaces les plus exposés", précise-t-elle. 

Enfin, des projets pilotes de débitumisation des cours seront lancés cette année aux collèges Jean Le Toullec (Le Port), Pointe des Châteaux (Saint-Leu) et Les Tamarins (Saint-Pierre). Des expérimentations de brumisateurs sont également prévues.

Par ailleurs, un appel à projets concernant les ombrières solaires a été lancé par le Département. Une première série de réalisations est prévue entre 2026 et 2027, avant le lancement d'un nouvel appel à projets en 2026 afin d'étendre progressivement le dispositif.

Dans les écoles du Port, "nous engageons une stratégie de résilience climatique avec l'installation progressive de brasseurs d’air dans les salles de classe". Objectif : 100 % des écoles équipées d’ici fin 2028.

La municipalité prévoit également l'intégration de l’isolation thermique des toitures lors des opérations d’étanchéité, afin de limiter les surchauffes et d’optimiser la durée de vie des bâtiments.

Dans le chef-lieu, à Saint-Denis, "lors de la dernière rentrée, 1,5 million d’euros de travaux ont été réalisés dans les écoles, dont 674.000 euros spécifiquement consacrés au confort thermique". "Les ventilateurs ont été réparés, remplacés ou entretenus, les nacos remis en état et des équipements complémentaires installés dans plusieurs établissements", précise la municipalité.

Aujourd’hui, "toutes les écoles du territoire sont équipées de brasseurs d’air, 45 voiles d’ombrage et 14 pergolas ont été déployées afin d’améliorer le confort des élèves".

- À La Réunion, des écoles inadaptées au climat d’aujourd’hui -

La question de la température dans les établissements scolaires est un sujet de préoccupation pour des nombreux élèves et professionnels.

Luc Briand, professeur d'anglais au lycée Leconte de Lisle à Saint-Denis nous disait : "Il fait 32 degrés dans les salles. C'est épuisant, les élèves sont amorphes, apathiques, on est rincé", confie-t-il. "On nous dit c'est normal à La Réunion mais en même temps, ce sont ceux qui passent la journée dans la climatisation qui disent cela", dit-il.

Un bâti scolaire parfois ancien, conçu à une époque où les enjeux de confort thermique n’étaient pas pris en compte comme ils le doivent l'être aujourd’hui. Beaucoup d'établissements restent insuffisamment adaptés au climat réunionnais.

Alors que les vacances scolaires sont en cours, espérons que pour eux, à la rentrée, ou en tout cas à l'approche de la saison estival et des fortes chaleurs, l'air dans les classes devienne plus respirable.

D’ici à 2030, 9,4 des 11,8 millions d’élèves français pourraient être exposés de 2 à 8 jours de fortes chaleurs par an, soit 2 à 5 fois plus que pendant la période 1976-2005 selon des EduRénov.

Lire aussi - Saint-Denis : au collège Juliette Dodu, les élèves mobilisés contre la chaleur dans les salles de classe

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